29 août 2008 - 21H54
- Canada

Le Canada vers des élections législatives anticipées
Après l'échec des discussions entre le Premier ministre Stephen Harper (photo) et le chef de l'opposition libérale censées mettre fin aux blocages du Parlement, la convocation d'élections législatives anticipées semble inéluctable.

La convocation d'élections législatives anticipées cette semaine au Canada paraissait désormais certaine, le Premier ministre Stephen Harper et le chef de la principale formation d'opposition n'étant pas parvenus lundi à trouver un terrain d'entente pour les éviter.

"Oui, oui il y aura une élection, nous le savons tous", a déclaré le chef du parti libéral Stéphane Dion, à l'issue d'une rencontre d'une vingtaine de minutes avec M. Harper qu'il a qualifiée de "mascarade".

M. Harper est déterminé à provoquer des élections, car "il ne veut pas que les Canadiens aient le temps de constater qu'il est mal préparé à faire face à la situation économique" difficile, a lancé M. Dion.

Le porte-parole du Premier ministre Kory Teneycke a pour sa part rejeté sur le chef libéral la responsabilité de l'échec de la rencontre et du déclenchement d'élections qui seraient les troisièmes en quatre ans.

"Il n'a pu trouver de terrain d'entente avec le gouvernement", a-t-il dit, en indiquant que M. Harper prendrait dans les prochains jours une décision sur le moment du déclenchement des élections.

Un haut responsable gouvernemental, cité par la Presse Canadienne, a affirmé un peu plus tard que M. Harper effectuerait à la fin de la semaine la démarche formelle consistant à demander à la gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean de dissoudre la chambre, et de fixer au 14 octobre la date des élections.

Le Premier ministre conservateur, qui dirige un gouvernement minoritaire depuis 2006, répétait depuis plusieurs semaines que des élections sont nécessaires, en raison de l'obstruction de l'opposition au parlement qui lie les main du gouvernement, dans un contexte économique incertain.

L'opposition, de son côté, affirme que le parlement fonctionne bien.

Stephen Harper avait demandé à rencontrer les chefs de l'opposition pour voir s'il était possible de trouver avec eux un terrain d'entente. Le gouvernement conservateur a besoin du soutien d'au moins un des trois partis d'opposition pour faire adopter son programme législatif et se maintenir au pouvoir.

Les chefs des deux plus petites formations, le Bloc québécois (indépendantiste) et le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche), sont sortis de leurs entretiens avec M. Harper, vendredi et samedi, en se disant persuadés qu'il avait décidé de provoquer des élections.

L'échec, attendu, de la rencontre avec M. Dion rend inévitable la tenue de ces élections annoncées.

M. Dion a accusé le Premier ministre de violer la loi qu'il a lui-même fait adopter par le parlement et qui prévoit que les élections aient lieu à date fixe.

En vertu de cette loi, les prochaines élections devraient avoir lieu en octobre 2009. Mais le Premier ministre conserve la possibilité de demander à la gouverneure générale de dissoudre la Chambre.

M. Harper a fait valoir à plusieurs reprises que l'opposition était déterminée de toutes façons à faire tomber son gouvernement avant octobre 2009, laissant entendre que dans ces conditions, il préférait fixer lui-même la date du scrutin plutôt que de se la laisser imposer.

Certains commentateurs ont prêté à M. Harper l'intention d'aller aux urnes avant la présidentielle américaine, de peur qu'une victoire du démocrate Barack Obama ait un effet d'entraînement au Canada. L'opposition reproche à M. Harper d'être très proche idéologiquement de George W. Bush.

Le pari de provoquer des élections actuellement n'est cependant pas gagné d'avance pour M. Harper. De récents sondages plaçaient son parti au coude à coude avec les libéraux, tout en indiquant que M. Harper l'emporte sur son rival libéral quand il s'agit de savoir qui ferait le meilleur chef du gouvernement.

 

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