Mardi 02 décembre 2008

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La coalition au pouvoir discute de l'après Musharraf

Mardi 19 août 2008

Au lendemain de la démission de Pervez Musharraf, les leaders de la coalition au pouvoir doivent s'entretenir sur son remplacement et le sort des juges qu'il avait évincés au début de l'année.

Dossier   Les déchirements politiques au Pakistan

Mardi 19 août 2008

Le président du Pakistan, Pervez Musharraf, a annoncé sa démission lors d’un discours télévisé, à la veille d'une procédure de destitution annoncée par son gouvernement.
 
A l'issue d'une longue allocution dans laquelle il a pu justifier sa politique, Pervez Musharraf a annoncé qu'il remettrait sa démission au président de l’Assemblée nationale.  "Après avoir considéré la situation et consulté divers conseillers en droit et alliés politiques, sur leurs conseils, j'ai décidé de démissionner", a-t-il déclaré. (Lisez le témoignage de l'un de nos Observateurs : il explique les raisons qui ont poussé Pervez Musharraf à quitter le pouvoir).  
 
Une annonce quelque peu surprenante selon Mathieu Mabin, correspondant à Islamabad, qui parle de "coup de théâtre". "Son discours fleuve ne laissait pas entendre qu’il annoncerait sa démission aujourd’hui", explique le journaliste. 
  
Devenu très impopulaire dans son pays, le président pakistanais semblait pourtant dos au mur. Il avait perdu le soutien de ses alliés traditionnels, les Etats-Unis et l’armée. "L’armée opère un désengagement de la vie politique civile, même si, en coulisses, elle va continuer à tirer les ficelles du gouvernement", explique sur FRANCE 24 Mariam Abou Zahab, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales.
 
Le soutien des Etats-Unis, quand à lui, reposait beaucoup sur le lien personnel tissé entre Musharraf et le président George Bush. "Aujourd’hui, dans cette période de ‘fin de règne’, les Américains sont conscients qu’ils ne peuvent pas continuer à soutenir une figure aussi impopulaire", analyse Mariam Abou Zahab.
 
"J’ai toujours pensé d’abord au Pakistan"
 
Dans son allocation télévisée de près d’une heure, Pervez Musharraf a dénoncé ceux qui, selon lui, ont déformé la vérité et lancé de "fausses" accusations contre lui pour justifier une procédure de destitution. Il a assuré ne pas rechercher de garantie de son immunité en échange de sa démission.
 
"Certains ont mis leurs intérêts au-dessus de ceux de la nation, ils ont menti et fait passer des mensonges pour de la vérité, ils ont essayé de déformer les choses, de les monter contre ce pays et contre moi afin de remporter la victoire contre moi, mais ils n'ont jamais parlé des conséquences désastreuses pour notre pays ", a-t-il  déclaré.
 
Pervez Musharraf assure que, grâce à lui, le pays est devenu une puissance mondiale importante.

Le général Musharraf avait pris le pouvoir en 1999, suite à un coup d’Etat contre l’ancien Premier Ministre Nawaz Sharif. Après les attentats du 11 septembre 2001, il  fit de son pays un allié clé des Etats-Unis dans la "guerre contre le terrorisme".
 
Une année mouvementée pour le président démissionnaire
 
La démission du président pakistanais intervient alors que la coalition au pouvoir depuis février 2008, conduite par le parti de feue Benazir Bhutto, s’apprêtait à lancer une procédure de destitution contre Musharraf, l’accusant d’avoir violé de la Constitution.  
 
Elle reprochait notamment au président pakistanais d'avoir évincé des magistrats, dont un juge de la Cour suprême.
La plus haute instance judiciaire du pays s’apprêtait à statuer sur sa réélection contestée d’octobre 2007. Confronté à une virulente opposition populaire, Musharraf a instauré l'état d'urgence en mars 2008.

Le discours du président démissionnaire a été accueilli par des scènes de liesse publique dans plusieurs grandes villes pakistanaises. Nombreux sont ceux qui voient le départ de Musharraf comme une revanche contre l’assassinat de Bhutto.
 
Un nouveau président dans 30 jours

Selon la Constitution, le président du Sénat, Mohammadmian Soomro, devrait assurer l'intérim de la présidence. Un nouveau président devrait être élu d’ici 30 jours, pour un mandat de cinq ans.

Mais la tâche risque d’être ardue pour le prochain gouvernement.
 
"On entre dans une période d’instabilité encore plus forte au Pakistan", estime Mariam Abou Zahab. "Les partis d’opposition étaient unis autour du départ de Musharraf", mais n’ont pas d’autre plateforme commune.
 
