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Alors que le président français Nicolas Sarkozy s’est rendu mecredi à Kaboul pour rendre hommage aux dix soldats français tués dans des combats contre les Taliban, onze des soldats rescapés de l’embuscade, mais grièvement blessés, ont été rapatriés en France.
"Ces soldats reviennent de l’enfer", explique le journaliste de FRANCE 24 Frank Berruyer depuis à l'aéroport d'Orly. "Au moment de l’embuscade, ils se sont retrouvés dans une véritable boule de feu".
Leur vie n’est pas en danger mais, gravement touchés par balles ou par des éclats de roquettes, "ils sont psychologiquement heurtés", raconte notre journaliste.
Après sept heures vol dans un appareil médicalisé, ils ont été transférés vers deux hôpitaux militaires.
Sur le tarmac, des autorités civiles et militaires les attendaient parmi lesquels Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat chargé de la Défense. Interrogé par FRANCE 24, il a fait part de son admiration pour ces soldats, qui faisaient magré tout "preuve d’un moral intact".
Les corps des soldats décédés seront, eux, rapatriés ce soir.
Remonter le moral des troupes
Le retour des soldats bléssés a eu lieu alors que Nicolas Sarkozy était à Kaboul pour rendre hommage aux dix soldats français tués par les Taliban.
Ce voyage en urgence du chef d'Etat avait également pour but de répéter aux 2 600 soldats français en Afghanistan l’importance de leur engagement.
"C’est la première fois qu’un président se rend en Afghanistan après un tel événement", note Jean-Bernard Cadier, spécialiste politique internationale à FRANCE 24, alors que les Etats-Unis et le Canada accusent de bien plus lourdes de pertes.
Le président français voulait aussi s’assurer auprès de son homologue afghan, Hamid Karzaï, que le pays est toujours sous contrôle.
Accompagné du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et du ministre de la Défense Hervé Morin, le chef de l'Etat est arrivé tôt dans la matinée à Kaboul. Il s’est aussitôt rendu au camp Warehouse, le quartier général du commandement régional de Kaboul de la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'Otan, pour se recueillir devant les cercueils des dix soldats.
Peu après, les militaires du 8e régiment parachutiste d'infanterie de marine lui ont raconté en details l’attaque de lundi, la plus meurtrière pour l'armée française depuis 25 ans.
Le président s’est ensuite entretenu avec le président afghan.
A l’ensemble de ses interlocuteurs, le chef d’Etat français a réaffirmé sa détermination à poursuivre la lutte contre le "terrorisme" aux côtés des Américains dans le pays, malgré les critiques qui enflent en France. "Je vous le dis en conscience, si c’était à refaire, je le referais" a-t-il déclaré.
"On n'a pas mis assez de moyens"
Cette guerre en Afghanistan oppose 70 000 soldats étrangers, dont près de 2 600 français, aux Taliban depuis plus de 7 ans. La coalition internationale accuse près de mille pertes depuis 2001 et les insurgés gagnent du terrain.
Selon Jean-Louis Georgelin, chef d'Etat major des armées, "les Taliban ont perfectionné leur capacité à s’organiser et à manœuvrer".
"Nous avons sorti un rapport il y a deux mois qui explique que les Taliban sont aux portes de Kaboul", explique Emmanuel Reinert, expert et directeur exécutif du "Senlis Council", un think-tank basé à Londres.
Un constat également tiré par le président Hamid Karzaï . "La recrudescence de la violence est à attribuer directement à notre manque d'attention", a-t-il ainsi déclaré à la presse à la suite d'un entretien au palais présidentiel avec Nicolas Sarkozy.
Le président afghan a encouragé "les alliés et nous tous" à prêter attention "aux sanctuaires, aux centres d'entraînement et aux ressources financières des terroristes et des taliban".
"À moins que nous n'y remédiions, nous continuerons à souffrir", a-t-il prévenu.
Bien qu’il soit moins bien équipé, les insurgés afghans, dont les Taliban représentent une fraction dominante, se sont étendus dans une grande moitié du pays.
Selon Emmanuel Reinert, Ils bénéficient également du soutien d'une partie de la population.
"Ils jouent à merveille deux guerres de propagandes", explique l’expert. Au niveau de la population locale, mais également "auprès des populations occidentales". Pour lui, il ne faut pas retirer les troupes françaises, mais au contraire doubler le contingent de la coalition internationale.
"Une des raisons pour laquelle les choses ont si mal tourné c’est qu’on n’a pas mis assez de moyen", affirme-t-il. "Il est temps de mettre encore plus", conclut-il sans hésitation.































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