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La justice libanaise inculpe Kadhafi

Dernière modification : 27/08/2008

Un juge libanais a inculpé le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et a émis un mandat d'arrêt à son encontre dans l'affaire de la disparition en Libye, en 1978, de l'imam Moussa Sadr, un des chefs spirituels chiites du pays du Cèdre (photo).

La justice libanaise a inculpé le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et réclame son arrestation pour son rôle présumé dans la disparition de l'imam chiite libanais Moussa Sadr en 1978, selon des documents judiciaires.

Les chiites libanais accusent Tripoli d'avoir enlevé l'imam Sadr et deux de ses collaborateurs au cours d'une visite en Libye il y a trente ans. Les autorités libyennes affirment que Sadr avait quitté le pays en toute sécurité, mais beaucoup pensent qu'il a été tué peu après son enlèvement.

"Nous avons décidé (...) d'accuser Mouammar Kadhafi (...) d'incitation à l'enlèvement et à la privation de liberté de (...) l'imam Moussa al Sadr", indiquent les documents approuvés mardi soir par le juge d'instruction Samih al Hadj.

En vertu de la législation libanaise sur le terrorisme, ces charges sont passibles de la peine de mort.

Une première action en justice contre la Libye avait été classée en 1986, faute de preuves. Mais le procureur général du Liban indiquait en août 2004 qu'il comptait rouvrir l'enquête après l'examen de nouveaux éléments versés au dossier.

Sadr était le fondateur du mouvement chiite Amal, des rangs duquel a émergé ensuite le puissant mouvement de guérilla libanais du Hezbollah.

Avant la guerre civile meurtrière de 1975-90, il s'était fait le défenseur de la communauté chiite défavorisée du pays. Après que le pays eut basculé dans le chaos, il avait prôné la tolérance religieuse tout en cherchant à organiser les chiites.

Né en Iran en 1928, Sadr avait émigré au Liban où il demeure une figure vénérée par l'ensemble des chiites du pays.
 

Première publication : 27/08/2008

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