Ramadan - Télévision
Pendant le ramadan, les Arabes dévorent les séries télé
Lundi 08 septembre 2008
Mois de jeûne pour les musulmans, le ramadan est aussi le rendez-vous attendu des amateurs de séries télévisées arabes du monde entier. Les chaînes multiplient leur offre en la matière, et il y en a pour tous les goûts.
Lundi 08 septembre 2008
Par Amara MAKHOUL (texte)Outre le mois sacré pour les musulmans, le ramadan est synonyme de rentrée télévisée pour les Arabes du monde entier.
Pendant tout le mois de jeûne, les journées sont rythmées par les séries télévisées "mosalsalat" diffusées en grand nombre sur les chaînes satellitaires.
Jusqu'en 2000, les séries égyptiennes avaient un quasi monopole sur le marché de la fiction télévisée arabe. Aujourd'hui, les séries syriennes grignotent peu à peu ce monopole, rejointes par celles des pays du Golfe.
Cette année, par exemple, les téléspectateurs suivent avec plaisir le troisième volet de "Bab el-Hara" [La porte du quartier], qu’ils ont attendu un an avec impatience et dont les deux premières parties ont connu un succès phénoménal dans tout le Moyen-Orient. Cette série syrienne relate le quotidien d’un quartier damascène dans les années 40. D’ores et déjà des objets dérivés de la série sont en vente. Au Liban et en Syrie, où c’est la rentrée des classes, les écoliers achètent des cahiers et des stylos à l’effigie des héros de la série.
Une tradition qui remonte au "hakawati", le conteur
Pour Brahim al-Ariss, critique cinéma au quotidien arabe "al Hayat", regarder les séries lors du ramadan est une habitude héritée de la tradition du "hakawati". Bien connu des plus âgés, le "hakawati" est un conteur qui, au Moyen-Orient, racontait chaque soir un peu d’une histoire ou d’une légende aux gens du quartier réunis autour de lui.
Auparavant, on sortait pour se distraire après la rupture du jeûne. Mais aujourd’hui on a perdu cette habitude, surtout au sein des classes moyennes. Dans la plupart des pays arabes, la baisse du pouvoir d’achat incite les gens à rester chez eux. Tandis qu’en Irak ou dans les Territoires palestiniens, c’est les questions de sécurité qui obligent les familles à ne pas sortir. "Les familles se réunissent pour l’iftar [rupture du jeûne] et restent ensemble à la maison. Et le divertissement, c’est la télévision", explique Brahim al-Ariss.
Pendant le ramadan, musulmans -et même chrétiens- regardent beaucoup plus les séries. La raison en est simple, les chaînes satellitaires arabes misent lourdement sur les séries : alors que pendant l’année, on en trouve une ou deux uniquement par jour, pendant le ramadan, on en trouve jusqu’à une dizaine.
Les chaînes veulent proposer une offre très large pour répondre à toutes les demandes. Et il y en a en effet pour tous les goûts. A côté des séries historiques dans lesquels s’illustre l’industrie syrienne, on trouve des drames sociaux qui évoquent des problèmes actuels des sociétés arabes. "Laissa Saraban" [Ce n’est pas un mirage] évoque un sujet des plus sensibles dans la société arabe, celui d’une histoire d’amour entre chrétiens et musulmans.
On trouve également des séries qui relatent la vie d’un personnage illustre de la culture arabe, comme celle consacrée à la vie du célèbre chanteur et acteur égyptien Abd el Halim Hafez, diffusé il y a deux ans lors du ramadan.
Un trait d’union avec le pays d’origine
Du monde entier on peut suivre le feuilleton de son choix puisque les chaînes ont pris soin de prévoir des rediffusions correspondant approximativement aux différents fuseaux horaires de la planète.
Ainsi, plus qu’une distraction typique du mois du ramadan, pour de nombreux arabes expatriés, les séries télévisées constituent aussi un lien privilégié avec leurs pays d’origine.
Selon Brahim al-Ariss, c’est la communauté égyptienne qui montre le plus grand attachement à sa patrie à travers sa fidélité à la production télévisuelle nationale.
