Dernière modification : 05/09/2008 

- Chine


La rentrée des enfants sans-papiers chinois
Pour la rentrée des classes en Chine, les enfants de travailleurs immigrés ne peuvent bénéficier d'une scolarité normale. Sans papiers, ils sont contraints de fréquenter des écoles associatives. Une discrimination qui pourrait disparaître.

Pour le petit Zhi Yang, c’est la première journée de classe. Il a 5 ans à peine et ce matin c’est son père qui l’accompagne dans sa nouvelle école. A l’école Xinzhi ne sont scolarisés que les enfants de travailleurs migrants.

 
Le papa de Zhi yang est électricien et déménage au gré des contrats. Il n’a pas de certificat de résidence à Pékin. Un précieux sésame qui seul permettrait d’inscrire son enfant à l’école publique. Ici la scolarité est payante, 10 euros par mois, une petite fortune pour un ouvrier chinois…
 

« Je trouve que les frais de scolarité sont quand même un peu cher ici, explique LIU Hong Bo, électricien. Mais mon fils doit aller à l’école quand même… En tant que parent, même si c’est difficile, je dois quand même le faire ».

On compte plus de 120 millions de travailleurs migrants en Chine et leurs enfants doivent se contenter d’établissements comme celui-ci… Rien qu’à Pékin, il y aurait entre 200 et 300 écoles pour migrants… et la plupart ne sont pas reconnus…

 
« C’est impossible de recevoir une subvention du gouvernement pour financer notre école... Parce que le système n’est pas reconnu… C’est aussi difficile de fonctionner juste avec les frais de scolarité… Car la plupart des familles sont très pauvres », témoigne DU Yu Hong, Directeur de l’école Xinzhi New Citizen School, à France24.

C’est donc avec les dons privés que fonctionne cette école. Les professeurs suivent ici le cursus traditionnel… même si parfois c’est un peu compliqué…

 
« La plupart des enfants ici ne sont jamais allés à l’école maternelle, explique leur institutrice GAO Ling. Et pour eux c’est la première fois qu’ils vont à l’école… Ils ne sont pas habitués… Tout leur paraît étrange… C’est pour ça qu’on voit des enfants qui crient et qui pleurent… Leur comportement en classe n’est pas très bon »

Pour eux c’est avant tout l’apprentissage d’une vie normale… Un premier pas vers l’intégration de ces enfants des soutiers de la croissance chinoise…

 
« Je pense que les professeurs ici s’occupent très bien de nous… Je peux jouer avec mes camarades . Je ne me sens pas toute seule… En plus il y a une bibliothèque ici… Avec toutes sortes de livres avec lesquels on peut apprendre plein de choses », explique FAN Ying Yuan, une élève de 9 ans.

Le gouvernement envisage maintenant de permettre à ces enfants de migrants d’accéder à l’enseignement public. Ce serait alors la dernière rentrée des classes à l’école de Xinzhi, et la fin d’une discrimination. On estime qu’entre 10 et 15% des travailleurs migrants ne sont jamais allés à l’école

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