Vendredi 05 décembre 2008

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Sarkozy défend sa politique devant les ambassadeurs

Jeudi 28 août 2008

Nicolas Sarkozy a prononcé un discours qui a pris la forme d'un long plaidoyer en faveur de sa politique depuis mai 2007. Il a également défendu sa volonté de rester ferme concernant l'Afghanistan et le Caucase.

Jeudi 28 août 2008

PARIS - Nicolas Sarkozy a plaidé mercredi pour la fermeté en Afghanistan et au Caucase, deux dossiers qui mobilisent le chef de l'Etat français et président en exercice du Conseil européen en cette rentrée diplomatique.

 

Devant les ambassadeurs de France réunis à l'Elysée pour leur XVIe conférence, il a redit que les dix soldats français tués le 18 août dans une embuscade en Afghanistan étaient "tombés au service d'une cause juste" : la lutte contre le terrorisme, pour la liberté et les droits de l'homme.

 

Il a réaffirmé la nécessité d'un engagement sur la durée dans ce pays, où la France a déployé 2.600 soldats aux côtés des Etats-Unis et de 25 pays de l'Union européenne - "On s'engage dans la durée ou alors ce n'est pas la peine de s'engager."

 

Un retrait militaire des Occidentaux serait, selon lui, immanquablement suivi d'un retour au pouvoir en Afghanistan des taliban, alliés de la nébuleuse terroriste islamiste Al Qaïda, et "sans doute" de la déstabilisation du Pakistan voisin.

 

A cinq jours du sommet européen extraordinaire sur la situation au Caucase, Nicolas Sarkozy a par ailleurs invité la Russie à respecter l'intégrité territoriale de la Georgie.

 

Il a jugé "inacceptable" la reconnaissance unilatérale par Moscou de l'indépendance des provinces géorgiennes séparatistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, tout en assurant que personne ne souhaitait "revenir à la Guerre froide".

 

L'issue de ce conflit "déterminera pour longtemps la relation de l'Union européenne avec la Russie", a-t-il déclaré.

 

L'accord de cessez-le-feu conclu le 12 août entre la Russie et la Géorgie sous l'égide de la France "doit être appliqué en totalité", a insisté Nicolas Sarkozy, qui a précisé qu'il le redirait le soir même au président russe Dmitri Medvedev.

 

Pour le reste, Nicolas Sarkozy a surtout prononcé un long plaidoyer pour la politique qu'il mène depuis mai 2007. Il a ainsi estimé que les "choix de rupture" qu'il avait proposés en politique étrangère avaient été "validés".

 

Il a de nouveau justifié le rapprochement avec les Etats-Unis dans une ère de "puissances relatives" caractérisée par l'ascension fulgurante de la Chine et de l'Inde et par le retour en force de la Russie.

 

"Jouer collectif"

 

Il a défendu le repositionnement de la France au Proche-Orient, entre affirmation de son amitié pour Israël et rapprochement avec la Syrie, où il se rend les 3 et 4 septembre.

 

Il a rappelé le rôle de la France dans l'élaboration d'un traité institutionnel de Lisbonne et s'est dit prêt à retourner à Dublin pour convaincre les Irlandais de s'y rallier.

 

Trois ans après le rejet par les Français du projet de Constitution européenne, la France est aujourd'hui "décidée à jouer collectif", a-t-il assuré.

 

Il a défendu sa "nouvelle politique africaine", plus ouverte aux pays non francophones, tout en reconnaissant l'existence en Afrique, notamment parmi les jeunes, d'un "vrai problème de perception" envers l'ancienne puissance coloniale.

 

Mis en cause pour avoir participé à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin malgré la crise du Tibet, il a, là encore, défendu la politique menée depuis un an.

 

S'il a déclaré respecter les militants des droits de l'homme, il leur a demandé "de comprendre qu'un chef d'Etat, qu'un ministre des Affaires étrangères est dans une situation différente, impliquant des modes d'action qui, pour être différents, n'en sont pas moins respectables, d'autant plus qu'ils sont incomparablement plus efficaces".

 

"Il nous faut aborder ces sujets difficiles, y compris celui des minorités, sur un mode qui conduit à des résultats tangibles et positifs et non à une confrontation stérile", a-t-il dit.

 

Enfin, il a proposé une réunion des principaux chefs d'Etat concernés par les négociations commerciales internationales pour sortir celles-ci de leur impasse actuelle.

 

"On protège la France pas simplement aux frontières de la France. On protège la France en lui faisant jouer un rôle majeur dans un cadre européen. On protège la France en la mettant sans ambiguïté dans sa famille occidentale", a résumé Nicolas Sarkozy en guise de conclusion. "On protège la France en étant à la tête d'une diplomatie qui a vocation à l'universel en parlant avec tout le monde dans le monde, sans exclure personne."


 

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