Regardez les reportages de Claire Billet :
- L'insécurité gagne les commerçants de Kaboul
- Kapisa, le défi militaire français
Les dépouilles des dix soldats français tués en Afghanistan ont été transportées, ce jeudi, aux Invalides, à Paris. Le chef d'Etat Nicolas Sarkozy y a présidé une cérémonie d’hommage national, en présence des familles des victimes et de plusieurs membres du gouvernement.
Au cours de la cérémonie militaire, Nicolas Sarkozy a prononcé un éloge funèbre, chargée d’humilité face à la douleur des familles.
"Vous avez lutté des heures entières avec une bravoure et une ténacité qui forcent le respect", a-t-il prononcé dans la cour de l’hôtel des Invalides, en rappelant leur combat "pour la liberté, les droits de l’Homme, des valeurs au cœur de la République".
"C’est un combat contre la barbarie, l’obscurantisme et le terrorisme. […]. Vous pouvez être fiers de ce que la France a fait en Afghanistan depuis 2001 ", a affirmé le chef de l’Etat, dressant ensuite un portrait sévère du pays. "C’était un pays ravagé par la guerre, au régime moyenâgeux, abritant des terroristes traumatisant la planète et bafouant les droits de l’Homme les plus élémentaires", a-t-il ajouté.
Après avoir évoqué la "solitude d’un chef d’Etat face aux décisions qu’il doit assumer", Nicolas Sarkozy a ensuite décoré à titre posthume les dix soldats de la Croix des chevaliers de la légion d’honneur. "J’aurais préféré l’épingler sur la poitrine d’un homme debout", a-t-il conclu.
Les corps des militaires ont été rapatriés mercredi soir en France. Les hommes ont été tués lundi et mardi au cours d’une embuscade tendue par des Taliban à l’est de Kaboul. Vingt et un de leurs compagnons ont également été blessés.
L’émotion de ces derniers jours laisse aujourd’hui place à des questionnements d’ordre plus polémiques concernant, notamment, les circonstances exactes de la mort de ces hommes.
"Ma principale crainte en abordant cette mission, c’est que l’adversaire ne nous laisse pas le temps de nous adapter à cet environnement nouveau […] et nous entraîne d’emblée dans des combats auxquels nous sommes peu habitués", avait déclaré à FRANCE 24 le colonel Jacques Aragones, chef du bataillon de Kapisa, quelques jours avant l’embuscade.
Les familles des victimes dénoncent, elles, le manque d’expérience des soldats, très jeunes pour la plupart, engagés dans cette opération.
"Il faut que le gouvernement arrête d’envoyer des enfants se faire tuer, se faire trucider dans un stand de tir organisé, car pour une première mission, c’était mission impossible", accuse le père de l’une des victimes à l'AFP.
Mathieu Mabin, correspondant de FRANCE 24 au Pakistan, qui avait rencontré les hommes de ce régiment quelques jours avant l’affrontement, ne remet pas en cause l’entraînement de ces soldats "d’élite". Il estime que "les paras du 8e RPIMA ont découvert une réalité : la seule école de la guerre, c'est la guerre elle-même".
Jeudi matin, trois nouveaux soldats de l’Otan, de nationalité polonaise, ont été tués dans l’explosion de leur véhicule à l’est de l’Afghanistan.


























Commentaires
Réagir à cet article