Dernière modification : 17/09/2008 

- Immigration


Treize couples franco-étrangers saisissent la Halde
Treize couples franco-étrangers saisissent la Halde
Ils s'estiment victimes de discrimination et ont déposé un recours devant la Halde. Des couples franco-étrangers prétendent qu'ils bénéficieraient d'une meilleure protection juridique s'ils étaient allemands ou espagnols vivant en France...

L’affaire est à présent entre les mains de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde). Treize couples franco-étrangers, qui s’estiment victimes de discrimination, ont déposé leur dossier, ce mercredi, auprès de l’institution.

 

"Ce sont treize dossiers symboliques. On aurait pu en déposer 200 ou 300 ! Il y a tous les jours des problèmes concernant l’expulsion d’un sans-papiers marié avec un Français, mais nous ne voudrions pas saturer la Halde", explique Nicolas Ferran, coordinateur du collectif Amoureux au ban public à l’origine de la saisine de la Halde. L’initiative est soutenue par des chercheurs et des juristes de renom : Patrick Weil, Hervé Le Bras, Gérard Slama ou encore Gérard Noiriel.

 

Cette association, qui dénonce les difficultés que rencontrent de nombreux couples mixtes pour se marier, obtenir des papiers et éviter une reconduite à la frontière, déploie un argumentaire de taille. Ils ont constaté qu’un couple franco-étranger bénéficie d’une protection juridique moindre qu’un couple unissant un ressortissant de la communauté européenne avec un sans-papiers.

 

Une distorsion juridique qui s’explique simplement par le droit européen à la libre-circulation, prôné par Bruxelles et appliqué à la lettre par la justice européenne. Un Allemand a ainsi plus de chances d’obtenir un titre de séjour pour son épouse marocaine lors de son installation en France, qu’un couple franco-étranger vivant en France.

 

"Je vis avec une Camerounaise depuis douze ans, et nous nous sommes mariés il y a trois ans, témoigne un Français de 60 ans qui souhaite rester anonyme. Or la préfecture refuse d’accorder à ma femme autre chose qu’un titre de séjour d’un an. Si j’étais espagnol ou belge, ma femme aurait automatiquement droit à un titre de séjour de cinq ans, dès notre mariage !"

 

"Je serais espagnole ou italienne, nous serions à l’abri"

 

 

Situation similaire pour un couple franco-sénégalais qui a déposé son dossier auprès de la Halde. Abdourahmane Diop arrive en France en 1997 pour étudier. Son diplôme en poche, il peine à trouver du travail et se voit refuser un titre de séjour à la préfecture. Il est donc "expulsable".

 

Malgré son mariage avec une Française au début de l’année 2008 et une promesse d’embauche dans une entreprise, il est arrêté et amené en centre de rétention administrative. Sa femme, Constance Fassa, le sauve in extremis d’une expulsion grâce à la procédure de référé-liberté. "J’ai fait un master de droit humanitaire, raconte-t-elle. Et j’ai eu Gérard Slama comme professeur. Je l’ai tout de suite appelé, et il a eu l’idée de ce référé-liberté. On s’en est sorti de justesse !" Abdourahmane n’a pas été expulsé mais reste assigné à résidence. "Je serais espagnole ou italienne, nous serions à l’abri de ce genre de coup de sang", regrette Constance Fassa.

Alors que Bruxelles n’a cessé de renforcer le droit de circulation des Européens au sein de la communauté, les lois françaises sur l’immigration se sont considérablement durcies depuis cinq ans. Jusqu’en 2006, les conjoints de Français disposaient du droit automatique à la délivrance d’une carte de "résident" valable dix ans. Désormais, les couples mixtes peuvent espérer obtenir un titre de séjour de cinq ans après trois ans de mariage. Mais la délivrance du titre de séjour n’est pas automatique.

A mille lieux de cette politique, la Cour de justice des communautés européennes a statué, par une décision du 25 juillet dernier, que le droit de vivre en famille est garanti, quels que soient le lieu et la date de leur mariage, et quelle que soit la manière dont la personne, ressortissant d’un pays tiers, est entrée. Autrement dit, une personne qui est entré, même clandestinement, en France peut obtenir, par son mariage, une protection juridique conséquente avec un ressortissant européen.

Or ce droit ne s’applique pas aux Européens qui restent dans leur pays d’origine, mais seulement à ceux qui s’installent ailleurs en Europe. Solution pour un couple franco-étranger : partir à l’étranger dans un pays de l’Union européenne (UE) ! A moins que la Halde parvienne à trouver une solution à cette distorsion juridique étonnante…

 

Commentaires (4)

Partir dans un autre pays de l'E.E.E

Il y a des pays beaucoup plus sympathique et acceuillant que la France dans l'E.E.E, a commencer par la Belgique, la Suisse, le Royaume Uni, la Suede...ou il fait bon vivre.

Cela vaut la peine de demenager si cela permet de s epargner les humiliations de l'administration francaise et la menace d'une expulsion ou d'un refus de renouvellement.

La vie est trop courte pour se voir imposer des violences administratives...

erreur de prénom

bonjour,

Vous faites une erreur - sûrement par confusion avec l'éditorialiste et enseignant à Sciences Po Alain-Gérard Slama - mais le maître de conférences auteur de l'appel et qui a aidé le mari de cette étudiante se prénomme Serge et non Gérard.

voir ce blog
http://combatsdh.blog.lemonde.fr/

Cordialement,

Serge SLAMA

Pourquoi ce durcissement des lois ?

Merci d'attirer notre attention sur un sujet aussi sensible. Je ne savais pas que les conjoints étrangers de français ne bénéficiaient plus automatiquement du titre de séjour de 10 ans: pourquoi ce durcissement inutile et soudain? Il me semble être le reflet d'une politique d'immigration de plus en plus inhumaine de la part de l'actuel gouvernement, et ce à l'heure même où le président Sarkozy évoquait "l'importance du respect de la dignité humaine" lors de la visite du Pape. C'est respectueux de la dignité de ces couples mixtes que des les empêcher de vivre leur union sereinement, de rendre quasi clandestin un mariage légitime ? Cela me met en colère de constater qu'en matière de justice, il y a souvent deux poids et deux mesures.

discrimintation

je pense que tu devrai ouvrir tes yeux roger et ton esprit mais faut que tu sache que l'amour n'a pa de frontiere et que un Etre Humain avec ou sans papier a le droit de vivre avec la personne qui désire et là ou il veut mais il n'y a que des ignorant ou des gouvernement réactionnaire et peureux qui réagisse de la sorte surtout que tôt ou tard ils seront obligé d'ouvrir les frontières pour payer nos retraite et pour travailler dans des emplois que les Français ont pas envie de faire .

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