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La crise diplomatique s'étend au Honduras

Dernière modification : 13/09/2008

Après le le Venezuela, le Honduras marque son soutien à la Bolivie qui a expulsé l'ambassadeur américain à La Paz, en "ajournant" l'accréditation du nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Tegucigalpa.

Le président du Honduras, Manuel Zelaya, a annoncé vendredi que son gouvernement "ajournait" la réception des lettres de créance du nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Tegucigalpa, Hugo Llorens, prévue dans l'après-midi, en signe de solidarité avec la Bolivie qui a expulsé le représentant américain à La Paz.
   
"Cette mesure d'ajournement (...) est prise en attendant l'établissement d'un dialogue avec son ambassade", a déclaré le président Zelaya lors d'un point de presse improvisé, au cours d'une visite dans le nord-est du pays.
   
Le Honduras entend ainsi, a-t-il ajouté, "être solidaire du problème que rencontre aujourd'hui la Bolivie".
   
En 48 heures, jeudi et vendredi, la Bolivie et le Venezuela ont expulsé les ambassadeurs des Etats-Unis dans leur capitale et les Etats-Unis ont répliqué par des mesures réciproques à l'encontre des ambassadeurs des deux pays à Washington.
   
L'ajournement des lettres de créance de l'ambassadeur Llorens a été décidé "pour qu'on recherche une solution au problème de la Bolivie, afin d'établir la paix et la tranquilité dont le peuple bolivien a tant besoin", a-t-il encore déclaré.
   
"Pas besoin de simagrées quant à la signification réelle de notre action, qui est d'établir une solidarité avec le peuple bolivien et de faire savoir que nous respectons l'autodétermination des peuples et la non-ingérence dans les affaires intérieures de nos pays", a-t-il insisté.
   
M. Llorens doit succéder à l'ambassadeur Charles Ford, avec qui le président Zelaya avait eu des relations parfois rugueuses.
   
Le 25 août, M. Zelaya, pourtant issu du Parti libéral (PL, conservateur), a signé l'adhésion du Honduras à l'Alternative bolivarienne des Amériques (Alba), fondée par le président Chavez, malgré l'hostilité du patronat et d'une grande partie des forces politiques du pays.
   
Jeudi, le président bolivien Evo Morales avait déclaré persona non grata l'ambassadeur des Etats-Unis à La Paz, Philip Goldberg, en l'accusant d'encourager le séparatisme dans le pays où les gouverneurs de cinq des neuf départements rejettent le projet de nouvelle Constitution qu'il entend faire approuver par un référendum populaire.
   
Washington a répliqué le lendemain en expulsant l'ambassadeur de Bolivie à Washington, Gustavo Guzman.
   
Quelques heures plus tard, le président vénézuélien Hugo Chavez, qui se veut le chef de file de la gauche radicale latino-américaine, a expulsé à son tour l'ambassadeur des Etats-Unis à Caracas, Patrick Duddy, "en solidarité avec la Bolivie".
   
M. Chavez a également affirmé avoir été victime d'une tentative de coup d'Etat, précisant que le pays était la cible d'un "nouvel assaut impérialiste", en référence aux Etats-Unis. Il a de nouveau menacé de suspendre les fournitures de brut vénézuélien aux Etats-Unis, son principal client, si Washington cherche à nuire à son gouvernement.
 

Première publication : 13/09/2008

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