13 août 2008 - 19H51
- Diplomatie - Liban - Syrie

Damas et Beyrouth nouent des liens diplomatiques
A l'occasion de la visite de Michel Sleimane à Damas, le président libanais et son homologue syrien Bachar Al-Assad ont convenu d'établir des relations diplomatiques entre les deux pays, inexistantes depuis plus de 60 ans.

La Syrie et le Liban ont annoncé leur intention de rétablir leurs relations diplomatiques, inexistantes depuis plus de soixante ans.

 

A l'occasion de sa visite à Damas, le président libanais Michel Sleimane a convenu avec son homologue syrien Bachar Al-Assad "de nouer des relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs, conformément au Traité des Nations unies et de la loi internationale", a affirmé Boussaïna Chaabane, conseillère politique du président Assad, qui lisait un texte à l'issue de la rencontre entre les deux dirigeants à Damas.

 

Les présidents Assad et Sleimane "ont chargé leurs ministres des Affaires étrangères de prendre les mesures nécessaires à cet égard conformément aux lois des deux pays", a-t-elle ajouté.

 

La visite de Michel Sleimane à Damas intervient suite à l’annonce à Paris, en marge du sommet de l’Union pour la Méditerranée, de l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays, inexistantes depuis la proclamation de leur indépendance, il y a plus de 60 ans, à la fin du mandat français.

 

Outre l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays, les dirigeants aborderont la question du Conseil supérieur syro-libanais qui régit les relations entre les deux pays. Ce Conseil, dont le président Nasri Khouri accompagne Michel Sleimane à Damas, avait été créé en 1991 suite au traité "de fraternité et de coopération", dans lequel la Syrie occupe un rôle prépondérant.

 

La majorité au pouvoir au Liban a appelé, dimanche, à l’abolition de ce traité et estime nécessaire la suppression du Conseil. Faten Hazimee, envoyée spéciale de FRANCE 24 à Damas, explique que "la Syrie a toujours utilisé le Conseil comme prétexte pour ne pas normaliser les relations entre les deux pays, alors qu’il n’a pas de réel pouvoir".

 

Des sujets épineux à étudier

  

D’autres dossiers épineux sont à l’ordre du jour de cette visite dont le but est de tenter d’apaiser les relations entre les deux pays, qui s'étaient tendues un peu plus encore depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre en 2005, Rafic Hariri.

 

Les deux présidents évoqueront notamment la délimitation de leurs frontières, la question des détenus libanais en Syrie, deux sujet très attendus par la rue libanaise, et celle des mouvements palestiniens pro-syriens armés présents au Liban.

 

La majorité a en outre appelé à la révision d’accords syro-libanais établis alors que le pays était sous domination syrienne. Faten Hazimee rappelle que "la plupart des accords avec la Syrie ont été en sa faveur".

 

Enfin, la question des fermes de Chebaa est un enjeu de taille. Occupées depuis 1967 par Israël, elles se situent à la frontière entre les deux pays. "Le Liban va demander à la Syrie d’apporter la preuve que ce territoire est bien un territoire libanais", explique Faten Hazimee. Si la Syrie n’apportait pas cette preuve, le Liban ne serait plus fondé à considérer qu'il est en partie occupé par Israël. Et le Hezbollah n’aurait, de facto, plus de raison d’être.

 

Pour Faten Hazimee, "on peut considérer cette visite comme un examen pour la Syrie. On verra si Bachar Al-Assad tient les engagements qu’il a pris à Paris devant le président Sarkozy et l’émir du Qatar”.

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