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Les dépouilles des dix soldats français tués en Afghanistan ont été transportées, ce jeudi, aux Invalides, à Paris. Le chef d'Etat Nicolas Sarkozy y préside une cérémonie d’hommage national, en présence, entre autre, du Premier ministre François Fillon.
La cérémonie religieuse s’est déroulée à l’Eglise Saint-Louis des Invalides. Face aux dix cercueils drapés aux couleurs de la France, une foule dense, grave, dans laquelle le président français et plusieurs membres du gouvernement se tiennent, la mine sombre.
Les corps des militaires ont été rapatriés mercredi soir en France. Les hommes ont été tués lundi et mardi au cours d’une embuscade tendue par des Taliban à l’est de Kaboul. Vingt et un de leurs compagnons ont également été blessés.
L’émotion de ces derniers jours laisse aujourd’hui place à des questionnements d’ordre plus polémiques concernant, notamment, les circonstances exactes de la mort de ces hommes.
"Ma principale crainte en abordant cette mission, c’est que l’adversaire ne nous laisse pas le temps de nous adapter à cet environnement nouveau […] et nous entraîne d’emblée dans des combats auxquels nous sommes peu habitués", avait déclaré à FRANCE 24 le colonel Jacques Aragones, chef du bataillon de Kapisa, quelques jours avant l’embuscade.
"Nous n'avions plus de munitions"
Des soldats blessés, interrogés par le journal Le Monde à Kaboul évoquent, "la lenteur de la réaction du commandement et de sérieux problèmes de coordination". Les soldats pris en embuscade sont, toujours d’après ces témoignages, restés sous les tirs d’armes lourdes et légères "près de quatre heures sans renfort".
"Nous n’avions plus de munitions pour nous défendre avec d’autres armes que nos Famas (fusil d’assaut de l’armée française, ndlr)", poursuit l’un des militaires survivants. Selon les blessés, certaines frappes aériennes de l’Otan, censées dégager les soldats pris en embuscade, et des tirs de soldats afghans ont touché des soldats français.
Par ailleurs, poursuivent les soldats, les communications radio ont été coupées avec le régiment tchadien, régiment qui faisaient partie du convoi mais qui a échappé à l’embuscade.
Selon ces militaires, les soldats ne seraient pas tous morts lors des premiers tirs ennemis, comme le veut la version officielle, mais "au fil des affrontements".
"A chaque fois que nous avons un incident de ce type […], nous avons des procédures de retour d’expérience, nous analysons ce qui a été fait, ce qui aurait pu l’être et nous tirons des conclusions", répond sur la radio RTL le général Irastorza, chef d’Etat-major de l’armée de terre, alors que l’entourage du ministre de la Défense promet des "éclaircissements".
"Pour une première mission, c'était mission impossible"
Les familles des victimes dénoncent, elles, le manque d’expérience des soldats, très jeunes pour la plupart, engagés dans cette opération.
"Il faut que le gouvernement arrête d’envoyer des enfants se faire tuer, se faire trucider dans un stand de tir organisé, car pour une première mission, c’était mission impossible", accuse le père de l’une des victimes à l'AFP.
Mathieu Mabin, correspondant de FRANCE 24 au Pakistan, qui avait rencontré les hommes de ce régiment quelques jours avant l’affrontement, ne remet pas en cause l’entraînement de ces soldats "d’élite". Il estime que "les paras du 8e RPIMA ont découvert une réalité : la seule école de la guerre, c'est la guerre elle-même".
Jeudi matin, trois nouveaux soldats de l’Otan, de nationalité polonaise, ont été tués dans l’explosion de leur véhicule à l’est de l’Afghanistan.
























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