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Pour Medvedev, Saakachvili est un "cadavre politique"

Dernière modification : 05/09/2008

"Pour nous, le régime actuel géorgien a fait faillite. Le président Saakachvili n'existe plus pour nous. Il est un 'cadavre politique'", a déclaré Dmitri Medvedev. Tbilissi accuse la Russie de vouloir "renverser" la direction du pays.

Lisez aussi"Réunion des 27 à Bruxelles au sujet de la crise en Géorgie"

  

A lire également, "Sommet extraordinaire : quand l’union fait (vraiment) la force !", une analyse de Caroline de Camaret.
 

Le président russe, Dmitri Medvedev, a déclaré mardi soir dans une interview que la Russie ne considérait plus Mikheïl Saakachvili comme le président géorgien, et Tbilissi a répliqué en accusant M. Medvedev de vouloir "renverser" la direction géorgienne.
   
"Pour nous, le régime actuel géorgien a fait faillite. Le président Saakachvili n'existe plus pour nous. Il est un 'cadavre politique'", a déclaré M. Medvedev dans une interview à la chaîne de télévision italienne RAI.
   
Le président russe répondait à une question sur la participation éventuelle de la Russie à la conférence sur le Caucase prévue en novembre à Rome, à laquelle doit participer M. Saakachvili.
   
Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a confirmé fin août le souhait de l'Italie d'organiser une conférence sur le Caucase "pour une réflexion stratégique" sur les problèmes "politiques, économiques, humanitaires et de sécurité" de la région.
   
C'est la première fois qu'un dirigeant russe tient des propos aussi durs à l'encontre du numéro un géorgien, qui est dans le collimateur de Moscou depuis le début du conflit entre les deux pays.
   
A la mi-août, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait suggéré au président géorgien d'abandonner son mandat. "Monsieur Saakachvili ne peut plus être notre partenaire et ce serait mieux s'il partait", avait-il dit.
   
Les propos de M. Medvedev à la RAI ont aussitôt été fustigés à Tbilissi.
   
"Il est extrêmement regrettable que le dirigeant d'un grand pays utilise des méthodes inacceptables pour un monde civilisé dans ses efforts pour miner le gouvernement légitime géorgien", a déclaré le secrétaire du Conseil de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa.
   
"Le président russe a perdu le contrôle parce que ses efforts en vue de renverser le gouvernement géorgien ont échoué", a dit M. Lomaïa à l'AFP.
   
Par ailleurs, M. Medvedev a appelé les Etats-Unis à "revoir" leurs relations avec Tbilissi et a estimé que l'Otan "perdrait plus" que Moscou à rompre ses relations avec la Russie.
   
Il a souligné que la Russie était prête à parler avec la communauté internationale "de toutes sortes de questions, dont le règlement post-conflictuel dans la région" du Caucase.
   
"Mais nous voudrions que la communauté internationale se rappelle qui a commencé l'agression et qui est responsable de la mort des gens", a ajouté M. Medvedev, en référence à l'offensive militaire lancée le 8 août par la Géorgie dans sa république rebelle d'Ossétie du Sud. L'opération a été contrée par une intervention massive de l'armée russe en territoire géorgien.
   
En outre, le président russe a assuré que Moscou ne craignait pas d'être exclu du G8, réagissant à certaines déclarations appelant à une telle exclusion.
   
"Les appels qui se font entendre, je les explique exclusivement par la technologie électorale américaine pour faire monter une cote de popularité sur fond de conflit", a déclaré M. Medvedev.
   
Le candidat républicain à la Maison Blanche, John McCain, a affirmé dimanche que la Russie était devenue une "autocratie" et qu'il fallait l'exclure du G8, forum qui groupe les huit pays les plus industrialisés du monde (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie).
   
"Nous n'avons peur d'aucune exclusion du G8", a insisté M. Medvedev. De plus, "nous estimons que le G8 actuel n'est pas capable de résoudre les problèmes sans faire appel à d'autres Etats", a-t-il observé.
   
"Mais il ne faut pas se faire d'illusions. Nous avons besoin les uns des autres", a estimé le président russe.


 

Lisez aussi :  La Russie et la Géorgie d'accord sur un plan de paix, selon Sarkozy

Première publication : 03/09/2008

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