Mardi, août 19, 2008 - 21:30
Liste des brèves AFPLiban: des courants sunnites gèlent un document d'entente avec le Hezbollah
Des courants salafistes sunnites ont gelé mardi un "document d'entente" signé la veille avec le mouvement chiite Hezbollah pour "éviter une division au sein du courant sunnite", a annoncé le dirigeant salafiste Hassan Chahal.
"Nous avons décidé de geler le document d'entente et de nous accorder davantage de temps et de consultations pour l'examiner", a déclaré cheikh Hassan Chahal, président de l'Association de la foi, de la justice et de la bienfaisance, lors d'une conférence de presse à Tripoli (nord).
Le chef du bureau politique du Hezbollah, Ibrahim Amine el-Sayyed, et Hassan Chahal avaient signé lundi à Beyrouth un "document d'entente" qui engage les parties à prévenir toutes dissensions entre les deux communautés, après des affrontements meurtriers en mai.
Le Hezbollah mène l'opposition tandis que les courants salafistes sunnites sont proches du Courant du futur, un pilier de la majorité.
Ce document visait "à combattre les dissensions et transposer les différends (de la rue) au dialogue entre dignitaires religieux", selon le texte.
Cependant, le principal représentant du mouvement salafiste, Daii Islam al-Chahal, considéré comme le fondateur de ce courant au Liban, a critiqué cette initiative, accusant le Hezbollah d'"exploiter un petit groupe sur la scène salafiste sunnite en vue de déstabiliser" toute la communauté.
"Le but du document était de réaliser la réconciliation nationale, mais nous avons pensé qu'elle allait diviser la rue sunnite et salafiste. Il nous fallait donc le reporter" et consulter la principale autorité de la communauté sunnite, a indiqué cheikh Chahal.
Mardi, Daii Islam al-Chahal a affirmé ne pas être opposé, "par principe" au document mais a jugé "préférable de prendre le temps d'en étudier les nombreux points".
En mai, des affrontements avaient opposé à Beyrouth le Hezbollah, chef de file de l'opposition proche de Damas et Téhéran, et le courant du Futur, présidé par le chef de la majorité parlementaire antisyrienne soutenue par l'Occident, le sunnite Saad Hariri.

