Dernière modification : 25/09/2008 

- Corée du Nord - Énergie nucléaire - États-Unis


Les raisons du revers infligé à la communauté internationale
Les raisons du revers infligé à la communauté internationale
L'AIEA a subi un nouveau revers dans le processus de dénucléarisation de la Corée du Nord. Le nœud du problème : les modalités d'inspection des sites, et la décision de Washington de laisser Pyongyang sur la liste des États terroristes.

La Corée du Nord a décidé de suspendre sa coopération avec l’AIEA, l'Agence internationale de l’énergie atomique, en expulsant les inspecteurs de l’ONU du site nucléaire de Yongbyon. Le démantèlement de ce complexe de retraitement, un site clé dans le programme nucléaire nord-coréen, était pourtant bien entamé : le régime de Kim Jong-il avait désactivé le réacteur de Yongbyon puis démoli sa tour de refroidissement en juin 2008.
 

Malgré ces avancées majeures, les discussions se sont corsées en août 2008. Au cœur du blocage : les modalités d’inspection. Les Etats-Unis exigent une vérification complète, impliquant notamment des visites surprises sur des sites et l’accès à des échantillonnages de matériaux et d’équipement.

 
Mais la Corée du Nord souhaite être, avant d'envisager une poursuite du processus de démantèlemement, retirée de la liste noire américaine des pays soutenant le terrorisme lui permettant d’accéder aux prêts d’organismes internationaux et à l’aide américaine. Ce que les Etats-Unis lui refusent, estimant que Pyongyang doit d'abord se soumettre à des inspections poussées.

 
Chronologie du dossier nucléaire nord-coréen 
 

Les difficultés liées au dossier nucléaire du pays ne datent pas d’hier.

 

Fin 2002, après avoir été accusé par Washington de suivre un programme secret d’enrichissement de l’uranium, Pyongyang expulse les inspecteurs de l’AEIA et décide au début de l’année suivante de se retirer du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Le Conseil de sécurité de l’ONU ne tarde pas à réagir et vote des sanctions économiques et commerciales contre la Corée du Nord.

 

Mais les négociations entre la Corée du Nord, la Corée du Sud, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie reprennent dès décembre 2003. Les discussions piétinent et, trois ans plus tard, la Corée du Nord fait son prmeir test grandeur réelle en faisant exploser sa première bombe atomique. Les experts sont unanimes : le pays dispose d’assez de plutonium pour fabriquer jusqu’à douze bombes atomiques.A partir de là, les négociations se sont accélérées.

 

En février 2007, au terme de nouvelles négociations, la Corée du Nord avait accepté d’entamer un démantèlement de son programme nucléaire militaire en échange, notamment, d’un million de tonnes de pétrole. Cinq ans après en avoir été expulsés, des inspecteurs de l’AIEA reviennent à Pyongyang.

 

La trêve est de courte durée : le 11 août 2008, Washington déclenche la crise en refusant de rayer le régime de Kim Jong-il de sa liste noire. Un mois et demi plus tard, les inspecteurs onusiens sont sommés de quitter le pays.

Commentaires (1)

Triste cow boy

La stratégie de négociation en position de force de l'administration Bush n'est pas une stratégie de négociation puisqu'elle ne respecte pas le pre requis de toute négociation : faire preuve d'empathie et être capable de se mettre à la place de l'autre pour comprendre sa position afin de construire un compromis. De plus, elle empêche une évaluation précise du rapport de force entre les parties prenantes. Cette administration, à 2 mois de sa disparition, conduit les affaires internationales comme si elle était la première superpuissance mondiale et dans son bon droit.
Sur le dossier de la Corée du Nord, la superpuissance concernée au premier chef c'est la Chine et le problème n'est pas le programme nucléaire du Pyongyong mais l'incapcité structurelle du TNP à empêcher la prolifération du nucléaire comme source d'énergie et de dissuasion.
Les féministes y verront sans doute une justification de la dangerosité de l'attitude de "macho" propre aux néoconservateurs, personnellement j'y vois les résultats de l'impasse dans laquelle s'est engoufrée cette administration au lendemain du 11 septembre. C'est d'une rupture avec ce comportement que les affaires internationales ont besoin.

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