Jeudi, septembre 4, 2008 - 09:00
Liste des brèves AFPThaïlande: le Premier ministre refuse de partir et pourfend ses adversaires Par Anusak KONGLANG
Le Premier ministre thaïlandais Samak Sundaravej a déclaré jeudi qu'il avait accepté la démission de son ministre des Affaires étrangères mais qu'il ne démissionnerait pas lui-même et qu'il ne dissoudrait pas le Parlement, en dépit de l'aggravation de la crise politique.
Le ministre des Affaires étrangères Tej Bunnag, conseiller du roi devenu chef de la diplomatie thaïlandaise il y a à peine six semaines, avait présenté sa démission mercredi, fragilisant davantage la position du gouvernement, malmené depuis dix jours par des manifestants.
A la radio, M. Samak a confirmé jeudi qu'il avait accepté la démission de M. Tej, diplomate de carrière qui, a-t-il dit, était "sous la pression de nombreuses parties".
"J'ai de la sympathie pour lui car (M. Tej) n'est pas un politicien et je le remercie", a déclaré M. Samak. En dépit de la crise qui risque de durer, Bangkok affirme pouvoir organiser en décembre le sommet annuel de l'Asean (Association des nations d'Asie du Sud-Est).
Jeudi, le Premier ministre est resté ferme face à ses adversaires, qu'il a comparés à une "secte radicale suicidaire".
"Je ne démissionne pas. Je ne dissoudrai pas la chambre (basse du Parlement). Je dois rester pour préserver la démocratie et protéger la monarchie", a-t-il affirmé.
Depuis le 26 août, des milliers de manifestants royalistes sont retranchés à l'intérieur du complexe abritant le siège du gouvernement à Bangkok. Ils exigent la démission de M. Samak, qu'ils accusent d'être une "marionnette" de l'ancien homme fort de la Thaïlande, Thaksin Shinawatra, renversé par un coup d'Etat en 2006 et réfugié en Grande-Bretagne à la suite d'accusations de corruption et d'irrespect envers la monarchie.
Mardi, M. Samak, 73 ans, devenu Premier ministre en février à l'issue des premières élections législatives depuis le putsch, a décrété l'état d'urgence dans la capitale après de violents affrontements entre partisans et adversaires du gouvernement, qui ont fait un mort et 44 blessés.
M. Samak a chargé le chef de l'armée, le général Anupong Paojinda, de rétablir l'ordre mais celui-ci a donné l'impression de ne pas vouloir s'immiscer dans le conflit, prônant "des négociations" plutôt que le recours à la force.
"Pourquoi démissionnerai-je?", a lancé M. Samak à la radio. Il a qualifié "d'illégale" l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD), rassemblement hétéroclite de royalistes, de syndicalistes, d'hommes d'affaires et de représentants des élites traditionnelles de Bangkok, à l'origine du mouvement de contestation.
M. Samak a dénoncé l'occupation de ses bureaux par la PAD. "Notre pays doit disposer de loi et d'ordre. Sinon, c'est l'anarchie".
"La PAD est un groupe illégal qui s'est emparé du siège du gouvernement. Comment peut-on accepter cela?", a demandé le Premier ministre. "Si je démissionne, que se passera-t-il ? La PAD imposera un nouveau régime politique, avec 30% des parlementaires élus. La population est-elle prête à accepter cela?"
La PAD s'est déclarée hostile à toute démocratie populaire qui, selon elle, encourage "la corruption" et "l'achat de voix" lors des élections. En juillet, elle a proposé un nouveau système politique dans lequel 70% des parlementaires seraient nommés, et non élus.
Un peu plus tard, M. Samak a présidé une réunion de son gouvernement au quartier général de l'armée. Le principe d'un référendum pour sortir de la crise a été approuvé, selon un ministre.
Le royaume de Thaïlande, qui a été le théâtre de 18 coups d'Etat depuis 1932, est profondément divisé entre des régions septentrionales et rurales, qui restent favorables à M. Samak et à l'ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, et des régions méridionales plus urbanisées qui leur sont majoritairement hostiles.
Images
Le Premier ministre thaïlandais Samak Sundaravej a déclaré jeudi qu'il avait accepté la démission de son ministre des Affaires étrangères mais qu'il ne démissionnerait pas lui-même et qu'il ne dissoudrait pas le Parlement, en dépit de l'aggravation de la crise politique.
© 2007 AFP Pornchai Kittiwongsakul
Images
Depuis le 26 août, des milliers de manifestants royalistes sont retranchés à l'intérieur du complexe abritant le siège du gouvernement à Bangkok. Ils exigent la démission du Premier ministre qu'ils accusent d'être une "marionnette" de l'ancien homme fort de la Thaïlande, Thaksin Shinawatra, renversé par un coup d'Etat en 2006 et réfugié en Grande-Bretagne à la suite d'accusations de corruption.
© 2007 AFP Saeed Khan

