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France 24 a consulté le "compte-rendu" de l'Otan

Dernière modification : 22/09/2008

FRANCE 24 a consulté le document de l'Otan sur l'embuscade au cours de laquelle dix soldats français ont été tués et qui constate leur manque de préparation. En France, les parlementaires votent sur le maintien des forces dans le pays.

Lire aussi : "Vote au Parlement sur la présence française en Afghanistan"


L’envoyé spécial de FRANCE 24 en Afghanistan, Lucas Menget,
a pu consulter le document de l'Otan, classé "secret", sur l'embuscade du 18 août qui a coûté la vie à dix soldats français à Saroubi. Ce document, dont l'existence a été révélée samedi par le journal canadien The Globe and Mail, constate que les soldats français étaient sous-équipés lors de l'attaque.

 

Lundi matin, Hervé Morin, le ministre français de la Défense, a admis sur la radio RTL l'existence d'un "compte-rendu d'un officier" de l'Otan sur l'embuscade, mais il a contesté le fait qu'il s'agisse d'un "rapport". D'après le ministre, il s'agit d'un "compte-rendu parcellaire effectué à chaud le lendemain ou dans les 48 heures après l'opération", à partir des éléments dont disposait un officier du JOC (Joint Operation Center), le centre opérationnel.

 

Dimanche, les autorités françaises et l’Otan avaient déjà démenti l’existence d'un tel rapport. Un responsable de l'Alliance, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a toutefois déclaré à l'AFP qu'un courrier électronique, rédigé par un officier de l'Isaf (International Security Assistance Force) à l'adresse du quartier général de la force de l'Otan à Kaboul et dans lequel il exprimait son avis sur l'embuscade contre l'unité française, avait fait l'objet d'une fuite.

 
Un document "ordinaire"
 

Cette polémique intervient au moment où le Parlement français doit se prononcer, ce lundi, sur les suites à donner à l'engagement français en Afghanistan.

 

"Ce rapport existe bien, témoigne Graeme Smith, journaliste au quotidien canadien The Globe and Mail, interrogé par FRANCE 24. Ce qui est intéressant, c’est la sémantique utilisée par le démenti de l’Europe [la direction de l’Otan en Europe, ndlr ]. Ils disent qu’un rapport spécial n’existe pas. C’est exact : c’est un rapport tout à fait ordinaire."

 

"Le rapport est une procédure normale de l'Otan, à chaque fois qu'il y a une attaque d'envergure contre la coalition, explique Lucas Menget, qui a consulté le document. Mais par définition, ils ne sont jamais rendus publics. Ce rapport, de quatre pages, cartes à l'appui, donne une version un peu différente de la version officielle française."

 
Notre envoyé spécial détaille les principales informations du rapport :
 

1/ L'enquête de l'Otan affirme que la section du 8ème RPIMA n'avait qu'une seule radio pour contacter le commandement, et qu'elle n'a pas fonctionné pendant plusieurs heures après la mort du "radio", c'est-à-dire l'homme qui la porte, et qui a été tué le premier dans l'assaut. L'armée française affirme que la radio n'a cessé d'émettre que pendant 10 à 15 minutes. C'est par cette radio que sont demandés les appuis aériens à la coalition.

 

2/ Le rapport de l'Otan explique que les soldats français n'étaient pas assez préparés, et surtout pas assez armés. Ils n'avaient pas assez de chargeurs et n'ont eu que 90 minutes de munitions, face à des Taliban très bien préparés et organisés.

 

3/ Le rapport de l’Otan dit que "les forces de l'armée afghane se sont enfuies à pied". Alors que les sources militaires françaises en Afghanistan, citées par Lucas Menget, maintiennent qu'ils ont tenté d'aider les Français, mais n'ont pas réussi. Ce point est particulièrement sensible en ce moment, puisque l'enjeu de la mission de l'Otan est de former des soldats afghans. D'après le rapport, c'est un échec total de ce point de vue.

 

"Il faut souligner que le rapport n'accuse en rien la France, explique Lucas Menget. Il pointe les défaillances, et ce rapport doit en théorie servir pour empêcher que des embuscades du même type se produisent. Il souligne quand même que les Taliban sont particulièrement bien entraînés et équipés."

Première publication : 21/09/2008

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