C’est ce qu’explique Ola Osman. Cette mère de famille franco-égyptienne est particulièrement attachée aux productions télévisées de son pays d’origine. Vivant en France depuis plus de vingt ans, elle ne retourne en Egypte que pour les vacances. "Je ne vois que la microsociété que je côtoie, je ne me rends compte de rien", regrette-t-elle. Ajoutant : "grâce aux "mosalsalat", je vois ce qui se passe, l’évolution de la société. C’est le reflet de la société actuelle."
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin


08/11/2008 10:19:24 Signaler un abus
alors la stop
Par farouk 7 - tunis ''bardo"
sincérement bab al hara est le meilleur
17/10/2008 00:36:55 Signaler un abus
bravo
Par Kevin - Nîmes
merci pour cet article, je passionné par le Moyen-Orient, et grâce à cet article, je découvre un côté original de cette société si particulière...merci
24/09/2008 12:47:18 Signaler un abus
avis
Par Dima - France strasbourg
j'adore ce film surtout un des acteurs!!!!!
17/09/2008 20:24:38 Signaler un abus
Bab El Hara est le meilleur.
Par Elkhou -
je dis à ceux qui appelle à des série plus modernes que bab el hara est une série qui parle des principes de notre société, principe qui normalement devraient rester figés et ne changent pas avec le temps, dignité respect des moeurs de l'islam, lutte et résistance contre les nevahisseurs, amour de la patrie, lutte contre les traitres qui facilitent la pénétration des colonisateurs, respect des voisins, ces principes qui ne font qe se répéter avec le temps, et aujourdhui n'est que l'image d'hier, pour la tunisienne, je lui dis que ton pays est un pays qui s'est detaché depusi longtemp de l'islam et s'est tourné aveuglement vers l'occident, preuve que vous ne jeûnez pas tous, donc on a besoin de quelque chose qui nous rappelle nos principes pour une renaissance et non pas des série qui ne font qu'agraver ,nos problèmes en n'évoquant que la misère et les catastrophes sociales ne poussant qu'au pessimisme.
17/09/2008 12:40:40 Signaler un abus
Bab El Hara
Par Anonyme -
ben si moi je suis jeunne et pourtant j'aime bien regarder la série Bab El Hara
12/09/2008 18:06:56 Signaler un abus
t2_khadija@otmail.com
Par Anonyme - casa
ce n'est pas vrai à 100. par exemple au maroc . la majorite suit les sitecomms et le feuilletons marocains.
10/09/2008 13:46:44 Signaler un abus
SERIES OPIUM.....
Par Réalissimo - Algérie
Ce qui me désole dans ces séries, c'est les thématiques abordées, et nonobstant quelques séries au contenu intéressant , la plupart des autres séries sont abrutissantes et relèguent les téléspectateurs dans des rêves euphorisants et utopiques afin que leurs dirigeants obtiennent la paix sociale , ainsi les séries télés jouent le rôle d'opium pour annihiler toute contestation.....
09/09/2008 16:10:29 Signaler un abus
tour d'horizon
Par sana bouagila - tunisie
Bon article.Cependant j'aimerais réagir sur le fait que les feuilletons syriens et égyptiens ne monopolisent pas toutes les soirées ramadanesques .Car bien que Bab El Hara connait un succès fulgurant,il est important de préciser que ce genre de feuilletons n'intéresse pas vraiment la jeunesse arabe désireuse de voir des programmes reflétant plus leur réalité et leur esprit modernes.En tant que tunisienne,je citerais à titre d'exemple un feuilleton tunisien appelé Maktoub(destin) et qui traite plusieurs sujets sociaux et ce sans tabou,en reflétant la véritable image des tunisiens voir arabes et ce à travers les destins croisés de cinq jeunes tunisiens issus de classes différentes.Choufli Hal (trouve moi une solution)aussi rencontre le même succès que les deux années précédentes ,cette Sitcom tunisienne pleine d'humour,de fine critique attire des millions de tunisiens chaque soir à travers le monde d'ailleurs à ce propos même''le monde '' en a parlé.Je pense qu'il est plus juste de faire un petit tour d'horizons des écrans du monde arabe..salutations