C'est une des découvertes de la semaine : notre sort ne dépend plus tant de ce qui se décide à Paris ou à Bruxelles que de ce qui se passe à Washington. On l'a bien compris, le seul espoir de règlement de la crise financière passe par les décisions du gouvernement américain avec l'approbation (ou non) du Congrès des Etats-Unis.
Reprenons au début. L'effondrement de quelques grandes banques américaines a conduit les autorités américaines à intervenir massivement. On a beau être au pays du laissez-faire et du libéralisme, on est à la fois au pays du pragmatisme et devant le risque de voir la crise financière provoquer une dépression les autorités fédérales ne pouvaient qu'intervenir.
D'où l'élaboration d'un plan de sauvetage d'une ampleur sans précédent (le fameux plan Paulson) pour tenter de sauver le système bancaire et rassurer les marchés dans le monde entier.
Le gouvernement américain propose mais c'est le Parlement (le Congrès) qui dispose. Dès qu'ils ont vu le projet, les responsables du Congrès ont tout de suite compris que ce plan de sauvetage serait à la fois indispensable et impopulaire. Indispensable pour tenter de sauver les meubles et impopulaire car il fait peser sur tous le poids des erreurs de quelques-uns.
C'est dans les périodes de crise que l'on a besoin d'avoir des dirigeants qui ont du caractère et de l'autorité. Or l'Amérique n'en a plus. Le président Bush est à bout de souffle, impopulaire et discrédité, il a beau multiplier les déclarations solennelles plus personne ne l'écoute. Au Congrès, les dirigeants des deux partis ont beau décréter l'union sacrée, c'est la débandade chez les parlementaires.
Car une partie des sénateurs et des représentants doivent affronter les électeurs le 4 novembre, et ils ont peur de payer pour ce plan impopulaire. C'est pour cela que le plan a été rejeté lundi à la Chambre des représentants par une alliance improbables de députés les plus à droite (refusant cette intervention massive de l'Etat dans l'économie) et de députés les plus à gauche (refusant de payer pour les erreurs de Wall Street). Le positionnement idéologique et la crainte de l'électeur ont ainsi paralysé (provisoirement ?) le plan de sauvetage.
Restent les candidats à la présidentielle. Ils sont eux aussi tétanisés par des considérations électoralistes. Ils soutiennent le plan en théorie, mais préfèreraient le faire assumer par l'équipe précédente. Lorsque John McCain et Barack Obama se sont affrontés pour leur premier débat, ils ont esquivé ensemble toutes les questions précises sur la crise financière. Soyons élu d'abord.
C'est un grand malheur que cette crise financière éclate en période électorale. Habituellement, on repousse la résolution des problèmes au-delà de l'élection. Mais ceux-là ne peuvent pas attendre et favorisaient en début de semaine cette impression de bateau ivre, d'une Amérique sans capitaine et sans cap qui risque d'entraîner le reste du monde dans sa dérive.














Commentaires (1)
the american dream
L'économie américaine est à la dérive entrainant avec elle l'économie mondiale et les bases d'un capitalisme dont l'élaboration et la persécution du fantôme communiste n'ont jamais fait l'unanimité.Nous sommes face à une menace qui vient comme un rappel de ce qu'est notre réalité et notre condition:nous sommes tous victimes de ce régime capitaliste qui se veut prometteur alors qu'il est susceptible de s'effondrer à tout moment et qui paye les frais?bien évidemment le peuple.Car pendant que Bush prépare sa retraite luxueuse dans un somptueux ranch au Texas et ce après avoir foutu le bordel partout dans le monde,c'est les gens qui vont endosser la responsabilité des écarts des dirigeants et les erreurs de certains.Le refus du plan Paulson prouve que l'intérêt des contribuables doit passer avant les intérêts financiers quelques soient l'ampleur des dégâts. Au delà de la crise financière j'estime qu'il ya une crise de fond à savoir l'urgence que les pays qui sont victimes de ce fléau ,se rendent compte qu'il est véritablement impératif de se dissocier de toutes les décisions prises par le gouvernement américain et l'administration de Bush(espérons que MC Cain ne prenne pas la relève) et que les sommes faramineuses dépensées dans ces guerres inutiles et perdues d'avance soient un remède pour le mal subi par la population depuis que Bush a pris les commandes de ce "bateau ivre".