- Somalie
Des insurgés islamistes ont pris vendredi le contrôle de Kismayo, la plus grande ville du sud de la Somalie, au terme de combats qui ont fait au moins 40 morts, une nouvelle démonstration de force pour ces combattants qui ont rejeté le cessez-le-feu signé à Djibouti en juin.
Les "shebabs", des combattants islamistes extrémistes, sont parvenus à chasser hors de la ville les milices locales qui la contrôlaient et à s'emparer du principal port du sud du pays, à 500 km au sud de Mogadiscio.
Après plusieurs jours de vive tension entre les deux camps, les insurgés avaient engagé les combats mercredi. Au moins 40 personnes, combattants et civils confondus, ont été tuées dans ces violents affrontements, et plusieurs centaines d'autres blessées.
"Depuis trois jours, nous avons reçu 335 blessés, dont 6 sont décédés à l'hôpital des suites de leurs blessures", a déclaré sous couvert d'anonymat une source médicale jointe par l'AFP à l'hôpital de Kismayo, portant à 40 le nombre de morts.
Interrogé vendredi soir par l'AFP, le porte-parole des "shebabs", cheikh Muktar Robow, a indiqué que son mouvement "avait repoussé les milices locales qui tentaient de stopper la lumière de la religion islamique".
"Nous prévoyons d'appliquer la charia (loi islamique) dans le pays et toute force qui tentera de nous stopper le regrettera", a-t-il menacé.
Des habitants de Kismayo ont confirmé à l'AFP la prise du port par les islamistes: "toutes les milices ont été chassées et la ville est désormais sous contrôle des islamistes", a déclaré à l'AFP par téléphone un résident, Farah Abdi.
Un commandant islamiste, cheikh Ibrahim Shukri, a affirmé à l'AFP que "de nombreux combattants (des milices locales) s'étaient rendus" ou "avaient fui" Kismayo. "Nous appelons les habitants à rester calme", a-t-il ajouté.
Selon des habitants interrogés par l'AFP, le calme semblait être revenu vendredi soir dans le port: "tout est relativement calme, les combattants islamistes patrouillent dans la ville", a expliqué à l'AFP un résident, Mohamed Ali.
Kismayo était jusque vendredi contrôlé par des milices locales dirigées par l'homme fort de la ville, le colonel Aden Bare Shire, par ailleurs membre du Parlement.
Les forces du gouvernement de transition somalien, de son allié éthiopien ou même de la mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom) y sont complètement absentes.
Les troupes éthiopiennes sont intervenues fin 2006 en Somalie à la demande du gouvernement de transition et ont défait les islamistes qui contrôlaient depuis six mois la majeure partie du sud et du centre de la Somalie, dont la capitale Mogadiscio.
Les Ethiopiens s'étaient retirés de Kismayo en mars 2007 et avaient "remis" le port aux autorités somaliennes.
En dépit de l'absence de l'armée éthiopienne à Kismayo, la prise de cette ville constitue un nouveau coup d'éclat des insurgés, fidèles à leur rejet catégorique des pourparlers de Djibouti qui ont conduit à la conclusion le 9 juin d'un accord de cessez-le-feu entre une partie de l'opposition somalienne emmenée par les islamistes et le gouvernement somalien.


























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