Dimanche, septembre 7, 2008 - 16:20
Liste des brèves AFPAllemagne: Steinmeier affrontera Merkel aux élections de 2009
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, 52 ans, a annoncé dimanche qu'il serait le candidat du parti social-démocrate (SPD) pour affronter la chancelière conservatrice Angela Merkel aux élections de l'automne 2009.
"Je suis prêt à conduire le SPD en tant que chef de file dans ces élections", a-t-il dit au cours d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion de la direction du parti à Werder, près de Berlin.
Le numéro deux du gouvernement a ajouté qu'il allait assurer à titre provisoire la direction du SPD, en remplacement de Kurt Beck, jusqu'à l'élection "aussi vite que possible" d'un nouveau président, qui devrait être l'ancien vice-chancelier Franz Müntefering.
Ce juriste de 52 ans qui n'a jamais affronté directement le suffrage universel a accepté d'être le candidat d'un parti en chute libre dans les sondages face à une chancelière puissante et au sommet de sa popularité, ont indiqué des membres de la direction du parti.
Chef de de la diplomatie depuis fin 2005, vice-chancelier depuis fin 2007 dans le gouvernement de coalition avec la CDU-CSU de Mme Merkel, M. Steinmeier a longtemps travaillé dans l'ombre de Gerhard Schröder, chancelier de 1998 à 2005, dont il n'a ni le charisme ni les qualités d'orateur.
Travailleur acharné, fin diplomate, il est un des artisans des réformes économiques de M. Schröder, "l'agenda 2010", qui ont permis une baisse spectaculaire du chômage en Allemagne mais sont honnies par l'aile gauche du parti. Avec 67% d'opinions favorables (selon un sondage DIMAP publié jeudi dernier), il reste cependant le plus populaire des dirigeants du SPD, loin devant son président Kurt Beck, qui plafonne à 21% d'opinions satisfaites.
Le SPD s'est tourné vers cet homme politique atypique, encore pratiquement inconnu du grand public il y a trois ans, après avoir vu sa cote de popularité dégringoler sous la direction de Kurt Beck.
Le SPD ne recueille plus en effet que 26% des intentions de vote, contre 36% pour les Unions chrétiennes de Mme Merkel. Les deux camps étaient à peu près à égalité il y a trois ans.
Le chef du parti avait donné un coup de barre à gauche à l'automne dernier, fâchant les tenants des réformes économiques d'inspiration libérale sans contenter la base qui réclame un retour à l'Etat-providence. De plus en plus impopulaire, sous pression depuis des mois, M. Beck a renoncé à briguer la désignation à la candidature.
D'après son entourage, M. Steinmeier a exigé avant d'accepter le redoutable honneur que lui fait son parti, de pouvoir décider des thèmes de campagne pour les élections de septembre 2009. Ceux-ci pourraient être présentés dès dimanche.
Mme Merkel a déjà réagi à la candidature annoncée de M. Steinmeier, dans une interview diffusée dimanche, en déclarant n'avoir pas d'inquiétude quant à la poursuite de la "grande coalition" pour un an encore. Cette candidature ne changera rien aux "bases de la coopération" entre les deux grands partis, a-t-elle affirmé à la radio Deutschlandfunk.
Mais tous les observateurs ne partagent pas cet optimisme. La rivalité électorale qui se dessine entre la numéro un et le numéro deux du gouvernement va rendre "encore plus glaciale" l'ambiance au sein de la grande coalition, a ainsi estimé dans le journal dominical Bild am Sonntag le politologue Jürgen Walter.
D'autres hommes politiques conservateurs préviennent M. Steinmeier de ne pas négliger ses fonctions de ministre des Affaires étrangères pendant la campagne électorale.
Mais celui-ci peut déjà se targuer d'un précédent. Willy Brandt, ministre social-démocrate des Affaires étrangères de 1966 à 1969 dans un gouvernement de "grande coalition" dirigé par la droite, avait ensuite mené le SPD à la victoire lors des élections de 1969, puis gouverné le pays pendant cinq ans.
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Mme Merkel a déjà réagi à la candidature annoncée de M. Steinmeier, dans une interview diffusée dimanche, en déclarant n'avoir pas d'inquiétude quant à la poursuite de la "grande coalition" pour un an encore. Cette candidature ne changera rien aux "bases de la coopération" entre les deux grands partis, a-t-elle affirmé à la radio Deutschlandfunk.
© 2007 AFP Clemens Bilan

