Les onze heures de débat, dimanche, dans l’enceinte du parlement thaïlandais n’auront donc servi à rien. Ou presque. Convoquée par le premier ministre Samak Sundaravej pour faire taire les rumeurs persistantes de démission, la session d’urgence des parlementaires, « dernier recours » pour apaiser la crise après l’échec de son gouvernement, selon lui, n’aura permis qu’à l’opposition de se faire publiquement l’écho de la fronde qui gagne les rues de Bangkok et qui l’exhorte à se retirer.
En vieux « dinosaure » de la scène politique thaïlandaise, Samak Sundaravej, soixante-quatorze ans, a su faire front aux critiques, accusant, très véhément, les manifestants de chercher à « détruire » la démocratie en Thaïlande, insistant sur le fait qu’il ne démissionnerait pas ni ne décréterait l’état d’urgence.
Pour la première fois depuis le début de la crise, des centaines de manifestants pro-gouvernementaux- venus pour la plupart des provinces pauvres du Nord-Est, terreau de l’électorat populiste- se sont massés aux abords du Parlement pour témoigner de leur soutien au premier ministre, surveillés de près par des centaines de policiers anti-émeutes, chargés de contenir tout débordement et surtout d’éviter toute confrontation entre les deux camps qui pourrait conduire à une escalade redoutée par bon nombre d’observateurs. Quelques minutes après la clôture de la session, une bombe de faible intensité a explosé non loin du parlement. Si l’on a pu craindre que l’incident ne mette le feu aux poudres, lundi matin, dans un pays paralysé et sans solution politique, les deux camps rivaux se sont contentés de s’accuser mutuellement d’en être l’instigateur pour provoquer le chaos. Reste que les meneurs de la fronde anti-gouvernementale, n’ont pas attendu la fin de la session parlementaire, pour la qualifier de « mauvaise plaisanterie ». Ils entendent radicaliser leur mouvement ces prochains jours. Deux cents mille ouvriers pourraient les suivre et se mettre en grève, dès mercredi.
















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