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Washington riposte à l'expulsion de son ambassadeur

Dernière modification : 13/09/2008

Passe d'armes diplomatique entre les États-Unis et le Venezuela : en représailles à l'expulsion de l'ambassadeur américain à Caracas, le département d'Etat a annoncé le renvoi imminent du représentant vénézuelien à Washington.

Le département d'Etat américain a annoncé vendredi qu'il avait signifié à l'ambassadeur du Venezuela aux Etats-Unis qu'il serait "expulsé" en représailles à l'expulsion de son homologue américain à Caracas.

"Nous avons informé l'ambassadeur vénézuélien aux Etats-Unis qu'il serait expulsé et qu'il devrait quitter les Etats-Unis", a déclaré à la presse le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack.

Hier, le Venezuela a décidé de mettre un terme aux relations diplomatiques avec les Etats-Unis. Comme l'avait fait la Bolivie, le 10 septembre dernier.

"Allez au diable, Yankees de merde", a lancé, jeudi, le président vénézuélien Hugo Chavez en annonçant l’expulsion, dans les trois jours, de l’ambassadeur américain au Venezuela. Ces paroles donnent le ton de la crise.

Imitant son voisin et allié bolivien, qui a déclaré, la veille, l’ambassadeur américain en Bolivie "persona non grata", Hugo Chavez affirme son soutien au gouvernement d’Evo Morales.

"Si l’oligarchie et les laquais yankees directement dirigés et financés par l’empire [américain] renversent un gouvernement, nous aurons le feu vert pour lancer n’importe quelle opération nécessaire pour rendre le pouvoir au peuple", a-t-il également déclaré, invitant par ailleurs Washington à expulser l’ambassadeur vénézuélien aux Etats-Unis.

Le Venezuela engage un nouveau bras de fer avec les Etats-Unis. Lundi, dans un contexte international tendu provoqué par la crise géorgienne, la marine russe avait annoncé des manœuvres conjointes avec le Venezuela dans la mer des Caraïbes, zone d’influence américaine.

Deux jours plus tard, Hugo Chavez annonçait l’arrivée de deux bombardiers russes sur son territoire pour des "vols d’entraînement".

 

"Pendant 15 ans, les Etats-Unis ont opéré une redéfinition des rapports internationaux, aux dépens de la Russie, explique à FRANCE 24 Jean-Jacques Kourliandsky, spécialiste de l’Amérique latine à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). La Russie veut à présent signifier que la phase du recul est terminée, qu’il faut marquer un point d’arrêt à l’élargissement de l’Otan. Elle dit aux Etats-Unis : ‘Vous vous montrez pressants à nos frontières. Nous pouvons faire de même’", poursuit le chercheur, évoquant des "gesticulations militaires et diplomatiques".

 

 

La crise politique en Bolivie s’étend

 

 

A l’origine de la crise diplomatique entre les deux pays d’Amérique latine et les Etat-Unis : les troubles politiques en Bolivie. Accusé d’attiser les revendications autonomistes des cinq provinces les plus riches du pays, l’ambassadeur américain à La Paz, Philip Goldberg, a été sommé, le 10 septembre, de quitter le pays dans les 72 heures.

"L'ambassadeur des Etats-Unis conspire contre la démocratie et veut l'éclatement de la Bolivie", a affirmé Evo Morales avant de déclarer Philip Goldberg "persona non grata".

En guise de réponse, les Etats-Unis ont aussitôt signifié l’expulsion de Gustavo Guzman, ambassadeur bolivien à Washington.

"La thèse du complot est difficile à prouver. Ce qui est certain, c’est que les Etats-Unis ne considèrent pas le gouvernement bolivien comme un allié", commente Jean-Jacques Kourliandsky.

"La Bolivie, comme le Venezuela, fait face à des difficultés internes compliquées à résoudre. Les deux pays sont à la recherche d’un adversaire extérieur qui pourrait être utilisé à des fins de politique interne", ajoute-t-il.

Depuis quatre jours, des manifestations et des heurts secouent la Bolivie. Dans la province de Santa Cruz, des opposants au gouvernement se sont emparés d’installations liées au pouvoir central : bureaux des impôts, Institut de la réforme agraire, bâtiments des douanes, petits aéroports…

Jeudi 11 septembre, au cours d’affrontements entre partisans du président Evo Morales et opposants libéraux, au moins huit personnes sont mortes dans le Pando, une province du nord du pays.

"Je ne vois pas comment cela peut s’arrêter, il s’agit de groupuscules et de commandos très organisés […] Ces prises d’institutions publiques n’ont rien de mobilisations populaires", explique à l’AFP Franck Poupeau, sociologue à l’Institut français d’études andines de La Paz.

Jean-Jacques Kourliandsky, que la situation en Bolivie n’inquiète pas outre mesure, estime au contraire que le conflit "n’ira pas, jusqu’à la guerre civile". Puis il poursuit : "Depuis son indépendance en 1825, la Bolivie a connu 175 coups d’Etat. Elle est dans l’instabilité permanente et, jusqu’à présent, les contradictions peuvent aller jusqu’à des manifestations violentes, mais pas au-delà".

Ce n’est pas la première fois que des heurts opposent pro et anti-gouvernement, dans ce pays où les deux camps ont cessé tout dialogue. Le président bolivien, anti-libéral convaincu, est confronté depuis plusieurs mois à la fronde de cinq des neuf gouverneurs provinciaux du pays.

Ces derniers souhaitent récupérer une partie de l’impôt direct sur les hydrocarbures, autrefois versée aux provinces, et depuis peu récupéré par le pouvoir central pour financer une allocation aux personnes âgées.


Le projet de Constitution attise la colère


Farouchement opposés au projet de Constitution du président Evo Morales, qualifié "d’étatiste et d’indigéniste", les cinq provinces ont déclaré unilatéralement leur autonomie. Le texte, soumis à un référendum dont la date doit encore être fixée par le Congrès, accorde aux peuples indigènes le droit, notamment, de "se gouverner eux-mêmes."

Un projet de réforme agraire attise, d’autre part, la colère des libéraux. Dans le collimateur du gouvernement : les grands propriétaires d'exploitations agricoles, installés pour la plupart dans la province de Santa Cruz, la plus riche de Bolivie. Le texte prévoit de fixer la taille maximale des propriétés privées à 5 000 ou 10 000 hectares.

Encouragé par son score de 67,4 % au référendum révocatoire du 10 août, Evo Morales avait tenté de précipiter l’adoption de son projet de Constitution. C’était compter sans quatre des cinq gouverneurs régionaux autonomistes, eux-aussi largement confortés dans leur mandat par ce même référendum.

La date du vote sur la Constitution, initialement fixée par décret au 7 décembre prochain, avait été annulée par la Cour électorale nationale. Et c’est à présent au Congrès de convoquer le référendum. La Cour électorale a également accepté de vérifier la fiabilité des listes électorales, mises en doute par l’opposition.

Première publication : 12/09/2008

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