Samedi, septembre 6, 2008 - 06:40
Liste des brèves AFPPakistan: vers une élection du veuf de Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari, à la présidence
Les élus du Parlement et des quatre assemblées provinciales ont commencé samedi à voter pour élire le nouveau président du Pakistan, qui sera très probablement Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto.
"Que le scrutin commence", a lancé le chef de la Commission nationale électorale, Qazi Mohammad Farooq, aux sénateurs et députés rassemblés au Parlement à Islamabad.
Au même moment, le scrutin a également été ouvert dans les assemblées du Pendjab (centre-est), du Sind (sud-est), du Baloutchistan (sud-ouest) et de la Province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP).
Les résultats devraient être annoncés dans l'après-midi.
Ce scrutin se déroule 20 jours après la démission du chef de l'Etat Pervez Musharraf, poussé vers la sortie par la nouvelle coalition au pouvoir, issue des législatives du 18 février, et emmenée par le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) dirigé par M. Zardari depuis l'assassinat, le 27 décembre 2007 dans un attentat suicide de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto, alors leader de l'opposition.
M. Zardari, encore largement appelé par son sobriquet "M. 10%", demeure un symbole de la corruption au sommet du pouvoir dans les années 90, quand son épouse dirigeait le pays, et est impopulaire parmi les 168 millions d'habitants de la République Islamique du Pakistan, la seule puissance militaire nucléaire du monde musulman, mais il a été désigné candidat par le PPP.
Et ce, même si la justice a abandonné une partie des poursuites contre cet homme qui a passé 11 années en prison jusqu'en 2004 pour corruption et assassinat et s'il a été amnistié pour le reste des accusations il y a un an par le président Musharraf, qui négociait avec Mme Bhutto un accord de partage du pouvoir.
Les deux autres candidats, le magistrat Saeed-uz-Zaman Siddiqui et Mushahid Hussain, un proche de M. Musharraf, ne devraient recueillir que les quelques voix de leurs camps, la coalition qui rassemble le PPP et quelques petits partis disposant d'une confortable majorité au Parlement et dans trois des quatre assemblées provinciales.
Ce scrutin intervient alors que le Pakistan, allié-clé des Etats-Unis dans leur "guerre contre le terrorisme", est confronté à une vague sans précédent d'attentats suicide perpétrés par les islamistes proches d'Al-Qaïda que l'armée combat dans le nord-ouest, à une terrible crise économique, et où la coalition au pouvoir est extrêmement fragile, le PPP étant à la merci de petits partis aux intérêts très divergents.


