Dimanche 05 juillet 2009

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La tempête financière n'est pas apaisée, selon la FED

Samedi 23 août 2008

Pour Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine (FED), le "coup de vent" sur les marchés financiers provoqué, entre autres, par l'effondrement des prix dans l'immobilier, est loin d'être passé.

Samedi 23 août 2008


Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine, a jugé vendredi que la remontée du dollar, la baisse du pétrole et le ralentissement économique devraient faire refluer l'inflation, laissant ainsi entendre que les taux n'augmenteraient pas tout en soulignant que les perspectives d'évolution des prix restaient "très incertaines".


Il a qualifié d'"encourageantes" la baisse des cours des matières premières et la stabilisation du dollar observées récemment, des propos immédiatement salués par les marchés financiers.


"Si elles ne s'inversent pas, ces évolutions, conjuguées à un rythme de croissance qui tombera probablement sous son potentiel pendant un certain temps, devraient conduire à une modération de l'inflation en fin d'année et l'an prochain", a dit Bernanke.


Wall Street amplifiait nettement sa progression après ces propos: l'indice Dow Jones, en hausse de 0,2% dans les premiers échanges avant son discours, s'adjugeait 1,15% à 16h15 GMT. Parallèlement, le marché obligataire était orienté à la baisse et le dollar cédait du terrain face à l'euro, le discours de Bernanke réduisant aux yeux de nombreux observateurs la probabilité d'une hausse des taux d'intérêt.

 

"Il n'y aura aucune modification de la politique monétaire dans un avenir prévisible", a estimé Kevin Flanagan, stratège obligataire de Morgan Stanley.

 

Pour Brian Dolan, stratège de Forex.com, "le fait qu'il s'attende à une poursuite du repli de l'inflation laisse penser qu'il n'est pas urgent de réduire le caractère accommodant (de la politique monétaire)".

 

Bernanke s'exprimait à Jackson Hole, dans le Wyoming, où la Fed de Kansas City organise tous les ans une conférence réunissant des dirigeants de banques centrales du monde entier.


Il a expliqué que la politique de taux bas menée actuellement par la banque centrale était conditionnée à la stabilisation des prix du pétrole et des matières premières, ce qui semble se produire actuellement alors que l'économie mondiale ralentit.


"Cependant, les perspectives d'inflation restent très incertaines, entre autres en raison de la difficulté à prédire l'évolution future des cours des matières premières, et nous continuerons de surveiller attentivement l'inflation et les anticipations inflationnistes", a-t-il ajouté.


Le Federal Open Market Committee (FOMC), le comité de politique monétaire de la Fed, "est déterminé à parvenir à la stabilité des prix à moyen terme et il agira si nécessaire pour atteindre cet objectif", a-t-il assuré.

 

Il a estimé que le "coup de vent" sur les marchés financiers provoqué par l'envolée des défauts de remboursement et l'effondrement des prix dans l'immobilier, ainsi que l'asséchement du crédit, n'était pas encore apaisé.

 

"Si l'on ajoute à cette conjonction un bond de l'inflation, dû en partie au boom mondial des matières premières, on obtient l'un des climats économiques et monétaires les plus difficiles de mémoire d'homme", a-t-il résumé.


Bernanke a également rappelé les mesures adoptées par la Fed pour fournir en urgence des milliards de dollars de liquidités aux institutions financières afin d'éviter des mouvements de panique.


"Nous continuerons de surveiller tous nos mécanismes de liquidités pour déterminer s'ils ont les effets voulus ou s'ils nécessitent une modification", a-t-il expliqué.

 

Il n'a en revanche pas évoqué explicitement dans son discours les difficultés de Fannie Mae <FNM.N> et Freddie Mac <FRE.N>, les deux géants du refinancement de crédits immobiliers.


Il a cependant reconnu que la participation de la Fed au sauvetage de la banque d'investissement Bear Stearns en mars avait créé un risque potentiel d'"aléa moral"("moral hazard" en anglais), un concept selon lequel les investisseurs sont tentés de prendre des risques accrus lorsqu'ils estiment que les pouvoirs publics leur épargneront des pertes.
 


 

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