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Craintes d'instabilité politique en Afrique du Sud

Dernière modification : 24/09/2008

La démission d'un tiers des membres du gouvernement sud-africain, à la suite du départ forcé du président Thabo Mbeki, a suscité l'inquiétude et fait plonger les marchés du pays. Jacob Zuma, le chef du parti au pouvoir, se veut rassurant.

Le chef du parti au pouvoir en Afrique du Sud, Jacob Zuma, a exhorté mardi soir ses concitoyens à "ne pas céder à la panique" devant la démission d'un tiers du gouvernement dans le sillage du départ forcé du président Thabo Mbeki.

"Ces démissions ne constituent pas une crise et il n'y a aucune raison de céder à la panique", a déclaré le chef du Congrès national africain (ANC) lors d'un discours à Secunda, dans la province du Mpumalanga (nord-est).

"La situation va être gérée avec précaution afin d'eviter toute interruption des services" de l'Etat, a-t-il poursuivi, appelant "les fonctionnaires relevant des ministères affectés par les démissions à poursuivre leur travail sans se laisser déstabiliser."

"Les événements politiques en cours seront résolus bientôt et ne doivent pas perturber les services publics", a assuré le rival du président démissionnaire.

Quatorze membres du gouvernement, dont la vice-présidente, dix ministres et trois vice-ministres, ont remis leur démission au chef de l'Etat, a annoncé mardi la présidence.

L'ampleur des départs, dont celui du ministre des Finances Trevor Manuel, artisan du redressement économique de l'Afrique du Sud, a suscité l'affolement et fait plonger les marchés dans le pays.

L'ANC, qui entend mener une transition en douceur après avoir précipité la crise en retirant sa confiance samedi à M. Mbeki, s'est voulue rassurante, affirmant que M. Manuel et certains de ses collègues se tenaient à la disposition du gouvernement de transition.

"Le processus d'élection du nouveau président sera achevé jeudi", a rappelé M. Zuma. Le chef de l'Etat qui mènera le gouvernement jusqu'aux élections générales du 2e trimestre 2009 sera alors élu par l'Assemblée nationale, où l'ANC dispose des deux-tiers des sièges.

Lundi, le groupe parlementaire de l'ANC a choisi pour ce poste le modéré Kgalema Motlanthe, entré depuis quelques semaines au gouvernement Mbeki pour faciliter la communication avec un parti en majorité hostile.

Le chef de l'Etat avait été évincé de la présidence de l'ANC en décembre dernier, lors d'un congrès aux allures de révolution interne menée par l'aile gauche du parti.

"S'il (Kgalema Motlanthe) se voit confier cette tâche, il servira au mieux les intérêts du pays à la tête de l'Etat jusqu'aux élections l'année prochaine", a assuré le chef de l'ANC.

Comptant notamment sur les "membres qualifiés" de l'équipe sortante, "le nouveau président va pouvoir former bientôt un gouvernement parfaitement à même de servir la nation et de poursuivre le combat pour assurer une vie meilleure à tous les Sud-Africains", a lancé M. Zuma.

Evincé sous l'accusation d'interférence auprès de la Justice pour barrer la route de la présidence au chef de l'ANC, M. Mbeki quitte ses fonctions sous les critiques. Il lui est notamment reproché de ne pas avoir fait en sorte que les fruits de la croissance soient mieux répartis, dans un pays où 43% de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté.

 

Première publication : 24/09/2008

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