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Le Parlement vote pour le maintien des soldats en Afghanistan

Dernière modification : 23/09/2008

L'Assemblée nationale et le Sénat ont approuvé le maintien des forces françaises en Afghanistan. Un peu plus tôt, le Premier ministre François Fillon avait annoncé l'envoi de renforts et de moyens supplémentaires.

Lire aussi : FRANCE 24 confirme l'existence d'un rapport sur les soldats français

 

Les députés et français ont voté la prolongation de la présence militaire française en Afghanistan, un peu plus d’un mois après la mort de dix soldats, pris en embuscade à Saroubi par les Taliban, le 18 août. L'UMP, le parti du président Nicolas Sarkozy, et le Nouveau Centre ont voté pour. L'opposition, composée du Parti socialiste, du Parti communiste, et des Verts, a voté contre. Les sénateurs ont également donné leur feu vert un peu plus tard dans la journée.

 

Depuis la révision constitutionnelle adoptée le 21 juillet, les parlementaires peuvent se prononcer sur une intervention militaire à l’étranger dépassant quatre mois.

 

Lors d'une allocution précédant le vote, le Premier ministre français François Fillon a annoncé le renforcement des moyens militaires à la disposition des soldats déployés en Afghanistan. "Nous avons décidé de renforcer nos moyens militaires dans les domaines de l'aéromobilité, du renseignement et de l'appui", a dit le Premier ministre. "Ces moyens seront sur place dans quelques semaines", a-t-il assuré.
 

Une centaine d'hommes devraient être déployés pour renforcer les 2 600 militaires déjà sur place. Des hélicoptères Caracal et Gazelle, des drones, des moyens d'écoute, des mortiers supplémentaires seront également envoyés.
 

"Sanctuaire du terrorisme international"

 

Au lendemain de la mort des dix militaires français, Nicolas Sarkozy avait rappelé l’importance de la mission en Afghanistan et avait prévenu : "Une démission de notre part signifierait le retour de la barbarie en Afghanistan, ce pays deviendrait un sanctuaire du terrorisme international."

 

A la tribune de l'Assemblée nationale, le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, a expliqué que son parti votait contre le maintien des troupes en Afghanistan en arguant que les socialistes ne s’opposaient pas par principe à l’envoi de troupes, mais qu’ils rejetaient la stratégie militaire : "Nous votons contre une conception politique et militaire qui nous conduit dans une impasse." Le Parti socialiste demande par ailleurs un calendrier précis du retrait des troupes.

 

L’attaque meurtrière du 18 août, qui a provoqué une vive émotion dans l’opinion publique, a également mis en exergue plusieurs questions quant aux capacités, tant techniques qu’humaines, des soldats français à résister dans un pays où la violence ne cesse de s’accroître.

 

Un rapport de l’Otan différent de la version officielle 

 

"Les forces engagées dans les combats du 18 août ont toujours été en mesure de riposter aux tirs de leurs adversaires", selon le Premier ministre français. Des déclarations qui vont à l’encontre des informations révélées samedi par le journal canadien "The Globe and Mail", qui prétend avoir eu accès à un compte-rendu de l’Otan, marqué "secret", donnant une version un peu différente de celle donnée par les autorités françaises.

 

 

Le gouvernement français, tout comme l'Otan, a d’abord démenti l'existence de ce rapport. Le ministre de la Défense Hervé Morin a finalement admis, lundi matin, l'existence d'un "compte-rendu d'un officier" de l'Otan sur l'embuscade mais a contesté le fait qu'il s'agisse d'un "rapport". Il s'agit selon lui, d'un "compte-rendu parcellaire effectué à chaud le lendemain ou dans les 48 heures après l'opération, à partir des éléments dont disposait cet officier".

 

Notre envoyé spécial à Kaboul, Lucas Menget, qui a consulté "le document de quatre pages", le décrit comme un "mémo" plutôt que comme un document "définitif et estampillé ‘secret défense’". Il confirme cependant qu’il contient des informations contradictoires avec les déclarations des autorités françaises.

 

En effet, le document souligne que la section du 8ème RPIMA tombée dans une embuscade meurtrière manquait cruellement de munitions. Elle ne disposait, en outre, que d’une d’une seule radio pour contacter le commandement et qu'elle n'a pas fonctionné pendant plusieurs heures après la mort du "radio", tué en premier lors l'assaut.

 

L’armée française avait pourtant affirmé que la radio n'avait cessé d'émettre pendant 10 à 15 minutes seulement et Christophe Prazuck, porte-parole de l'état-major des armées françaises, a déclaré, hier aux caméras de France 2, "ne jamais avoir eu de témoignages de militaires disant qu’ils n’avaient plus de munitions" pendant ces combats qui "ont duré neuf heures".

Première publication : 22/09/2008

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