- Boxe - Jeux olympiques - JO de Pékin
Le rêve de succéder à Brahim Asloum, dernier champion olympique français de boxe en 2000 à Sydney, a duré moins de deux minutes pour Khedafi Djelkhir, pris en finale des 57 kg sous la mitraille des coups du vice-champion du monde ukrainien Vasyl Lomachenko, samedi à Pékin.
Après le bronze d'Alexis Vastine en 64 kg vendredi, Djelkhir, 24 ans, est le 18e, et le 6e en argent, médaillé olympique français de l'histoire de la boxe. Doit encore s'ajouter l'or ou l'argent de Daouda Sow en finale des 60 kg (légers) contre le Russe Alexey Tishchenko dimanche.
Djelkhir est pourtant bien rentré dans son combat. Il a avancé sur le grand favori, qui n'avait pas fait de détails jusque-là. L'Ukrainien avait surclassé tous ses adversaires, prenant notamment sa revanche sur la finale des derniers Championnats du monde contre le Russe Albert Selimov (14-2).
Mais au bout d'une minute, c'est Lomachenko, 20 ans, qui a trouvé l'ouverture. Et le Bisontin, 9e en 2004 à Athènes, a subi ce qu'il a lui même appelé "des mitraillettes" de coups. Compté une première fois, puis une deuxième et une troisième, il a été logiquement arrêté par l'arbitre.
Sur le podium, Djelkhir a fait un petit sourire en regardant la médaille qu'on venait de lui accrocher autour du cou. Mais s'il a reconnu sa défaite, il a estimé également que Lomachenko ne lui avait pas été supérieur, et regretté d'être trop bien rentré dans le combat, d'avoir pris trop confiance.
"J'ai perdu le combat. Aujourd'hui il a été plus fort, mais je suis persuadé qu'il n'est pas plus fort. Sur dix combats, je peux le battre huit fois. Il a gagné, il a mérité sa médaille. Seulement, je suis conscient de mes qualités et je pense que je pouvais faire beaucoup mieux", a affirmé le Doubiste.
Surpris par sa vitesse
Et d'expliquer qu'il n'a pas eu mal: "Il ne m'a pas mis de coups. Je n'ai pas l'impression d'avoir flanché. J'ai été surpris par sa vitesse d'exécution. Il a commencé à me mettre +des mitraillettes et des mitraillettes+. Je n'ai pas pu réagir à ce moment là".
Le directeur technique national (DTN) Dominique Nato a cependant eu un avis un peu différent. "C'est lui qui a été touché. Il a été mis en difficulté sur une suite de coups au corps. Il n'a jamais récupéré", a estimé le technicien, soulignant que "la médaille est belle" et que Khedafi "n'a rien à se reprocher".
Pour le Bisontin, cette médaille d'argent est venue concrétiser un joli parcours avec l'Australien Paul Fleming (13-9), l'Américain Raynell Williams (9-7), le Mexicain Arturo Santos Reyes (14-9) puis l'Azerbaïdjanais Shahin Imranov (abandon sur blessure à l'entame de la 2e reprise).
Assurée déjà d'avoir trois médailles, la France espère faire aussi bien qu'en 1920 à Anvers (or, argent et bronze) et compte désormais sur Daouda Sow pour l'or contre le Russe Alexey Tishchenko, champion olympique en titre. Un pari cependant bien compliqué à gagner.
"Sow aura à coeur de venger son ami et compatriote", affirme Dominique Nato, dont l'une des préoccupations principales était d'entourer le Roubaisien, "forcément touché" par l'échec de son camarade de chambre au Village olympique. De plus, le DTN sait que vouloir, ce n'est pas forcément pouvoir.
"Demain, c'est un autre match, c'est une autre histoire. C'est la sienne. Il a des tas de choses à faire et à démontrer", a conclu le technicien, alors que Djelkhir a lui promis se mettre au service de son copain: "Bien sûr que je vais le soutenir. Je serai derrière lui".


























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