Regardez les deux reportages consacrés aux soldats français engagés en Afghanistan, "24 heures avec un para français en Afghanistan" et "L'Afghanistan, une guerre des ombres".
"Tous les débats qui ont traversé l’opinion canadienne sont prémonitoires", affirme le chercheur Paul Vallet, enseignant à l’Institut d’études politiques de Paris.
L’expérience canadienne pourrait bien servir d’avertissement à la France, dont 700 militaires d’élites sont désormais déployés dans un des secteurs les plus meurtriers d’Afghanistan.
En 2005, le Premier ministre canadien Paul Martin, soucieux de raccommoder les relations canado-américaines, envoie près de 2 500 troupes canadiennes dans le sud de l’Afghanistan, à Kandahar, leur bastion. Au printemps 2006, son successeur, le conservateur Stephen Harper, autorise ces troupes à combattre auprès des forces américaines, puis de l'Otan. Le contingent canadien était limité à 900 soldats depuis le début de la mission canadienne en 2002.
Entre 2006 et 2008, les combats dans des conditions extrêmement difficiles ont coûté la vie à plus de 80 militaires. Très impopulaire, cette guerre a aussi obligé le gouvernement canadien à déployer toute la diplomatie et la persuasion dont il disposait pour contrer une opinion publique de plus en plus réticente.
Clairement, les Canadiens n’ont pas cru à l’argument humaniste. Dès 2007, 60 % de l’opinion s’opposent à l’intervention en Afghanistan. Début 2008, le gouvernement, en difficulté alors même qu’il doit renouveler son engagement militaire à l’Otan, menace de quitter l’Afghanistan si les alliés n’envoient pas des renforts dans les zones les plus "chaudes", c’est-à-dire au sud du pays.
Même histoire côté français
Le renforcement des troupes françaises en Afghanistan a deux ans de retard par rapport aux Canadiens mais répond au même schéma. En avril 2008, le président Nicolas Sarkozy prend la décision de déployer l’armée française, jusque là cantonnée dans les environs de la capitale Kaboul, dans la province de Kapisa, beaucoup plus dangereuse.
"Il s’agissait pour le président de se montrer solidaire des autres armées déployées, notamment les Britanniques, les Néerlandais et les Canadiens", explique Pierre Vallet.
Comme au Canada, cette décision avait alors suscité la polémique, nombreux accusaient le chef de l’Etat d’être à la botte de Washington.
Lors de l’annonce, le 19 août, de la mort des dix paramilitaires, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner explique la mission française en invoquant les même idéaux pronés par le gouvernement canadien: "Il faut bien comprendre que nous nous battons aux côtés des Afghans contre l'extrémisme, contre les attentats, contre la régression et pour la démocratie qui s'est déjà installée".
"Le discours du ministre Kouchner est l’écho de ce qui se disait au Canada il y a quelques années", assure Frédéric Mérand, professeur de science politique à l’université de Montréal. "C’est un discours qui a aujourd’hui disparu au profit d’un discours beaucoup plus pragmatique sur l’influence de cette région sur la sécurité mondiale."
Nicolas Sarkozy court-il lui aussi le risque de s’affaiblir en menant les troupes françaises au combat en Afghanistan ? A court terme, assure Frédéric Mérand, les pertes militaires pourraient provoquer une réaction de solidarité avec l’armée. D’autant que la France, contrairement au Canada, a l’habitude de combats meurtriers. Mais "à long terme, affirme-t-il, l’argument de la veuve et de l’orphelin ne tiendra pas."


















Commentaires
LES RACINES DU MAL - CE COMBAT EST AUSSI LE NOTRE
-"Ainsi, toute parole du mollah Omar avait force de loi. Et c'est avec un zèle fanatique que les talibans veillaient à ce que la population afghane se plie de gré ou de force à tous les interdits et devoirs religieux que décrétait le mollah Omar. On ne compte plus, dans les rues des villes d'Afghanistan, les exécutions publiques, les lapidations, les mutilations de toutes sortes et les flagellations. Vivre en Afghanistan était déjà périlleux sous le régime soviétique; sous les talibans, c'était un enfer.
Un retour au Moyen Âge
Le 27 février 1998, une foule de 30 000 hommes et adolescents a été rassemblée dans un stade de Kaboul pour assister à la flagellation d'une jeune femme, coupable d'avoir marché dans la rue avec un homme qui n'était pas de sa famille. Si elle avait été mariée au moment de son « crime », on l'aurait lapidée à mort plutôt que fouettée. Également au programme, l'amputation de la main droite de deux hommes accusés de vol..."
REINFORMEZ VOUS ex: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/actualite/attentat/taliban/adversai...
