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Le Canada convoite le sous-sol de l'Arctique

Dernière modification : 26/08/2008

La course engagée autour de l'Arctique et de ses ressources naturelles prend une nouvelle tournure avec l'envoi d'une mission de reconnaissance destinée à étayer les revendications du Canada sur cette zone très convoitée.

Le Canada met les bouchées doubles cet été pour assurer sa place dans la course à l'Arctique dont les ressources naturelles sous-marines aiguisent les appétits, une quête dans laquelle la Russie a une longueur d'avance.
   
Un brise-glace canadien entreprend cette semaine une mission visant à recueillir des données scientifiques destinées notamment à étayer les revendications du Canada dans cette région potentiellement riche en hydrocarbures.
   
Le Louis Saint-Laurent se rend en Mer de Beaufort -au nord de l'Alaska et des Territoires du nord-ouest canadiens- où il sera rejoint début septembre par le brise-glace américain Healy. Cette mission conjointe effectuera des relevés sismiques afin de délimiter les contours du plateau continental, a indiqué Jacob Verhoef, du ministère des Ressources naturelles.
   
L'intérêt d'une telle mission n'est pas uniquement scientifique. Selon les services géologiques américains, le sous-sol de l'océan arctique renfermerait des réserves inexplorées de quelque 90 milliards de barils de pétrole (13% des réserves inexplorées) et encore davantage de gaz (30%).
   
Les cinq pays riverains de l'océan arctique -Canada, Etats-Unis (avec l'Alaska), Russie, Danemark (avec le Groenland) et Norvège- peuvent prétendre à une part du pactole, à condition d'étayer leurs revendications.
   
La Convention de l'Onu sur le droit de la mer permet en effet à un pays d'étendre ses droits pour l'exploitation des ressources au-delà de la limite des 200 milles s'il prouve que cette zone se situe dans la "prolongation naturelle" de son propre plateau continental.
   
Pour Rob Huebert, professeur à l'université de Calgary et spécialiste du dossier, la Russie a pris une longueur d'avance sur ses concurrents dans cette course, que le réchauffement climatique a accélérée en réduisant le couvert de glaces.
   
Les Russes, qui ont manifesté leurs ambitions en plantant symboliquement un drapeau sous le Pôle nord en 2007, "ont consenti les plus gros efforts dans le nord. Ils sont en avance pour l'exploitation des ressources, ils ont la plus importante flotte de brise-glace", explique M. Huebert à l'AFP.
   
Moscou, note-t-il, a aussi bien avancé dans la présentation de son dossier devant la commission de l'ONU chargée d'évaluer les revendications.
   
Le Canada, qui a jusqu'en 2013 pour soumettre son dossier, "est en train d'essayer de reprendre du terrain", dit M. Huebert.
   
Les Canadiens ont présenté récemment, lors d'un Congrès géologique international, des données scientifiques étayant selon eux leurs revendications sur une zone de 1,7 million de km2 dans l'Arctique.
   
Ottawa a raison de faire cause commune avec Washington pour collecter des données scientifiques, juge le professeur Huebert, mais cette coopération reste limitée parce que les Etats-Unis ne sont pas partie à la Convention sur le droit de la mer.
   
Pour lui, le Canada devrait essayer de convaincre Washington qu'il est dans leur intérêt commun que les Etats-Unis entrent dans la convention. "Plus ils attendront, plus les Russes pourront consolider leur position", juge-t-il.
   
Etats-Unis et Canada ne sont pas sur la même longueur d'onde concernant le Passage du Nord-Ouest, qui relie l'Atlantique au Pacifique, et sur lequel Ottawa estime avoir une souveraineté entière. Pour Washington, il s'agit d'eaux internationales.
   
Le Premier ministre conservateur Stephen Harper a fait de la défense de la souveraineté canadienne dans le Grand-Nord un de ses principaux chevaux de bataille. Depuis deux ans, il a annoncé une série d'initiatives, dont l'aménagement d'un port en eau profonde, et la construction d'une base arctique.
   
Et des manoeuvres sont organisées régulièrement dans le Grand Nord. Quelque 600 militaires participent, jusqu'au 26 août, à un vaste exercice "de souveraineté" dans l'Arctique canadien.
  

Première publication : 25/08/2008

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