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L'UE se penche sur la cas géorgien à Avignon

Dernière modification : 06/09/2008

Réunis à Avignon, les chefs de la diplomatie de l'UE devraient évoquer la position des troupes russes en Géorgie. Lundi, une rencontre cruciale est prévue entre les présidents russe et français.

Lisez aussi  "Réunion des 27 à Bruxelles au sujet de la crise en Géorgie", ainsi que l'analyse de Caroline de Camaret  "Sommet extraordinaire : quand l’union fait (vraiment) la force !"
 

 

 

Les chefs de la diplomatie européenne tenteront vendredi et samedi à Avignon (France) de consolider leur unité face à Moscou avant une réunion cruciale lundi entre le président français Nicolas Sarkozy et son homologue russe Dmitri Medvedev.

Quatre jours après un sommet européen extraordinaire sur la Géorgie, les ministres devraient insister à leur tour sur le retour des troupes russes à leurs positions antérieures au 7 août, conformément au plan de paix en six points négocié par le président français, président en exercice de l'UE.

Soucieux de maintenir le dialogue avec Moscou, les dirigeants européens ont écarté lundi toute sanction immédiate, gelant simplement les négociations sur un partenariat renforcé UE-Russie tant que cette exigence ne serait pas remplie.

Mais la Russie, peu affectée par cette mesure, assure que le maintien de certaines de ses troupes en Géorgie est conforme au point 5 du plan de paix. Sa position illustre l'ambiguïté d'un texte négocié à la hâte avec les présidents russe et géorgien le 12 août pour obtenir un cessez-le-feu et éviter l'escalade.

Elle augure aussi de pourparlers extrêmement difficiles lundi entre MM. Medvedev et Sarkozy, les deux parties en attendant une clarification qui validera leur interprétation du texte.

Pour préparer le terrain, les ministres devraient discuter des contours d'une mission européenne appelée à se déployer dans les prochaines semaines en Géorgie pour observer le respect du cessez-le-feu. Si le principe d'une "présence européenne" dans la région a été validé au sommet, son efficacité dépendra beaucoup de la coopération des Russes, reconnaissent des diplomates européens.

Le diplomate en chef de l'UE Javier Solana, qui voyagera avec Sarkozy, voudrait en effet que cette mission civile de "quelques centaines" d'hommes se déploie "en plusieurs phases", d'abord sur le territoire géorgien non contesté, pour arriver jusqu'aux zones de sécurité qui jouxtent les régions séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Des zones actuellement patrouillées par les Russes. Un des enjeux des pourparlers de lundi - lors desquels Sarkozy devrait annoncer la tenue d'une conférence internationale sur la stabilité au Caucase - consistera donc à voir dans quelle mesure la mission civile européenne pourrait y accéder.

Les ministres devraient aussi à Avignon "passer en revue tous les aspects" des relations qu'ils ont nouées avec la Russie depuis l'effondrement de l'URSS (politique, énergie, commerce, justice, sciences, culture...), selon un diplomate. L'idée est de voir, au cas où la Russie resterait sur ses positions d'ici le sommet UE-Russie du 14 novembre, dans quel(s) domaine(s) des sanctions pourraient être envisagées.

Les ministres chercheront surtout à ne pas nuire à l'unité affichée au sommet face à une Russie qui oppose souvent depuis 2004 la "Vieille Europe", conciliante envers le Kremlin, à la "Nouvelle Europe" qui se souvient du joug soviétique. Les déclarations sur la Russie seront "risquées" car "les Russes peuvent les utiliser pour opposer les uns aux autres", a reconnu un diplomate.

Pour renforcer l'unité, le ministre français Bernard Kouchner, qui présidera les débats, a invité ses 26 homologues à se rendre à Avignon ensemble en TGV depuis Paris. Seul l'Italien Franco Frattini a décidé de s'y rendre par ses propres moyens, selon une source diplomatique.

Tenus à la prudence sur la Russie avant lundi, les ministres aborderont également d'autres dossiers: leurs premières discussions vendredi après-midi devraient porter sur les relations de l'UE avec les Etats-Unis et de ce que seront leurs priorités lorsqu'une nouvelle équipe arrivera à la Maison Blanche en janvier.




 

Lisez aussi :  La Russie et la Géorgie d'accord sur un plan de paix, selon Sarkozy

Première publication : 05/09/2008

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