Vendredi 05 septembre 2008
Par Adeline Percept et Clément Perrouault"L'enquête de Garzon est un immense espoir pour moi. Peut-être le dernier." Manuel Perona, président de l'Association pour la récupération de la mémoire historique en Catalogne, est ému. Cela fait 44 ans qu'il a entamé les recherches sur son oncle, un "disparu" du régime franquiste.
"On sait qu'il a fait la bataille de l'Èbre, la dernière grande offensive des républicains lors de la guerre d'Espagne en 1938. Il avait alors 18 ans, raconte Manuel. Nous avons fini par retrouver une lettre qui explique qu'il a été transporté dans un hôpital. Mais ensuite ? Nous avons perdu sa trace."
Les archives du régime franquiste sont dispersées. Et jusqu'à présent, les milliers de familles qui recherchent un proche ne pouvaient compter que sur le travail bénévole d’associations, les crimes du franquisme étant prescrits depuis une loi d’amnistie décrétée au cours de la transition démocratique, en 1977.
Le juge Baltasar Garzon a décidé de prendre en compte la demande d'enquête envoyée par treize associations. Connu notamment pour avoir lancé plusieurs mandats d’arrêts contre les anciens tortionnaires des dictatures latino-américaines, le magistrat a lancé lundi 1er septembre une demande d'information préliminaire pour des crimes commis durant la guerre civile et la dictature de Francisco Franco.
Ces requêtes, lancées auprès des administrations et de l’Eglise catholique espagnole, exigent la mise à disposition de toutes les informations et archives dont elles disposent sur le sort des disparus.
Jusqu'à ce jour, le nombre exact des personnes tuées par le régime reste difficile à déterminer. Selon Julian Casanova, historien spécialiste du franquisme, "100 000 personnes ont été fusillées pendant la Guerre civile, et 50 000 pendant la dictature. Ceux-là sont recensés, ce qui veut dire que nous sommes sûrs qu'il existe des archives. Ensuite, j'estime à 25 000 le nombre de disparus à proprement parler, c'est-à-dire des personnes pour qui il n'existe pas de registres. Pour eux, nous dépendons de l'histoire orale."
Garzon souhaite établir les circonstances de la mort des dizaines de milliers fusillés : la date de leur exécution et le lieu de leur enterrement. Un travail de titan.
Vive polémique
Dans une Espagne encore très divisée sur son passé, ce coup de poing sur la table alimente une très vive polémique. La Conférence épiscopale s'est déjà déclarée "incompétente" devant la requête du magistrat d’accéder aux archives des 22 827 paroisses espagnoles.
La hiérarchie catholique espagnole n'est pas la seule à faire preuve de résistance. "La meilleure chose de la Constitution de 1978, c'est que nous, Espagnols, nous avons décidé ensemble de nous tourner vers le futur et d'œuvrer à un avenir meilleur. Aussi, je ne suis pas partisan d'une réouverture des blessures du passé, quel que soit celui qui en fait la demande", a ainsi déclaré le leader du Parti Populaire (conservateur), Mariano Rajoy.
Les journaux conservateurs tirent à boulets rouges sur le juge : "On peut déduire de la façon dont est rédigée sa requête que Garzon exclut les assassinats commis par les tenants du régime républicain."
Parmi les nombreux mystères entourant le sort des ennemis de Franco, le juge s’attaque notamment au monument du "Valle de los caidos" où repose la dépouille du généralissime Franco, aux côtés de milliers de républicains (entre 20 000 et 40 000).
Leurs noms, répertoriés dans les archives de l'abbaye, n’ont jamais été livrés à la connaissance du public. "La dernière fois que j'ai voulu accéder aux archives, je n'ai pas donné mon vrai nom, car j'avais déjà essuyé plusieurs refus, raconte l'historien Julian Casanova. Mais les moines m'ont encore claqué la porte au nez. C'est quand même très surprenant de ne pas pouvoir y accéder. Le Valle de los Caidos est classé au Patrimoine national. Leurs archives devraient donc dépendre du ministère de la Culture."
Selon Emilio Silva, président de l'Association pour la récupération de la mémoire historique à Madrid, une partie de la société espagnole commence enfin à affronter son passé. "Depuis 2000, nous avons ouvert des fosses communes, nous avons pu répondre aux interrogations de centaines de familles de victimes. C'est un début, mais un certain nombre d'Espagnols ont pris conscience que l'Etat ou le pouvoir judiciaire devaient agir. On ne confie pas ce qui relève des droits de l'Homme à un groupe de bénévoles."
Cependant, selon Julian Casanova, "il y a des résistances parce qu'il existe toujours une partie de la société liée au franquisme. Ces personnes n'aiment pas qu'on leur rappelle qu'ils ont assassiné. Il y a comme un cordon ombilical entre eux et le régime franquiste qu'on ne peut pas toucher, c'est tabou." Le juge Baltasar Garzon s’est donné deux semaines pour conclure son enquête préliminaire et se lancer, ou non, dans cette longue investigation.
