Lisez le commentaire de Céline Burneau sur son blog : "Freddie Mac et Fannie Mae plongent".
Le secteur financier américain fait l'objet d'un sérieux et énième regain de pessimisme, plusieurs analystes voyant dans les dernières nouvelles et rumeurs le signe que la crise, qui dure depuis plus d'un an déjà, est loin d'être en fin de cycle.
Si les actuels enquêtes et accords amiables entre autorités américaines et plusieurs banques sur les obligations dites "ARS" sont le dernier avatar de la crise déclenchée par l'effondrement des crédits immobiliers à risque "subprime", la communauté financière est retournée lundi à des inquiétudes plus classiques.
A combien de faillites de banques régionales faut-il s'attendre? Combien de milliards de dollars de dépréciations et de pertes sont-ils encore nécessaires? Quelle sera la prochaine banque à dévoiler une augmentation de capital?
Ces sombres perspectives sont alimentées par des informations de presse et de marché sur les poids-lourds du refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae, ainsi que sur la banque d'affaires Lehman Brothers.
Freddie Mac et Fannie Mae, qui détiennent ou garantissent plus de 40% des prêts au logement aux Etats-Unis, pourraient être recapitalisés par le Trésor américain pour leur éviter une possible faillite due aux défauts de paiement des ménages et au déclin des prix de l'immobilier.
Interrogée par l'AFP, Jennifer Zuccarelli, porte-parole du Trésor, a refusé de commenter "les spéculations". Le Trésor est à l'origine, avec la Réserve fédérale, d'un plan de soutien financier aux deux groupes, dévoilé mi-juillet.
Mais la nouvelle a glacé le marché, faisant toucher un plus bas depuis 18 ans aux actions Freddie Mac (-24,44%) et Fannie Mae (-21,74%) à la clôture de la Bourse de New York.
"Si le Trésor investit dans Fannie Mae et Freddie Mac, la dilution (perte de valeur par action, ndlr) serait importante pour les actionnaires. La valeur des actions tomberait à des niveaux extrêmement bas et serait même nulle", avertit Gregori Volokhine, analyste chez Meeschaert Capital Markets.
Quant à Lehman Brothers, la banque s'apprêterait à avancer la date de publication de ses résultats trimestriels, et chercherait en outre à vendre son portefeuille d'actifs et de titres dans l'immobilier commercial, d'une valeur de 40 milliards de dollars.
"Pourquoi une telle urgence? Qu'est-ce qu'ils vont devoir vendre?", s'interroge M. Volokhine.
Le marché table désormais sur de nouvelles pertes pour Lehman au troisième trimestre, pouvant aller jusqu'à 1,8 milliard de dollars, après la perte de 2,9 milliards au deuxième trimestre.
Les banques Goldman Sachs et JPMorgan, jusqu'ici épargnées par la débâcle des "subprime", font désormais l'objet de spéculations sur des dépréciations importantes à venir, rapporte Marc Pado de Cantor Fitzgerald.
Depuis le début de la crise, le secteur financier américain a essuyé des pertes évaluées à plus de 300 milliards de dollars. Et le secteur n'en est qu'"aux deux tiers" de la crise, estiment les analystes de JPMorgan dans une note.
Selon d'autres estimations de marché, les banques vont devoir sortir encore entre 50 et 100 milliards de dollars pour finir de nettoyer leurs bilans des mauvais investissements.
La crise financière ne sera pas terminée avant fin 2009, voire 2010, a déclaré Walid Chammah, co-président de Morgan Stanley, dans un entretien lundi au quotidien allemand Handelsblatt.
D'ici là, il faut encore s'attendre, selon lui, "à un lot de dépréciations parmi les petits établissements financiers américains qui ont concentré leur activité sur l'hypothécaire", marché qui s'est effondré avec la chute de l'immobilier.
Le retour sur investissement des banques d'affaires devrait être désormais autour de 15-20%, contre 25% avant la crise, selon M. Chammah.
Des perspectives partagées par les analystes. "Nous sommes encore loin de la fin. Beaucoup d'incertitudes demeurent", relève M. Pado, ajoutant que "de nouveaux mauvais crédits sont encore dans les bilans des banques et il leur faut lever encore de l'argent frais".














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