21 août 2008 - 12H29
- Espagne

La presse espagnole met la Spanair en cause
Au lendemain de l'accident d'avion de la Spanair, qui s'est écrasé sur l'aéroport de Madrid peu après le décollage, de nombreux quotidiens espagnols s'interrogent sur la responsabilité de la compagnie.

Les causes du crash de Madrid restent obscures

  

Des témoignages poignants des pompiers encore sous le choc, la douleur des familles des victimes, et les photos des restes de l'avion. La presse espagnole décrit exhaustivement aujourd'hui « l'enfer de Barajas », selon les mots du quotidien Publico.

 

Faute d'informations suffisantes sur les causes de cet accident, les journaux s'interrogent : pourquoi l'avion a-t-il pris feu ? Pourquoi le pilote a-t-il demandé une révision de l'appareil juste avant de décoller ?

 

Le journal El Mundo affiche ce gros titre sans détour : « La crise de Spanair débouche sur une tragédie qui fait 153 morts ». Le quotidien relie directement les difficultés financières de la compagnie aérienne espagnole à l'accident. « Il manque du personnel de bord, et du personnel de maintenance. Les pilotes doivent parfois remplir la fonction de mécanicien », explique Javier Navas, pilote de Spanair, et porte-parole du syndicat Sepla. « Par exemple, avant de décoller, nous devons parfois inspecter l'extérieur de l'avion, pour vérifier qu'il n'ait rien d'anormal. Ce sont des choses que font les agents de maintenance normalement. »

 

La compagnie aérienne, contrôlée par le groupe scandinave SAS, a affiché une perte de 55 millions d'euros au premier semestre 2008, soit le double des pertes subies l'année dernière sur la même période. Spanair vient d'annoncer la suppression de 1.193 postes au sein de l'entreprise.

 

« Une révision [de l'appareil] a été effectuée quelques minutes avant l'accident », titre le quotidien El Pais, qui revient largement sur cette information, peut-être cruciale pour l'enquête qui commence.

 

L'avion Spanair JK5022 devait décoller de l'aéroport de Madrid Barajas à 13h20. A cette heure-là, il se dirigeait effectivement vers la piste quand le pilote, Antonio Luna, a remarqué une anomalie et demandé une révision avant de décoller. Le personnel au sol a travaillé 40 minutes sur l'appareil, juste avant le drame.

 

L'anomalie repérée par le pilote a-t-elle un lien direct avec le crash ? Pour l'instant, aucune hypothèse n'est confirmée. Spanair a déjà nié quant à elle que l'anomalie qui a retardé le décollage soit liée à l'accident, selon l'agence Efe. Certaines sources, citées par le quotidien, expliquent que « les thermomètres internes n'indiquaient pas correctement la température extérieure ». D'autres disent que le pilote avait détecté « une avarie sur l'un des moteurs ». Les boîtes noires de l'appareil ont été retrouvées et sont en cours d’analyse. Les résultats pourraient être connus dans plusieurs semaines voire plusieurs mois.

Commentaires

spanair

ahhhhhhhhh c'est le personnel au sol qui inspecte l'avion en walk around avant le départ !!!! bah première nouvelle, non.... c'est un des pilotes, et ça, c'est normal...

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