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Le Français Yohann Diniz cale au 50 km marche

Dernière modification : 22/08/2008

Yohann Diniz, grand espoir de médaille pour les Bleus, a abandonné au 50 km marche, discipline dont il est champion d'Europe et vice-champion du monde. L'Italien Alex Schwazer a remporté la médaille d'or.

 

Même si Yohann Diniz évoque un "jour sans" pour expliquer son abandon dans le 50 km marche des jeux Olympiques de Pékin, remporté par l'Italien Alex Schwazer vendredi, ses entraîneurs estiment qu'il a surtout craqué sous la pression inhérente aux JO.

Le champion d'Europe et vice-champion du monde du 50 km est parti comme un avion pour aller chercher Schwazer qui a placé une première accélération après seulement 200 m de course. L'échappée a duré moins d'une demi-heure, mais Diniz est ensuite resté au contact des leaders 30 minutes de plus, avant d'être distancé progressivement.

Après deux premiers arrêts, il a définitivement jeté l'éponge au 33e km.

"J'ai eu mal au ventre, raconte le marcheur. Après j'ai eu un coup de chaud et enfin j'ai eu mal aux ischios. Au fur et à mesure je dépérissais (...) c'était un jour sans, un jour olympique".

Pourtant, au départ, le Français, âgé de 30 ans, semblait en grande forme, à l'image de son retour sur l'Italien.

Si son premier entraîneur Denis Langlois estime qu'il a bien fait de "répondre dans une certaine mesure" pour faire passer un message à Schwazer, le second, Thierry Toutain, ne partage pas cette analyse.

"On avait discuté de sa démarche au départ, dit-il. Il était hors de question qu'il aille devant, mais ça a été plus fort que lui. L'idée c'était de partir avec tout le monde. Ce n'était pas à Yohann de se montrer ou de faire le rythme. Il n'était pas concentré. La blessure n'a rien à voir."

Pour l'ancien vice-champion d'Europe du 50 km marche, qui a rejoint Langlois à la demande de ce dernier cette année, tout s'est joué en amont. "Il avait trop de pression, résume-t-il. Il y a avait des choses qui me déplaisaient avant, mais je débarque dans un système qui fonctionnait, donc ce n'était pas à moi de le dire. Quand on se met la pression, est-on capable de la supporter?"

"Ce n'est pas la pression olympique, assure cependant Diniz. Je fais ça pour moi d'abord et après pour les autres."

Une fois remis de son virus de type mononucléose, le Champenois était apparu très confiant au cours de ses trois sorties sur 5000 m marche puis lors des Championnats de France, ne lésinant pas sur son temps pour promouvoir sa discipline encore méconnue.

"Je sais que le titre est possible", déclarait-il fin juin. "Les signaux sont au vert", ajoutait-il deux semaines plus tard.

"Il a fait tout ce qu'il faut pour être prêt" sur le plan physique, confirme Toutain.

Et si Langlois diverge sur l'analyse tactique, il pense lui aussi que Diniz a péché dans l'approche mentale.

"Il n'était pas dans le même état d'esprit émotionnellement que l'an dernier (2e aux Mondiaux), mais ce n'était pas la même pression, explique-t-il. C'est une pression que l'on a que deux ou trois fois dans sa vie, quand on va aux Jeux. Nous n'avons peut-être pas été assez vigilants."

L'équipe de France peut s'en mordre les doigts. Elle a laissé filer sa meilleure chance de médaille et peut-être la dernière à deux jours de la fin des Jeux. L'inattendu argent de Mahiédine Mékhissi-Benabbad sur 3000 m steeple risque d'être un peu seul dans la vitrine au retour à Paris.
 

Première publication : 22/08/2008

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