- Condoleezza Rice - Géorgie - Otan - Russie
Les membres de l’Otan ont durci le ton vis-à-vis de la Russie, dénonçant le fait que la Russie n’ait toujours pas retirer ses troupes de Géorgie. Ils ont sommé Moscou de remplir pleinement les engagements pris lors du cessez-le-feu, signé le 16 août.
Dans une déclaration conjointe à l’issue d’un sommet à Bruxelles, les 26 membres de l’Alliance ont averti Moscou que ses relations futures avec l’Otan dépendaient désormais "d’actions concrètes" de sa part.
"Les ministres des Affaires étrangères de l’Otan ont adopté un ton très ferme. La Russie doit respecter l’accord de cessez-le-feu", a assuré la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice.
A cette affirmation, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réagi, estimant que la déclaration adoptée par les pays membres de l'Otan n'était "pas objective". Il a en outre déclaré que le retrait des troupes russes dépendait du retour des troupes géorgiennes à leurs bases et devrait prendre "trois ou quatre jours".
Jaap de Hoop Scheffer, secrétaire général de l’Otan, a en outre annoncé la création d’une commission Otan-Géorgie qui aura pour rôle de superviser les relations futures entre l’Alliance et Tbilissi.
Les membres de l’Otan ont affiché un message d’unité devant la Russie. Pourtant, les divergences n'épargnent pas les rangs de l'Otan, entre les partisans d'une ligne très ferme envers Moscou (Etats-Unis, Royaume-Uni, Pologne, Baltes) et la "vieille Europe", qui ne désire pas créer de "front antirusse".
Aucun mouvement du côté des forces russes
Malgré ses engagements, la Russie n’a pas retiré ses troupes de la république indépendantiste d’Ossétie du Sud. C’est à la demande des Etats-Unis que les 26 ministres des Affaires étrangères de l’Otan se sont réunis, ce mardi, à Bruxelles.
Le représentant russe à l’Otan a affirmé mardi matin que les troupes russes entamaient leur retrait. Mais selon notre envoyé spécial à Tbilissi, Robert Parsons, "aucun mouvement de troupe n’est visible". Il ajoute : "Il n’y a absolument aucune preuve" du départ des soldats russes des provinces séparatistes d’Ossétie du Sud, d’Abkhazie ou du cœur du territoire géorgien.
Washington voulait obtenir de ses alliés une réduction des liens de l’organisation avec la Russie. Pour un spécialiste des relations internationales, cette exigence marque une rupture dans les relations Russie-Etats-Unis. "Ce serait aller à contre-courant de tout le travail qui a été fait depuis 20 ans, depuis la fin de la Guerre froide", analyse Jolyon Howorth, professeur de sciences politiques à l’Université américaine de Yale, sur le plateau FRANCE 24.
La question de l’adhésion de la Géorgie à l’Otan
Selon Jaap de Hoop Scheffer, l’élargissement de l’Otan à la Géorgie, cause des tensions avec la Russie, n’a pas été abordé au cours de la réunion. Il a cependant déclaré : "La Géorgie peut devenir membre de l’Otan et en fera partie un jour".
La Géorgie attendait, à l’issue de cette réunion, une réponse ferme concernant son adhésion à l’Alliance atlantique. "Pour la Géorgie, le seul moyen de protéger le pays, c’est qu’il soit sous le parapluie sécuritaire de l’Otan", affirme Régis Genté, correspondant RFI pour FRANCE 24 à Tbilissi.
En avril, les pays de l’Organisation atlantique avaient affirmé leur volonté d’intégrer l’ancienne république soviétique. Cette déclaration avait provoqué la colère de la Russie, qui voit d’un très mauvais œil l’intrusion de l’Otan dans ce qu’elle considère comme sa sphère d’influence.
La rencontre des ministres des Affaires étrangères de l’Otan a eu lieu alors la Russie et la Géorgie ont donné leur accord pour l’envoi de 20 observateurs militaires en Géorgie lors d’une réunion de l’OSCE (organisation de sécurité et de coopération en Europe) qui se tenait parallèlement à Vienne.






























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