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin


01/11/2008 21:14:37 Signaler un abus
guerre civile espagnole
Par jilo15 - maroc
je suis un marocain mon grand pere et ses freres et cousins ont combatu comme regulares de melilia pour une espagne aujourdhui libre et democratique ..il yen a qui sont mort dans le conflit et dautre qui ont survecu blesse et traumatise a jamais ..
je ne sais pas ou madresser pour retrouver sa sepulture ...en tout cas je metonne quon passe sous silence horible leurs souffrance eux qui ont ete la chair a cannons...et je metonne que le juge posent les republicains pendant la guerre civile en quesquils ont fait a combien de cures? de pauvres soeurs ? de gens? denfants ? de tortures et dassasinat ?
12/09/2008 09:41:19 Signaler un abus
Franquisme
Par Perez - Strasbourg
Il n'y a pas seulement eu les disparitions d'êtres humains,mais aussi les captations de terrains dans les mêmes conditions.
09/09/2008 15:01:59 Signaler un abus
franquisme
Par Alex - France
La cicatrice ne se referme jamais. Autre lieu, autre histoire ! J'ai un grand-oncle, partisan italien, a été gazé au fosse Adréatine à Rome par les Nazis sur le simple fait qu'il était au mauvais endroit, au mauvais moment. Je suis issu de la deuxiéme génération et je ne peux pas me recceuillir sur les lieux, trop douloureux. Je sais combien ça fait mal. La loi d'amnéstie de 1977 promulgé par le Roi Juan Carlos d'Espagne est une mauvaise chose, il faudrait une commission Vérité et Concilliation qui a prouvé leur efficacité en Afrique du Sud, au Libéria et au Cambodge. Quand il y a une plaie ouverte il faut cautérisé, c'est affreusement douloureux. Bon courage aux familles des disparus et au juge Garzon.
08/09/2008 19:51:56 Signaler un abus
franquisme
Par Anonyme - sheffield
@thierry beziers. C'est deja fait et depuis bien longtemps.
Loin de mettre en avant une politque républicaine partisane ces associations veulent bénéficer de la meme reconnaissance que les crimes de guerres des Republicains.
Pour informations depuis 1977, les anciens combattants republicains beneficient d'une retraite pour les annees de guerre au meme titre que les combattants franquistes. Je pense que cette demande va dans le meme état d'esprit de reconcialiation.
PS 1977 a verifier je ne connais plus la date exacte
08/09/2008 17:23:44 Signaler un abus
Le franquisme un moindre mal ?, ne dîtes pas n'importe quoi !
Par Juan Manuel GARCIA - Suisse / Genève
Mon arrière grand-père a été fusillé par les franquistes pour le simple fait d'être adjoint au maire d'un petit village de campagne en Galice sous la république et ne pas aller à la messe tous les dimanches comme lui martelait le curé du village en passant devant sa maison pour aller à l'église. Mes arrières-oncles ont dû fuir le pays pour le simple fait d'être ses fils.
Alors pour ma famille du moins, le franquisme n'était pas un "moindre mal" c'était "Le mal".
La République Espagnole n'était probablement pas parfaite, ni exempte de tout reproche, mais on ne peut pas comparer les dérives isolés de quelques extrémistes avec l'élimination planifiée et organisée par un État Totalitaire de plusieurs milliers de ces citoyens indésirables aux yeux de la dictature franquiste.
Il n'y a que des gens qui n'ont pas connu une dictature (de gauche comme de droite) pour dire des bêtises pareilles.
Jusqu'à nouvel avis et à ma connaissance, la République Espagnole avait été voulue par la majorité des Espagnols de manière démocratique. La dictature franquiste est arrivé par la force avec le soutien notoire de 2 régimes fascistes (l'Allemagne nazie et l'Italie de Mussolini) Est-il utile de rappeler ce qu'on fait ces régîmes de leur côtés ?
Alors, remettons l'église au milieu du village, comme on dit !
Seulement les bourreaux où leurs descendant ont intérêt à que cette enquête n'aboutissent pas, pas ceux qui recherchent la vérité comme le juge Grazón.
Et si après ça, on veux ouvrir une enquête sur les agissements de la République Espagnole, ça ne me ne pas. Se serai même utile !
Si l'on veut réconcilier vraiment les espagnols il faut d'abord connaître et accepter les responsabilités de chacun, seulement après on pourra refermer une plaie jamais cicatrisée jusqu'à aujourd'hui.
08/09/2008 16:18:26 Signaler un abus
franquisme et republique
Par thierry - beziers
Phobie sur le fascisme de droite, ne pas oublier le fascisme de gauche republicain. Qui va recuperer les noms des curés espagnols que l'on jetait dans les arenes et a qui on decoupait les oreilles pour les donner au taureaux ?
07/09/2008 15:53:26 Signaler un abus
franquisme
Par alban88 -
il faut arréter les polémique!!! il ne faut pas oublier que le régime socialistes d'avant la guerre civile a fais des milliers de mort paris les religieux et les conservateur oppossés au régime.