Pauvres de nous
Eh bien voilà...si après avoir eu connaissance de cette affirmation de Paul Vallet, notre gouvernement n'envisage pas la marche arrière au prochain décès d'un soldat français au combat en Afghanistan, il deviendra lui même assassin, à moins que les décideurs, et on sait qui, n'aient le courage d'y aller, en treillis et en armes,en tête des troupes. C'est trop facile d'envoyer les autres quand on est à l'abri.
Peut-on rappeler que notre armée est là pour défendre le pays, et l'Europe, ça va de soi, mais pour l'instant, nous ne sommes pas attaqués. Tout cela rappelle l'histoire, les croisades, guerres de religion, et il faudra un Waterloo pour se résigner... Et il paraît que les caisses sont plus que vides...
ouragan gustave
Bonjour,je pense que ce vent violent est un message divin qui dit au americains qu'il est temps qu'un noir dirrige l'Amerique.pour celà il faut que tous les américains s'entende pour des élections libres et transparantes
Réponse à Choupette.
Effectivement: Afghanistan (2001), Iraq (2003).
Mais le changement décisif du Canada en Afghanistan s'est effectué en 2006, par l'augmentation des effectifs et par la prise de possession de la Province de Kandahar. Le rôle du Canada devenait ainsi, non plus un rôle ''d'aide et de reconstruction'' (Gouvernement Martin), mais ouvertement celui de faire la guerre (Gouvernement Harper).
Jacques Z ?
Juste une question pour éclairer mon ignorance sur l'engagement Canadien en Afghanistan: La guerre en Afghanistan n'aurait-elle pas été déclenchée avant celle d'Irak ?
Afghanistan...
10 morts parmi "les notres"... mais dix engagés volontairs, lisez dix soldats de métier... autant on peut compatir aux mobilisés d'une guerre, arrachés à leurs foyers, autant on ne peut que se dire que ces dix jeunes ont assumé leur engagement professionnel. Compassion, bien-entendu pour leurs proches mais la mêmes qu'en direction d'un salarié tombant d'un échafaudage, encore que si ces dix jeunes avaient trouvé boulot dans le civil, ils ne seraient devenus tueurs pro ! (peut'être)... non à toutes les guerres qu'elles soient larvée ou déclarées ! qu'elles soient à intêrets pétrolifères ou politiques (où sont les différences ?) et compassion aussi pour les victimes des ces guerres (civiles masscrés, policiers abattus et nos mercenaires...
Afghanistan: le Trou noir.
Il est courant de constater que des dirigeants d'États poursuivent consciemment et sciemment des politiques qu'ils savent vouées à l'échec. (M.Saakashvili est une exception...il a réellement cru que les États-Unis (ou l'OTAN) viendrait à son secours, au besoin, et il a tout misé sur cette croyance). Par contre, la majorité des dirigeants sont loin d'être naïfs ou idiots... Ils recherchent des bénéfices à leurs actions. Au Canada -une colonie économique des Étas-Unis, la décision d'entrer en guerre en Afghanistan a été d'offrir aux États-Unis une compensation, du fait d'avoir refusé de se joindre à la guerre d'Iraq. Les opinions publiques canadiennes sont contre ces guerres, mais l'économie et le maintien de bonnes relations priment. Pour la France, nous ne trouvons pas de raisons, autre que celle de la Présidence de vouloir occuper une place plus importante sur la scène internationale; donc une décision strictement personnelle. L'armée devient de ce fait un outil comme un autre pour atteindre cet objectif. Ainsi, peu importe que la guerre soit perdue d'avance, c'est un moyen d'être à ''la table des Grands''.
En Afghanistan, l'affrontement deviendra avant tout un affrontement financier; il se dévoilera avec le temps. D'un côté, les emprunts financiers des États-Unis et des États membres (de l'U.E.) -(sauf de chypre et de Malte) et de l'autre, toutes ces centaines de millions que rapportent le trafic de la drogue. Dans la tradition afghane, un Afghan ne s'achète pas, il se loue. Cette tradition a fait ses preuves pour leur survie. Aussi, comme rien n'est réalisé pour stopper la culture du pavot et rien de significatif ne se fera, le flot de l'argent de la drogue se poursuivra. Lorsque les fonds financiers de ''l'Occident'' baisseront, ceux de la drogue seront toujours disponibles....intarissables....et satisfaisant pour un Afghan qui se loue....et ainsi perdurent les changements incessants d'alliances! Qui, le moindrement réaliste, peut concevoir une victoire de ''l'Occident'' en Afghanistan?
Seuls des rêveurs, des idéologues, ou des opportunistes (y incluant les gens dominés) peuvent soutenir cette guerre qui inspire certains et aspire tout. L'Afghanistan n'est pas simplement un gouffre, mais un Trou noir.
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