Kgalema Motlanthe a été désigné lundi président de l’Afrique du Sud en remplacement de Thabo Mbeki jusqu'à ce que le pays organise des élections générales au deuxième trimestre 2009. Le vice-président du Congrès national africain (ANC) sera élu mardi par le Parlement avant d’être officiellement investi dans ses fonctions le 25 septembre. Sa nomination intervient alors que Thabo Mbeki a présenté sa démission dimanche, sous la pression de l’ANC.
Ex-secrétaire général du syndicat des Mines, l’ancien prisonnier politique de 59 ans avait accédé à la vice-présidence du parti en décembre 2007. Fidèle de Jacob Zuma, Kgalema Motlanthe est surtout connu pour avoir des contacts à travers toutes les factions du parti. Il y a quelques semaines, il intégrait le gouvernement pour jouer les médiateurs auprès de Thabo Mbeki, en tant que "ministre à la présidence". Il avait aussi milité pendant de longs mois auprès des investisseurs occidentaux pour changer l'image désastreuse de Jacob Zuma.
Assurer une transition en douceur
Le choix du parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid est donc clair : assurer une transition en douceur. Kgalema Motlanthe aura les pleins pouvoirs. Il pourra donc constituer un vrai gouvernement de transition. Pour sa première allocution devant la presse depuis le départ de Thabo Mbeki, le nouveau numéro un du pays a tout fait pour paraître rassurant. "Nous prévoyons une transition en douceur, puisqu'il ne s'agit pas d'un changement de parti [dirigeant le pays, ndlr], mais d'un changement à la tête du gouvernement. "
Devant la crainte que de nombreux ministres suivent l’exemple de Thabo Mbeki, Jacob Zuma a tenu à rassurer lui-même les Sud-Africains : "Aucun ministre ne nous a pour l'instant informés de sa démission", affirmait-il dimanche. La presse faisait pourtant état lundi du départ du plus proche conseiller du président Mbeki, Essop Pahad. La vice-présidente Phumzile Mlambo-Ngquka aurait, elle aussi, annoncé son intention de quitter le gouvernement.
Profondément divisé, l'ANC a besoin de remobiliser ses troupes déboussolées par la bataille de titans qui s'est produite à la tête du parti, entre les partisans de Zuma et de Mbeki. Ses dirigeants espèrent donc des élections générales tardives, qui leur donneraient le temps de panser les plaies ouvertes par la course au leadership et l’élection de Zuma à la tête du parti en décembre 2007.
Pour certains analystes, la démission forcée de Thabo Mbeki laissera d’importantes séquelles au sein de l’ex-mouvement de libération. Les fidèles du chef de l’Etat considèrent que la nouvelle garde aurait pu attendre la fin de son mandat au lieu de l’humilier. Plusieurs sources font même état de la possible création d’un parti politique concurrent de l’ANC.
Reste à savoir si l’ANC est suffisamment mûr pour supporter la concurrence. Dans un pays où le chef de l’Etat n’est pas élu au suffrage direct, mais issu du parti majoritaire au Parlement, bien des questions se posent aujourd’hui sur la nature démocratique du système politique sud-africain.















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