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Olmert pour un retrait quasi total des territoires occupés

Dernière modification : 29/09/2008

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert s'est prononcé dans la presse en faveur d'un retrait de l'État hébreu de la quasi-totalité des territoires occupés, y compris de Jérusalem-Est et des hauteurs du Golan, pour parvenir à la paix.

Le Premier ministre israélien démissionnaire Ehud Olmert se prononce en faveur d'un retrait d'Israël de la quasi-totalité des territoires occupés depuis 1967, en y englobant le plateau du Golan annexé en décembre 1981, cela en échange de la paix avec les Palestiniens et les Syriens.

Olmert, qui gère les affaires courantes à titre intérimaire depuis qu'il a remis sa démission le 21 septembre, a souligné qu'il allait plus loin que ses prédécesseurs en préconisant un retrait d'une aussi grande ampleur.

"(Je dis) ce qu'aucun dirigeant israélien n'avait dit auparavant: nous devrions nous retirer de presque tous les territoires, y compris de Jérusalem-Est et des hauteurs du Golan", déclare-t-il dans un entretien présenté lundi comme une "interview testament" par le quotidien Yedioth Ahronoth.

Ehud Olmert restera Premier ministre par intérim jusqu'à la formation d'un nouveau gouvernement sous la direction de l'actuelle ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni. Si celle-ci échoue, des élections législatives anticipées devront avoir lieu.

Selon certains responsables occidentaux et palestiniens, Israël a proposé aux négociations avec les Palestiniens le principe d'un retrait israélien de 93% de la Cisjordanie occupée ainsi que de la totalité de la bande de Gaza, que les Israéliens ont déjà quittée en 2005.

Olmert a déclaré à plusieurs reprises qu'Israël entendait conserver les grandes colonies de peuplement juif de Cisjordanie dans le cadre d'un futur accord de paix.

En échange d'enclaves de colonies, Olmert propose de donner aux Palestiniens un territoire désertique adjacent à la bande de Gaza, ainsi que des terres sur lesquelles ils pourraient construire un corridor de transit entre la bande de Gaza et la Cisjordanie.


RENONCER AU GOLAN

Les négociations, qu'Olmert a promis de poursuivre jusqu'à son véritable départ du pouvoir, n'ont guère enregistré de progrès et les deux parties conviennent que les chances de parvenir à un accord d'ici la fin de l'année, comme le souhaitait Washington, sont des plus réduites.

"Nous aurions aimé entendre ce point de vue personnel (avant) qu'il ne démissionne", a déclaré le ministre palestinien des Affaires étrangères, Ryad al Malki. "C'est un engagement très important, mais qui arrive trop tard. Nous souhaitons que cet engagement puisse être traduit dans les faits par le gouvernement israélien (à venir)", a-t-il enchaîné.

Le négociateur en chef palestinien Ahmed Koreï avait déclaré à Reuters avant même la parution de l'interview d'Olmert que l'annexion de certaines enclaves de Cisjordanie empêcherait les Palestiniens de créer un Etat viable.

"Nous ne pouvons pas avoir un Etat truffé de colonies qui scindent notre territoire", considère Koreï.

Un haut négociateur palestinien a fait remarquer que les terres qu'Olmert propose en échange d'enclaves cisjordaniennes "sont des terres dont nous ne voulons pas".

Olmert a engagé ces derniers mois des négociations indirectes avec la Syrie, sous médiation turque.

"J'aimerais voir s'il y a une seule personne sérieuse dans l'Etat d'Israël qui croit possible de faire la paix avec la Syrie sans renoncer finalement aux hauteurs du Golan", dit à cet égard Olmert dans l'interview, qui paraît à la veille du Nouvel An juif.

Jusqu'à présent, Olmert a remis à plus tard des négociations sur le partage de Jérusalem, et il exclut tout "droit au retour" des réfugiés palestiniens, ce qui est pourtant au coeur des demandes des négociateurs palestiniens. Sur ces deux questions cruciales, une vive opposition demeure en Israël à des concessions de taille.
 

Première publication : 29/09/2008

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