Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

L'INVITÉ DE L'ÉCO

Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace et PDG de GDF Suez

En savoir plus

SUR LE NET

Mondial 2014 : le match Allemagne-Brésil inspire le Net

En savoir plus

FOCUS

Le scandale des bébés du "péché" traumatise l'Irlande

En savoir plus

DÉBATS POLITIQUES EN FRANCE

Littérature , histoire et pouvoir

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Frédéric Tissot, ancien consul général de France à Erbil

En savoir plus

FOCUS

La charia a-t-elle sa place dans le droit britannique?

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Rwanda : les juges français mettent fin à l'instruction sur la mort de l'ex-président Habyarimana

En savoir plus

DÉBAT

Soudan du Sud : l'avenir sombre d'un pays jeune de trois ans (partie 2)

En savoir plus

DÉBAT

Soudan du Sud : l'avenir sombre d'un pays jeune de trois ans (partie 1)

En savoir plus

  • Le scandale des bébés du "péché" traumatise l'Irlande

    En savoir plus

  • Allemagne : le chef des services secrets américains expulsé

    En savoir plus

  • Le conflit israélo-palestinien change le sens de l'application Yo

    En savoir plus

  • Vidéo : ramadan sous tension pour les musulmans de Pékin

    En savoir plus

  • L'Argentine rejoint l'Allemagne en finale du Mondial

    En savoir plus

  • "Gaza est sur le fil du rasoir", l’ONU appelle à un cessez-le-feu

    En savoir plus

  • Un concours lancé en Suisse pour dépoussiérer l'hymne national

    En savoir plus

  • Lunettes danoises de François Hollande : les opticiens français voient rouge

    En savoir plus

  • Chikungunya aux Antilles : "une épidémie majeure" pour Marisol Touraine

    En savoir plus

  • "Le gouvernement de Netanyahou instrumentalise l’assassinat des trois Israéliens"

    En savoir plus

  • Tueur à gage et flèche empoisonnée : les mystères de la tuerie de Chevaline

    En savoir plus

  • Tour de France : Chris Froome, vainqueur du Tour 2013, abandonne

    En savoir plus

  • Terrorisme : la France se protège contre "les loups solitaires"

    En savoir plus

  • Soudan du Sud : la trahison des héros de l’indépendance

    En savoir plus

  • Rwanda : clôture de l’enquête française sur l’attentat contre Habyarimana

    En savoir plus

Le phénomène "Nour" s'invite à la maison

©

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 01/11/2008

"Nour", la série-fleuve turque à l'eau de rose, retraçant les éternelles péripéties amoureuses d'une riche famille, est devenue un véritable phénomène de société dans le monde arabe. Entre les "pro" et les "anti-Nour", rien ne va plus.

“Je ne peux envisager de rater un seul épisode !” assure Fatima al-Zahra al-Alaoui, aide-comptable marocaine qui fait partie des nombreux fans de la série télévisée "Nour".

Du Maghreb aux pays du Golfe, les conversations ne varient pas beaucoup depuis quelques mois. Ce ne sont pas la course à la Maison Blanche ou la baisse du pouvoir d’achat qui occupent les esprits, mais bien "Nour".

Ce feuilleton turc doublé en dialecte syrien fait de véritables ravages dans le monde arabe. On peut suivre les divers rebondissements amoureux qui rythment la vie d’une riche famille de la bourgeoisie d’Istanbul. Diffusée par la chaîne satellitaire saoudienne MBC 4, la série compte aujourd’hui ses fans par millions.

Un véritable phénomène de société


L’effet est tel qu’aujourd’hui on se pose en "anti-Nour" ou "pro-Nour". Sur Facebook, site de socialisation, les groupes "anti-Nour" se multiplient aux côtés de la multitude de ceux qui regroupent les inconditionnels de la série. Les "antis" du groupe "I hate Nour" dénoncent l’exagération et le côté irréaliste de la série mais surtout son influence néfaste.

"Pro" et "anti-Nour" s’opposent dans les sociétés arabes, jusque dans les couples. Fadi Makdissi, pharmacien d’origine syrienne vit à Paris et déteste cette série parce "grands et petits sont en adoration devant ce feuilleton, alors qu’il est ridicule". Alors même que sa femme la suit avec plaisir, pour lui, il ne s’agit que d’une mode passagère à laquelle la société arabe oisive se rattache pour combler un vide.

Car "Nour" a bouleversé des vies. Partout, on rapporte de multiples anecdotes. Des couples auraient divorcé se reprochant de ne pas avoir une attitude aussi exemplaire que le héros Mohanad ou l’héroïne Nour. Au Liban, une femme aurait même vendu son troupeau de bétail, pour pouvoir se consacrer pleinement à la série.

 


Un Libanais vend des T-Shirts à l'effigie des stars de la série turque "Nour".(Photo : AFP)

 


Face à l’ampleur du phénomène, les milieux religieux eux aussi ont réagi. Un imam saoudien a récemment lancé une fatwa contre les chaînes qui diffusent la série, les "ennemis de l’Islam et de son prophète". Selon, Ibrahim al-Ariss, critique de cinéma au quotidien arabe basé à Londres Al-Hayat, cette opposition des milieux conservateurs musulmans a également participé au succès de la série. "Des gens se sont mis à la suivre en réaction à la critique des conservateurs musulmans", explique-t-il.

"Avec 'Nour', les sociétés arabes pénètrent dans le monde moderne"


"C’est une série qui raconte des histoires romantiques d'une façon qui nous convient à nous. C'est un feuilleton qui montre un mode de vie occidental mais où l'on retrouve également des valeurs arabes et musulmanes", explique Fatima al-Zahra. "Les habitués des séries mexicaines ont trouvé en "Nour" quelque chose dont ils étaient plus proches", analyse Ibrahim al-Ariss.

De nombreux autres fans la rejoignent : "Nous n’avons pas l’habitude de vivre le romantisme de cette manière", remarque Sawsan Makdissi, l’épouse de Fadi. Elle est particulièrement sensible au fait que Mohanad, le héros, couvre son épouse d’attentions délicates et de cadeaux, et ose lui montrer ses sentiments, même en public.

Mais au-delà de cela, Ibrahim al-Ariss voit dans "Nour" l’illustration de "l’entrée du monde arabe dans le monde moderne, à la manière de la Turquie". Il explique que les sociétés arabes ont préféré le modèle turc au modèle iranien, qui se présentait aussi à eux, pour entrer dans la modernité.

 

 

Première publication : 25/08/2008

Comments

COMMENTAIRE(S)