Le Premier ministre thaïlandais, Samak Sundaravej, a déclaré jeudi qu'aucune raison ne justifiait une démission de son gouvernement en butte aux manifestations de l'opposition depuis trois mois.
"Ces gens veulent que le gouvernement démissionne mais comment pourrais-je faire cela alors que le monde entier nous regarde ? Ce serait embarrassant", a déclaré Samak dans une allocution retransmise à la radio.
Il a, en revanche, accepté la démission de son ministre des Affaires étrangères thaïlandais, Tej Bunnag. Ce dernier lui avait présenté, mercredi, sa lettre de démission, créant “le plus gros coup porté au gouvernement qui est déjà en difficulté", selon Nelson Rand, correspondant de France 24 à Bangkok.
Selon un proche de Tej Bunnag, la raison de cette démission serait liée à la santé déclinante de sa femme.
Cyril Payen, également correspondant de France 24 à Bangkok, y voit une autre interprétation. "Tej est accusé de quitter le navire quand il va couler, explique-t-il. Le Premier ministre est la cible de la fronde actuelle. On reproche à Tej Bunnag d’avoir manqué de courage en ne révoquant pas le passeport diplomatique de l’ancien Premier ministre, Thaksin Shinawatra."
La nouvelle de la démission de Tej Bunnag est survenue au lendemain du décret par le Premier ministre de l’état d’urgence à Bangkok. Une décision prise dans le but de réprimer les manifestations grandissantes à l’encontre de son administration.
"Le Premier ministre essaie de persuader Tej Bunnag de ne pas démissionner", explique Nelson Rand. Diplomate de carrière, le ministre des Affaires étrangères avait notamment été désigné pour tenter de régler un conflit frontalier avec le Cambodge au sujet du temple de Preah Vihear -conflit qui avait coûté la place à son prédécesseur. Des négociations, qui ont eu lieu au mois d’août, avaient abouti sur un consensus à ce sujet et avaient été perçues comme une étape positive.
L’Alliance du peuple pour le démocratie (PAD), un mélange d’hommes d’affaires, d’académiciens et d’activistes qui accusent Samak Sundaravej d’être un préposé illégal de l’ancien Premier ministre, Thaksin Shinawatra, ont fait serment de poursuivre leur action jusqu’à la démission du Premier ministre.


















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