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La Havane accepte la reprise du dialogue avec l'UE

Dernière modification : 17/09/2008

Cuba s'est dite prête à rétablir le dialogue politique avec l'UE qui, il y a deux mois, a levé ses sanctions diplomatiques contre l'île. À condition toutefois que "les fondations et les bases soient établies suivant un accord commun".

Le gouvernement cubain a accepté d'ouvrir un dialogue politique avec l'Union européenne après la levée des sanctions contre l'île communiste en juin dernier, a indiqué mardi le représentant de l'UE à La Havane, Javier Nino.

"Le gouvernement cubain a accepté d'ouvrir ce dialogue, même si nous ne savons pas encore sur quoi porteront les discussions. La proposition de l'UE est d'établir un dialogue inconditionnel et (...) de respect mutuel sur une série de sujets comme les droits et l'environnement", a déclaré à l'AFP M. Nino.

Le ministère cubain des Affaires étrangères a fait part de son accord d'ouvrir un dialogue dans une note transmise à l'ambassade de France, pays qui assure actuellement la présidence tournante de l'UE, selon la même source.

Dans sa note, La Havane exprime par ailleurs son désaccord sur "le langage du texte européen de juin", selon M. Nino.

L'ambassade française a refusé de faire tout commentaire.

Cette décision des autorités cubaines, qui n'ont fait aucun commentaire, intervient alors que l'île a été frappée de plein fouet par le récent passage des ouragans Gustav et Ike qui ont causé pour 5 milliards de dollars de pertes. Le commissaire européen chargé de l'aide humanitaire, Louis Michel, doit se rendre à La Havane le 23 octobre pour discuter de l'assistance à accorder à Cuba. La Commission européenne a récemment débloqué une aide de deux millions d'euros pour les pays des Caraïbes touchés par les ouragans.

Une fois le dialogue avec Cuba entamé, l'Union européenne souhaite une révision "annuelle" de l'état de ses relations avec l'île, selon M. Nino qui rappelle que l'UE exige notamment de Cuba une "amélioration de la situation des droits de l'Homme" et la libération des "prisonniers politiques".

L'UE demande aussi au gouvernement cubain de faciliter l'accès des organisations humanitaires aux prisons cubaines et de garantir la liberté d'information et d'expression.

En 2003, une vague d'arrestations de dissidents cubains avait poussé l'UE à adopter ces sanctions qui consistaient à limiter les visites gouvernementales bilatérales de haut niveau et à inviter systématiquement des dissidents dans les ambassades des pays de l'UE lors de la célébration des fêtes nationales.

En faisant ce geste surtout symbolique, réclamé tout particulièrement par l'Espagne, les Européens espéraient ainsi pousser Raul Castro qui a remplacé son frère Fidel, en "retraite médicale", à la tête du pays il y a deux ans, à faire des progrès vers la démocratie.

Hostile à toute mesure d'assouplissement du gouvernement cubain, Fidel Castro avait fait part de son "mépris" pour la levée des sanctions de l'UE, qui avaient été suspendues en 2005, y voyant une "énorme hypocrisie".

Première publication : 16/09/2008

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