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Nicolas Sarkozy face à l’équation syrienne

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 23/10/2008

Après avoir reçu le président Bachar al-Assad à Paris, en juillet, Nicolas Sarkozy est attendu ce mercredi à Damas pour une visite de deux jours. La première d'un chef d'État français en Syrie depuis celle du président Chirac, en 2002.

 

Nicolas Sarkozy est attendu, ce mercredi, à Damas, où il doit rester deux jours. Il s'agit de la première visite d'un chef d'Etat français en Syrie, depuis celle du président Jacques Chirac en 2002. Le numéro 1 français a réaffirmé sa volonté de "poursuivre le dialogue utile" avec le régime de Bachar al-Assad. Cette venue fait suite au rapprochement progressif de la France avec la Syrie, qui s’est matérialisé par la visite du président syrien au mois de juillet à Paris, à l’occasion du sommet pour la Méditerranée.

 

Un rapprochement avec Damas dépend de la politique syrienne au Liban

 

De passage à Damas, le 25 août dernier, pour préparer la visite de Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner a cependant affirmé "que les relations futures entre les deux pays dépendent beaucoup de la nature des relations libano-syriennes". Or jusqu’ici, la France s’est félicitée de la "bonne volonté" de Damas, notamment à l’occasion de l'élection du président libanais, le 25 mai dernier, ou lors de l’annonce de l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays.

 

La demande faite à la France de parrainer, le moment venu, les négociations directes entre la Syrie et Israël a également été jugée très positive par l’Elysée. Pour Bassam Tahan, professeur syrien de géopolitique à l’Ecole pratique des hautes études de Paris, "Nicolas Sarkozy démontre, par cette visite, qu’il est plus gaulliste que son prédécesseur, dans le sens où il s’inscrit davantage dans l’histoire de la politique arabe de la France. Influencé par ses sentiments personnels au lendemain l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, Jacques Chirac a commis une erreur en tournant le dos à Damas, pourtant incontournable au Moyen-Orient. C’est l’analyse qui en a été faite à l’Elysée. Et cette ouverture, insufflée par Nicolas Sarkozy, a fini par réconcilier la population syrienne avec la France."

 
"La Syrie n’a rien à offrir à la France"
 

Depuis, un grain de sable est venu contrarier cette embellie. Lors d’une récente visite à Moscou, le président syrien Bachar al-Assad a apporté son soutien aux opérations militaires russes en Géorgie, allant jusqu’à comparer la situation dans le Caucase avec celle qui lie son pays à son voisin libanais. Une prise de position qui a "étonné" le chef de la diplomatie française.

 

D’après Fréderic Encel, docteur en géopolitique, le soutien syrien à la Russie "complique lourdement la tâche de Nicolas Sarkozy face à ses alliés occidentaux, sceptiques quant à son ouverture vers la Syrie. La France a tout donné à Bachar al-Assad en le réintégrant dans le concert des nations. Pourtant, mises à part quelques avancées éventuelles sur le dossier libanais, la Syrie, qui a, en revanche, besoin des missiles russes, n’a rien à offrir à la France."

 

Inquiétudes à Beyrouth

 

Au Liban, la majorité parlementaire s’inquiète d’un tel rapprochement qui pourrait se faire à son détriment. Et ce, malgré les assurances formulées par Bernard Kouchner à Beyrouth. Selon le politologue libanais Joseph Bahout, "le Liban n’a pas à craindre un réchauffement franco-syrien, puisqu’il n’en tire que des bénéfices depuis les accords de Doha qui ont facilité l’élection de Michel Sleimane à la présidence. Le changement de style syrien était manifeste pendant la visite du président libanais à Damas".  

Première publication : 03/09/2008

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