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Violents affrontements à Mogadiscio

Dernière modification : 24/09/2008

En Somalie, à Mogadiscio, de violents combats ont opposé, mardi soir, les insurgés islamistes aux troupes de la force de paix de l'Union africaine pour la Somalie (Amisom). Il y aurait au moins sept morts.

De violents combats à l'artillerie ont opposé mardi soir dans le sud de Mogadiscio les insurgés islamistes aux troupes de la force de paix de l'Union africaine pour la Somalie (Amisom), faisant au moins sept morts, selon un journaliste de l'AFP et des témoins.

Le correspondant de l'AFP à Mogadiscio a vu des chars de l'Union africaine ouvrir le feu dans le district de Taleh, situé dans le sud de la capitale somalienne, secoué par d'intenses tirs de mortiers.

Ces combats ont débuté à 21H40 (18H40 GMT) et sont progressivement devenus plus intenses. A minuit, les tirs d'artillerie avaient cessé, a constaté le journaliste de l'AFP.

"Des tirs de mortiers ont touché une maison et tué quatre civils. Plusieurs autres ont été blessés ici, à Taleh", a déclaré à l'AFP un habitant de ce quartier, Abdullahi Mohamed.

"Les obus de mortiers tirés par les troupes de l'Union africaine ont frappé la zone de Tokyo (un autre quartier du sud de la capitale) et ont fait trois morts", a pour sa part rapporté un autre habitant, Ahmed Abdiweli.

"Ce sont les combats les plus violents depuis que l'UA s'est déployée (en mars 2007)", a estimé un habitant du quartier K4, Farah Hassan, qui a également vu les chars de l'Amisom déployés dans les rues.

On ignorait mardi soir les circonstances exactes de ces combats et notamment si l'Amisom avait été l'objet d'une nouvelle attaque des insurgés islamistes.

L'Amisom, actuellement composée de 1.500 soldats ougandais et 1.500 soldats burundais, est déployée depuis mars 2007 à Mogadiscio mais est en sous-effectif et sous-financée. Son mandat vient d'être renouvelé pour six mois par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Plus tôt mardi, des centaines d'habitants de Mogadiscio avaient fui la ville, pour certains à pied, profitant d'une relative accalmie au lendemain de violents combats à l'artillerie lourde entre insurgés islamistes et forces de sécurité somaliennes qui avaient fait au moins 29 morts, tous civils.

"Je crois que rester à Mogadiscio est risqué car de nombreux civils sont morts hier (lundi) et les deux camps sont en train d'affûter leurs épées pour de nouvelles attaques", avait ainsi expliqué à l'AFP une mère de famille de deux enfants, Shamso Mohamed Ali.

Une première série d'obus de mortier, tirés par les insurgés, avait fait 10 morts dans la nuit de dimanche à lundi, selon des témoins.

Les insurgés visaient des bases de l'Amisom dans les quartiers de K-4 et de Jazeera, mais les obus avaient manqué leur cible, pour s'écraser sur des habitations.

Quelques heures plus tard, une deuxième série de tirs de mortier, tirés cette fois par les forces gouvernementales selon des habitants, s'était abattue sur le grand marché de Bakara et sur le quartier d'Howlwadag.

Les insurgés, connus sous le nom de "shebabs", ont promis mardi d'intensifier leurs attaques contre l'Amisom.

"Nous allons redoubler nos attaques contre les forces de l'Union africaine. La seule option qu'il leur reste est de quitter le pays", a déclaré à l'AFP leur porte-parole, Cheikh Muktar Robow.

Mogadiscio est le théâtre d'attaques meurtrières quasi quotidiennes depuis la débâcle fin 2006 - face à l'armée éthiopienne venue soutenir les forces du gouvernement de transition somalien - des militants islamistes qui tenaient la majeure partie du centre et du sud du pays, livré au chaos depuis le début d'une guerre civile en 1991.
 

Première publication : 24/09/2008

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