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Le président Sleimane est arrivé à Damas

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 01/11/2008

Le président libanais Michel Sleimane est arrivé à Damas, où il s'entretient avec le président syrien Bachar Al-Assad. C'est la première visite d'un président libanais en Syrie depuis 2005.

Cette visite intervient suite à l’annonce à Paris, en marge du sommet de l’Union pour la Méditerranée, de l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays. Cette fois-ci, le président et son épouse seront accueillis avec les honneurs à l’aéroport et un dîner d’apparat est prévu dans la soirée.

L’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays et l’ouverture d’ambassades à Beyrouth et Damas seront au cœur des discussions, ainsi que la question du Conseil supérieur syro-libanais qui régit les relations entre les deux pays. Ce Conseil, dont le président Nasri Khouri accompagne Michel Sleimane à Damas, avait été créé en 1991 suite au traité "de fraternité et de coopération", dans lequel la Syrie avait un rôle prépondérant.
 
La majorité anti-syrienne a appelé à l’abolition de ce traité et estime nécessaire la suppression du Conseil. Faten Hazimee, envoyée spéciale de FRANCE 24 à Damas explique que "la Syrie a toujours utilisé le Conseil comme prétexte pour ne pas normaliser les relations entre les deux pays, alors qu’il n’a pas de réel pouvoir".

 

Des sujets épîneux à étudier


D’autres dossiers épineux sont à l’ordre du jour de cette visite dont le but est de tenter d’apaiser les relations entre les deux pays, qui se sont d’autant plus tendues depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre en 2005, Rafic Hariri. Les deux présidents évoqueront également la délimitation de leurs frontières, la question des détenus libanais en Syrie, sujet très attendus par la rue libanaise, et celle des mouvements palestiniens pro-syriens armés présents au Liban.

La majorité a en outre appelé à la révision d’accords syro-libanais établis alors que le pays était dominé par la Syrie et où cette dernière joue un rôle prépondérant. Faten Hazimee, rappelle que "la plupart des accords avec la Syrie ont été en sa faveur".

Enfin, la question des fermes de Chabaa comporte un enjeu de taille. Occupées depuis 1967 par Israël, elles se situent à la frontière entre les deux pays. Faten Hazimee explique que "le Liban va demander à la Syrie d’apporter la preuve que ce territoire est bien libanais". Au cas où la Syrie n’apporterait pas cette preuve, cela signifierait que le Liban n’est plus occupé par Israël. Le Hezbollah, mouvement de résistance armée, n’aurait alors plus de raison d’être.

Pour Faten Hazimee, "on peut considérer cette visite comme un examen pour la Syrie. On verra si Bachar al-Assad tient les engagements qu’il a pris à Paris devant le président Sarkozy et l’émir du Qatar.   

A Doha au Qatar, majorité anti-syrienne et opposition pro-syrienne sont parvenues à un accord résolvant l’impasse politique dans laquelle se trouver le pays, en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Première publication : 13/08/2008

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