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La Russie se félicite d'avoir évité les sanctions de l'UE

Dernière modification : 03/09/2008

La Russie a estimé avoir remporté une victoire après que l'Union européenne s'est abstenue d'imposer des sanctions à Moscou, tout en exprimant son "regret" sur la suspension des négociations portant sur un partenariat stratégique.

Lisez aussi"Réunion des 27 à Bruxelles au sujet de la crise en Géorgie"

  

A lire également, "Sommet extraordinaire : quand l’union fait (vraiment) la force !", une analyse de Caroline de Camaret.
 

La Russie a estimé mardi avoir remporté une victoire après que les dirigeants européens se furent abstenus d'imposer des sanctions à Moscou à la suite de l'occupation partielle du territoire géorgien par des troupes russes.
   
"Dieu merci, le bon sens l'a emporté", a commenté le Premier ministre russe, Vladimir Poutine. "Nous ne voyons aucune conclusion ou proposition extrême et c'est très bien", a-t-il ajouté.
   
L'"essentiel", a observé de son côté le ministère russe des Affaires étrangères, c'est que les pays réclamant des sanctions contre la Russie "se sont retrouvés en minorité".
   
"Une majorité de pays membres de l'UE ont fait preuve d'une approche responsable et ont confirmé une politique de partenariat avec la Russie", a-t-il ajouté dans un communiqué.
   
"En ce qui concerne les conclusions sur les résultats du sommet de l'UE, l'intention de suspendre les négociations sur un nouvel accord de partenariat suscite un regret, même si ces deux dernières années Moscou est habitué aux obstacles artificiels" dans ces négociations, a toutefois déclaré le ministère.
   
Lors d'un sommet extraordinaire lundi à Bruxelles, l'Union européenne a décidé d'ajourner les discussions sur un nouvel accord de partenariat avec Moscou tant que les troupes russes déployées en Géorgie ne seraient pas revenues sur leurs positions antérieures au conflit.
   
Une décision dont s'est félicité mardi le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, la qualifiant de "pas très important".
   
La Russie, pour sa part, déclare que le retrait de ses troupes sur leurs positions antérieures a déjà eu lieu. Elle estime que la présence actuelle de soldats russes dans la zone bordant les républiques séparatistes ne contrevient pas à l'accord de cessez-le-feu en six points négocié par le président français Nicolas Sarkozy.
   
Les leaders européens ont condamné à nouveau "la réaction disproportionnée de la Russie" contre la Géorgie ainsi que la décision "inacceptable" de Moscou de reconnaître l'indépendance des régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud.
   
Le président russe, Dmitri Medvedev, a pour sa part regretté que l'UE n'ait "pas entièrement compris" les motifs de l'offensive russe contre la Géorgie et ceux de la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.
   
"C'est triste, mais ce n'est pas fatal, car tout change dans ce monde", a-t-il estimé, ajoutant qu'un isolement de la Russie était "en réalité impossible".
   
La diplomatie russe souligne par ailleurs qu'elle "ne peut pas accepter nombre d'affirmations (dans la déclaration du sommet) qui sont un parti pris à l'égard de la Russie", ajoutant que le partenariat Russie-UE "ne doit pas être otage des divergences d'opinion sur telle ou telle question".
   
"Notre coopération est mutuellement avantageuse et ses avantages sont tellement importants qu'il serait pour le moins imprudent de la mettre en cause", affirme encore le ministère, ajoutant être prêt à "continuer le dialogue".
   
L'ambassadeur de Russie auprès de l'UE, Vladimir Tchijov, a estimé lundi que les Européens s'infligeaient une "auto-punition" en gelant les négociations avec Moscou.
   
"Nous n'allons pas dramatiser. Nous n'avons pas plus besoin de ces négociations et de ce nouveau traité (de partenariat) que l'UE", a-t-il dit.
   
La presse russe a quant à elle salué mardi un "succès" de la diplomatie russe, accueillant l'ajournement des négociations russo-européennes comme un moindre mal.
   
Pour le politologue Evgueni Volk, de la fondation conservatrice américaine Heritage, la décision de l'UE est purement "symbolique" et "reflète plutôt la dépendance de l'Europe aux ressources énergétiques russes".
   
Les négociations sur un partenariat stratégique avec Moscou, bloquées pendant plusieurs mois en raison d'un embargo imposé par Moscou sur les produits agricoles polonais, ont à peine commencé en juillet et devaient se poursuivre le 15 septembre à Bruxelles.
   
Le nouvel accord de partenariat devait intensifier les liens économiques, en particulier dans le domaine de l'énergie, entre l'UE et la Russie, déjà liées depuis 1997 par un accord.

 

Lisez aussi :  La Russie et la Géorgie d'accord sur un plan de paix, selon Sarkozy

Première publication : 02/09/2008

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