Mercredi, août 27, 2008 - 16:40
Liste des brèves AFPL'Otan condamne, la France dénonce un "changement unilatéral" des frontières
L'Otan a appelé la Russie à "revenir sur sa décision" de reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, un geste qui continue de susciter la réprobation internationale et qui revient, selon la France, à un "changement unilatéral des frontières" de la Géorgie.
L'Alliance atlantique a condamné "la décision de la Russie de reconnaître les régions géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie", appelant le Kremlin "à revenir sur sa décision".
La Russie "viole ainsi les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU qu'elle a approuvées concernant l'intégrité territoriale de la Géorgie", a estimé l'Otan, engagé dans un bras de fer avec Moscou depuis le début de la crise géorgienne le 7 août, et qui a une nouvelle fois demandé le "respect de l'intégrité territoriale de la Géorgie".
La reconnaissance mardi par la Russie de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud s'était heurtée à un front des pays occidentaux qui, à l'instar de Tbilissi, ont condamné une violation "inacceptable" du droit international.
Mercredi, le président français Nicolas Sarkozy, qui assure la présidence de l'Union Européenne, a accusé Moscou de vouloir procéder ainsi à un "changement unilatéral des frontières" de la Géorgie, (...) ce qui est tout simplement inacceptable".
M. Sarkozy, qui avait, au nom de l'UE, déjà "condamné fermement" mardi l'initiative russe, a appelé la Russie à retirer "sans délai" ses forces militaires "sur les lignes antérieures au déclenchement des hostilités".
Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a également accusé la Russie de s'être placée "hors la loi internationale".
Après l'Ossétie du sud et l'Abkhazie géorgiennes, la Russie pourrait avoir "d'autres objectifs" dont "la Crimée, l'Ukraine, la Moldavie. (...) C'est très dangereux", selon M. Kouchner.
Il a prévenu que "les 27 chefs d'Etat vont évidemment réagir" au sommet européen convoqué lundi à Bruxelles par la France.
La chancelière allemande Angela Merkel, qui s'est entretenue mercredi avec le président russe Dmitri Medvedev, a fait savoir à son interlocuteur que sa décision n'était "pas conforme au droit international".
Mme Merkel a aussi exigé que la Russie "retire ses troupes sur ses positions du 7 août", date précédant la contre-offensive russe.
L'Allemagne a en outre annoncé sa décision d'envoyer en Géorgie un contingent de 15 observateurs militaires dans le cadre de la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Pour le président ukrainien Viktor Iouchtchenko, la décision russe représente "une menace pour la paix" dans toute la région et en Europe.
"Cela bouleverse l'ordre mondial existant (...) et relève d'un changement illégitime de frontières d'Etat", selon M. Iouchtchenko, un pro-occidental qui entretient des relations amicales avec son homologue géorgien Mikheïl Saakachvili.
"Si l'Europe se laisse faire une fois, la Russie recommencera à l'avenir", a affirmé M. Saakachvili dans un entretien au quotidien allemand Bild. Il a appelé le prochain sommet de l'UE à "se prononcer clairement en faveur" de la Géorgie et à ne pas "se laisser faire".
"L'Ukraine pourrait être la prochaine cible des pressions politiques de la Russie, dont la doctrine vis-à-vis de ses voisins semble rappeler la confrontation entre les blocs", a jugé à Helsinki le commissaire européen à l'Elargissement, le Finlandais Olli Rehn.
En visite à Kiev, le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a déclaré qu'il revenait à la Russie de "ne pas entamer" une nouvelle guerre froide, estimant cependant qu'il serait "contre-productif d'isoler" Moscou.
Si la Russie cherche la confrontation, "elle perdra une nouvelle fois", a pronostiqué le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, tandis que la République tchèque a souhaité que l'Europe "s'unisse autour d'un plan clair de reconstruction sur l'ensemble du territoire de la Géorgie incluant l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud".
La Norvège a qualifié cette reconnaissance de "sans aucun fondement juridique", tout en mettant en garde contre ses "conséquences internationales".
"La communauté internationale n'acceptera pas" l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, "cette reconnaissance unilatérale est regrettable", a commenté le gouvernement japonais, disant pourtant ne pas croire à un retour de la guerre froide.
Enfin la Chine, qui entretient des relations étroites avec la Russie mais observait jusqu'à présent un silence prudent, s'est déclarée "préoccupée par les derniers développements en Ossétie du Sud et en Abkhazie".
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L'Otan a appelé la Russie à "revenir sur sa décision" de reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, un geste qui continue de susciter la réprobation internationale et qui revient, selon la France, à un "changement unilatéral des frontières" de la Géorgie.
© 2007 AFP Vano Shlamov
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La chancelière allemande Angela Merkel, qui s'est entretenue mercredi avec le président russe Dmitri Medvedev, a fait savoir à son interlocuteur que sa décision n'était "pas conforme au droit international".
© 2007 AFP Clemens Bilan

