Dernière modification : 13/08/2008 

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Le dalaï lama en catimini
L'invitation lancée en catimini par la France au dalaï lama est-elle judicieuse ? Le dalaï lama doit-il être d'abord considéré comme un chef politique ou en qualité de guide religieux ?
Commentaires (1)

Tibet, Chine de quoi parle-t-on. De qui parle-t-on ?

L’époque est à la péroraison, aux prises de positions immédiates, tranchées, définitives… Tout le monde se doit d’avoir une opinion, une idée sur la question. Tout le monde doit pouvoir l’exprimer haut et fort même si ces prises de positions ne sont que la répétition d’autres, entendues de-ci, de-là… Mais qui, dans cette masse de gens, connus ou inconnus, à qui les médias ouvrent complaisamment leurs micros, connaît la Républiue Populaire de Chine, connaît l’histoire millénaire de cette région ? Qui connaît les trois provinces ou les cinq régions autonomes ?

Lorsque la République populaire de Chine utilise le terme Tibet, elle fait référence à la région autonome du Tibet dont la capitale est Lhassa, l'une des cinq régions autonomes de la RPC ; elle y inclut également la plus grande partie de l'État indien de l'Arunachal Pradesh dont elle revendique la possession. Pour le gouvernement tibétain en exil, le Tibet est composé de trois régions : le dBus-gTsang qui correspond à la Région autonome du Tibet actuelle, l’A-mdo et le Khams qui correspond à la partie est de la région autonome et de deux provinces chinoises : le Yunnan et le Sichuan.

Considérer ces régions comme des régions tibétaines est correct du point de vue culturel, mais non du point de vue géopolitique, car l'ensemble de ces trois régions n'a jamais été entièrement administré par le gouvernement tibétain. Par ailleurs, des populations non tibétaines sont anciennement installées dans certaines zones ; c'est notamment le cas des Hans autour de Xining et dans l'est du Kham, ou des Mongols autour du lac Kokonor et dans le bassin du Qaidam.

L'économie du Tibet est peu développée. Les principales activités sont l'élevage du mouton, de la chèvre et du yack, la culture des céréales et l'exploitation du bois. Le tourisme est aujourd'hui possible et représente une part importante de l'économie de cette région. Il est a noté également que des études récentes montrent clairement l’élévation du niveau de vie (finance, santé, éducation…) depuis quelques années grâce à la construction d’infrastructures (routes, voie ferrées…).

En 1950, l'Armée populaire de libération entre au Tibet et rencontre peu de résistance de la part d'une armée tibétaine faible et mal équipée. À partir de 1959, le gouvernement de la République met en place au Tibet une série de réformes, notamment l'abolition du servage.

La République populaire de Chine considère le Tibet comme un territoire relevant de sa souveraineté et avance pour cela des arguments historiques (une ancienne présence chinoise, le protectorat de 1720-1910), politiques et économiques (l'abolition du régime de théocratie féodale et la modernisation du pays) et stratégiques (la protection de la Chine). Cette vision est intégrée dans la politique d'une seule Chine et est celle admise par la plupart des pays de la communauté internationale. Il est à noter qu'il y a aujourd'hui au Tibet plus de hans que de tibétains, ce qui rend l'autonomie d'autant moins possible. De plus, l'autonomie ferait perdre 25% de son territoire à la Chine et pourrait donner des idées comparables de sécession à d'autres entités chinoises.

En effet, avant de vouloir donner des leçons à des pays lointains dont l’histoire et la culture nous sont inconnues, essayons d’imaginer nos réactions face aux demandes d’autonomie ou d’indépendance répétées d’une région comme la Corse. Après des pressions internationales formidables et des menaces de boycott sur nos produits d’exportation, notre gouvernement accepte. Dès le lendemain, le Béarn et le pays Basque définissent de nouvelles frontières, élisent un gouvernement provisoire et exigent une reconnaissance immédiate. Après des menaces de boycott et d’énormes pressions internationales notre gouvernement cède de nouveau… Les Ch’ti, les Bretons, les Picards, les Aveyronnais, les Alsaciens, les Lorrains se jettent à leur tour dans la bataille de l’autonomie…

Pourquoi exigeons-nous des autres ce que nous-même refuserions chez nous ?

France, terre des droits de l’homme… Terre des plus grands donneurs de leçon ! Ne sommes-nous pas régulièrement épinglés par les rapports d’Amnesty International pour les traitements dégradants de nos prisonniers, n’avons-nous pas laissé mourir (crever) 15 000 de nos anciens sans lever le petit doigt ?

Avant de crier au loup chez les autres, drapés dans notre fierté cocardière, peut-être devrions-nous d’abord et en toute humilité balayer devant notre porte ?

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