- Aéronautique - Airbus - EADS
Les syndicats du groupe aéronautique européen Airbus se sont déclarés "inquiets" de l'internationalisation croissante vers la zone dollar ou à bas coûts annoncée mardi par la direction au comité de groupe européen, à l'issue de cette réunion à Toulouse.
"Tous les salariés, français, allemands, espagnols, anglais se sont interrogés sur leur avenir, même si on dit qu'il n'y aura pas de suppressions de postes, pas d'augmentation du temps de travail", a déclaré Marina Linsky (CFTC).
"Certes, on ne vas pas supprimer d'emploi dans les cinq ans, en raison du carnet de commandes, mais on ne créera pas d'emploi en Europe alors qu'il faudrait embaucher massivement. Que fera-t-on lorsqu'il y aura un retournement de cycle?", a demandé Christian Meloni (CGT).
Le constructeur a annoncé mardi un plan d'économies supplémentaires Power 8+ de 650 millions d'euros chez Airbus d'ici à 2012, dont 300 millions seraient réalisés grâce à "l'internationalisation accrue du travail de construction et d'ingénierie".
"On nous a fait faire le tour du monde sans bouger de notre chaise en nous parlant de développer les centres d'ingénierie en Inde, en Russie, en Chine, aux USA... à hauteur totale de 1.800 personnes", a estimé Mme Linsky.
"On va donner à nos partenaires une pelle pour nous enterrer", a-t-elle déclaré, ajoutant que "le plus grand danger, c'est le risque de concurrence chinoise".
"C'est bien une délocalisation de charges de travail et de savoir-faire", a déclaré M. Meloni. "Ces charges de travail ne reviendront jamais", a déclaré de son côté la représentante de la CFE-CGC, Françoise Vallin.
La CGT a réaffirmé "son opposition à la filialisation d'usines, en Allemagne comme en France". "On va mettre en concurrence les filiales entre elles et avec les géants du secteur, comme l'américain Spirit ou le japonais Kawasaki", a estimé M. Meloni.
Au nom de Force Ouvrière, premier syndicat d'Airbus, le secrétaire général Jean-Claude Mailly, en visite à Toulouse, a souligné que son organisation ferait "tout pour que les filiales industrielles restent 100% EADS".
Il a mis en garde contre les dangers de "l'externalisation". "Boeing a joué à fond la carte de l'externalisation et je constate que les salariés sont en grève. A force de sous-traiter partout, on perd de la qualité", a-t-il dit.
Le co-président français du comité européen Airbus, Jean-François Knepper (FO), a redouté que "l'externalisation accrue du travail demandée à la nouvelle filiale Aerolia ne profite pas aux fournisseurs picards ou nantais car la filiale va reprendre le projet de sous-filiale tunisienne de Latécoère".
La CFE-CGC a aussi estimé que l'internationalisation "fait peser une pression forte sur le tissu industriel local: il ne faudrait pas, plan après plan, le dégrader davantage, en lui opposant des concurrents à bas coût, déjà sur la fabrication et maintenant sur l'engineering".


























Commentaires (1)
Quelle tristesse ...
le gros problème chez les grand penseurs / dirigeants de grands groupes :
C'est qu'ils ne calculent qu'a court terme.
ils n'ont absolument rien a faire de l'heritage et des efforts fournis par les anciens qui ont crée Aerospatiale et Airbus (pour la plupart disparus ou retraités) .
Leur but est de remplir leurs poches le plus vite possible et fuir ...
Alors que les anciens ont fait tout ça pour léguer aux generations suivantes un savoir faire et surtout une fierté , il est triste de voir se mettre en place cette logique de démentellement.
La plus grosse erreur est le transfert des technologies vers des pays experts en ingénierie inverse ...
Le transfert en zone dollar a été l'argument des précédents mois pour cause de Dollar US Faible.
On fera quoi quand l' Euro passera sous le Dollar ? on ré-importera notre savoir faire disparu ?
Combien de temps reste-il avant de saborder le navire ? 5 , 10 ou 15ans ??
plus que triste ; Lamentable !
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