Pyongyang a finalement mis sa menace à exécution. Outrée de ne pas avoir encore été retirée par Washington de la liste des Etats soutenant le terrorisme, la Corée du Nord a fermé ses portes aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en guise de rétorsion.
Mohamed El-Baradei, le directeur-général de l’AIEA, a confirmé, mercredi matin, que les scellés et caméras de surveillance avaient été retirés de l’usine de retraitement de combustible nucléaire de Yongbyon. Le régime nord-coréen a également manifesté son intention de "réintroduire du combustible [usagé] dans l’usine de retraitement d’ici une semaine", selon El-Baradei. Le plutonium usagé peut servir, une fois "retraité", de combustible pour une arme nucléaire. La Corée du Nord a mené son premier test nucléaire souterrain en octobre 2006.
La levée des scellés à Yongbyon constitue un sérieux camouflet pour la communauté internationale, qui avait supervisé, en février 2007 à Pékin, la signature d’un accord visant à la "dénucléarisation de la péninsule coréenne". Confronté à une crise alimentaire et énergétique sans précédent, le régime de Pyongyang avait alors accepté, sur le papier, le démantèlement progressif de son programme nucléaire, en échange d’une aide internationale massive. Mais il n’a cessé depuis d’élever ses exigences, demandant la restitution de ses avoirs financiers bloqués à Macao (Chine) et rechignant à coopérer pleinement avec l’AIEA, au point de réveiller les doutes de Washington sur la sincérité de ses intentions.
















Commentaires
Réagir à cet article