Elle ajoute que "la population va faire pression sur le nouveau gouvernement pour qu’il se penche sur les vrais problèmes du pays" : l'extrémisme grandissant, la pénurie alimentaire et énergétique, et l’instabilité économique.


 

  • 20/08/2008 20:15:44 Signaler un abus

    Actualité ivoiriène

    Pour quoi le résancement n'a pas encore débuté or les élections sont pour le 30 novembre 2008?

  • 18/08/2008 21:45:04 Signaler un abus

    Musharraf annonce sa démission.

    Qui brille par l'épée meurt par l'épée ! Cet adage est connu de tous. Donc pas de surprise. J'espère que le Président pourra tirer des leçons de la démission de M. Musharraf car il démontre toute la mascarade des relations entre les Etats-Unis et les dirigeants de ce pays. Vous constaterez que les Etats-Unis vont envoyer RICE au Pakistan après la formation d'un gouvernement pour je cite "Vous avez le soutien des Etats-Unis d'Amérique qui feront tout ce qui est dans leur pouvoir ramener la stabilité et la paix dans le pays". Bref le discours pré-enregistré d'une diplomatie qui marche jusqu'à présent.

  • 18/08/2008 20:13:55 Signaler un abus

    démission de mucharraf

    La vérité doit etre accéptée par tous,il était temps pour qu'il démissionnent non pas parcequ'il a été délaissée par les USA mais par son peuple.Son discours n'était que du bluff et là je rejoins mariam abou zahab quant aux témoignages annoncées par l'ex- président.maintenant c'est au peuple seul que revient la nomination d'un nouveau président qui doit faire face aux USA et s'ouvrir sur d'autres cieux L'EUROPE.

  • 18/08/2008 19:06:21 Signaler un abus

    Quelle fin!

    Voila une fin plus que logique mais honteuse que récolte Pervez Musharraf, lui qui se tenait la tête haute, qui se croyait grand parmi les grands : une fin sans merçi.
    Oui, quand on signe un pacte avec le diable, il faudrait toujours les conséquences. Le diable est malin, quand il ne voit plus ses intérêts, il tire sa queue. Ceci est une bonne pour les autres qui continuent à partager le même plat avec ce diable.
    Bravo au peuple pakistanais car il a démontré à la face du monde que rien ne peut résister à un peuple déterminé.

  • 18/08/2008 15:15:12 Signaler un abus

    musharraf

    dans quelques semaines , au plus 2 ou 3 mois tous le monde le regrettera car lui au moin etait honnetes a la limite sincere . l' opposition quand a elle est un ramassis d'escrocs et de voleurs "diplomes" .

  • 18/08/2008 13:35:52 Signaler un abus

    merci mucharraf

    je crois que il a fait ce qui est bon pour lui mais tardivement, qu'à même il devient une reference pour les dictateurs, les chefs d'états africains devrait faire autant surtout les plus contestés et assassins. En tout cas felicitation mucharraf et comme tu l'as dit ton avenir est dans la mains du peuple.

  • 18/08/2008 10:59:33 Signaler un abus

    Démission de Musharraf

    C'est tout à son honneur, les Etats unis perdent un allié de poids.
    il n'avait plus beaucoup de marge de manoeuvre, puisse celà servir de leçon à nos parlement d'Afrique (Mauritanie) et autres dicratures militaire ou civil. Que vive la démocratie, et que dorénavant, ce pays s'engage irréversiblement vers la démocratie véritable. Bravo Monsieur Musharraf.

    Vidéo

    • MUSHARRAF, PUR PRODUIT DE L'ARMÉE

      Récit : Lise Barcellini (19/08)

    • SUR LE TERRAIN

      "Le président Musharraf a expliqué qu'il s'était toujours comporté en soldat." M. Mabin, correspondant FRANCE 24 à Islamabad (18/08 20H GMT+2)

    • ANALYSE

      "Il y a certainement eu un accord sur la façon dont Pervez Musharraf pourait démissionner", Bernard Cadier, spécialiste politique internationale FRANCE 24 - 18/08 11:00 (GMT+2)

    • "CERTAINS ONT PLACÉ LEURS INTÉRÊTS AU DESSUS DE CEUX DE LA NATION"

      Pervez Musharraf, président pakistanais - 18/08 10:00 (GMT+2)

    • "CELUI QUI EST CONTRE MOI EST AUSSI CONTRE LA NATION"

      Pervez Musharraf, président pakistanais - 18/08 10:00 (GMT+2)

    • "JE PRÉSENTE AUJOURD'HUI MA DÉMISSION"

      Pervez Musharraf, président pakistanais - 18/08 10:00 (GMT+2)


 

 

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