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Le controversé Zardari à la tête du Pakistan

Dernière modification : 09/09/2008

Asif Ali Zardari, veuf de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto, a été élu samedi président du Pakistan. Le jour même, un attentat a fait 33 morts. Le pays n'est pas acquis à son nouveau président, connu pour des affaires de corruptions.

Lisez le portrait de Asif Ali Zardari

 

 

C’est toujours une bonne nouvelle, en particulier au Pakistan, lorsqu’un chef d’Etat est élu démocratiquement.
C’est le cas pour l’élection au suffrage indirect d’Ali Zardari, qui succède au général Musharraf comme président du Pakistan. Le veuf de Benazir Bhutto a non seulement réussi à lui succéder à la tête du Parti du Peuple Pakistanais (PPP) après son assassinat, mais il a réussi en février à faire gagner son parti aux élections législatives. Pour un novice de la politique, ce n’était pas si mal. Il en récolte aujourd’hui les fruits.


C’est une moins bonne nouvelle que le nouveau président soit élu dans l’indifférence, pour ne pas dire l’hostilité générale. Son passé trouble, ses années de prison pour soupçons de corruption (même s’il n’a jamais été condamné), ne l’ont pas empêché de se faire élire par les parlementaires, mais il paraît peu probable qu’il déclenche le moindre élan populaire.

 
Comme son prédécesseur Musharraf, Zardari est considéré comme étant proche des Américains. Ce qu’il devra concilier avec une opinion publique pakistanaise très largement anti-américaine. Et le vrai test concerne son attitude à l’égard des provinces tribales du nord de son pays, qui sont en état de quasi sécession.

 

Va-t-il aider les Américains à combattre Al-Qaïda et les Taliban dans ces régions ? Depuis longtemps le pouvoir pakistanais est soupçonné de mollesse, si ce n’est de compréhension à l’égard des Taliban. C’est toute l’inconnue de l’équation pakistanaise qui déterminera le succès ou l’échec des forces internationales en Afghanistan, et les risques de voir un jour les extrémistes disposer de l’arme nucléaire pakistanaise.


Les débuts de la présidence Zardari dépendront de l’évolution des combats dans les provinces tribales, mais il est clair que l’évolution de ces combats dépendra largement aussi de l’attitude du nouveau pouvoir central à Islamabad.

Première publication : 06/09/2008

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