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Rumeurs autour de Fannie Mae et Freddie Mac

Dernière modification : 21/08/2008

Les deux géants américains du refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac, sont au cœur de nombreuses rumeurs faisant état d'une nationalisation incontournable. Les actions des deux groupes restent en chute libre.

Les deux clefs de voûte américaines du refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac, faisaient l'objet d'un mouvement de panique mercredi à la bourse de New York, en raison de rumeurs persistantes sur une nationalisation inévitable et prochaine.

Les actions de ces deux groupes, longtemps perçus comme inébranlables, poursuivaient mercredi leur chute libre. Elles cédaient 17,29% à 3,45 dollars pour Freddie Mac et 16,64% à 5,01 dollars pour Fannie Mae à 16H20 GMT, des niveaux plus vus depuis 18 ans.

La perspective d'un sauvetage orchestré par les pouvoirs publics était vue comme d'autant plus réaliste par les observateurs que le gouvernement a toute autorité pour intervenir depuis le plan de soutien gouvernemental annoncé mi-juillet.

Fannie Mae et Freddie Mac détiennent ou garantissent 5.200 milliards de dollars de créances hypothécaires, soit plus de 40% de l'encours de crédit immobilier américain. L'effondrement des marchés immobiliers et du crédit plombent les perspectives de remboursement de leurs dettes.

Selon la chaîne financière CNBC, les dirigeants de deux groupes devaient rencontrer mercredi des représentants du Trésor.

Au Trésor, on a confirmé l'existence "d'une communication avec les deux groupes depuis des mois, au titre de points réguliers", selon la porte-parole Jennifer Zuccarelli.

Le PDG de Fannie Mae, Daniel Mudd, s'est pour sa part défendu de tous problèmes pour son groupe, affirmant sur la radio publique et sur CNBC que "le Trésor n'a jamais proposé son aide et nous ne l'avons pas demandée non plus".

"Nous avons plus de capitaux que nous n'en avons jamais eus", a-t-il également assuré.

Plusieurs médias évoquaient mercredi "l'énorme échec" autour de Fannie et Freddie. Dans un éditorial, le quotidien financier Wall Street Journal a conclu que le secrétaire au Trésor Henry Paulson "n'aura bientôt plus d'autre choix que de mettre en sourdine son autorité et de faire recapitaliser par le contribuable les géants de l'hypothécaire".

Alimentant ce scénario, l'ancien économiste en chef du FMI Kenneth Rogoff a déclaré mardi que "Freddie Mac et Fannie Mae auraient dû être fermées il y a 10 ans" et "doivent être nationalisées".

"Le marché a peur d'une nationalisation" et des pertes sèches que cela signifie pour les actionnaires, résumait Gregori Volokhine, analyste chez Meeschaert Capital Markets.

Pour cet analyste, "une recapitalisation est nécessaire. La question est de savoir si elle va venir du secteur public ou du privé". Côté privé, elle pourrait se faire via des fonds souverains, selon M. Volokhine, à l'instar des richissimes fonds asiatiques et émiratis ayant déjà renfloué plusieurs banques américaines.

"Dans le cas d'une nationalisation, les détenteurs de dette seront sauvés, mais les actionnaires vont perdre leurs investissements", avertit ce dernier.

Les déboires des deux groupes ont déjà eu des conséquences désastreuses pour les actionnaires: la valeur de l'action Fannie Mae a été divisée par 16 en un an et par 21 pour Freddie Mac. Leur capitalisation n'est plus que de respectivement 5,3 milliards et 2,3 milliards de dollars.

"Le problème de Freddie et Fannie, ce n'est pas leur dette existante, qui est implicitement garantie par le gouvernement américain grâce au plan de soutien de juillet. C'est qu'ils font face à beaucoup d'inconnues", relève M. Volokhine.

"Ils doivent refinancer une grosse portion de leur dette, 223 milliards de dollars, d'ici fin septembre. On se demande si les investisseurs vont acheter cette dette", poursuit-il.

Première publication : 20/08/2008

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